Parachath Beréchith

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AUTOUR DE LA TABLE DU SHABBAT N°198 Berechit, rav David Gold

Mazel Tov à la famille Lelti (Villeurbanne) pour le mariage de leur fille.

Qui a appuyé sur le bouton rouge?!

Cette semaine on aura la grande chance de recommencer la lecture hebdomadaire de la Tora. On commencera par le commencement: « Beréchith »!

Notre paracha enseigne en effet un des grands fondamentaux de l’histoire: la création du
monde. Beaucoup s’y méprennent encore et considèrent à tort que le monde a été créé par un Big Bang: un genre d’explosion phénoménale qui aurait été à l’origine du monde ou encore de la rencontre d’une étoile filante avec un corps étranger dans le cosmos… On se permettra uniquement de demander à ces messieurs: d’où vient cette étoile étoile
filante (peut-être de la poche de la voisine?!) ou encore qui a appuyé sur le bouton pour provoquer la première explosion (peut-être un apprenti terroriste situé à Gaza city ou à Téhéran)? Or nous le savons, et on n’a pas besoin de sortir de « Saint-Cyr » pour cela: la création du monde a été due uniquement à la volonté libre de D’ ! C’est Lui Qui a mis
sur pied un monde d’une sophistication inouïe et d’une parfaite harmonie (par exemple l’écosystème: la régulation des espèces végétales et animales sur la planète!). Et pour la
petite histoire le Roch Yechiva rav Chah Zatsal s’est rendu au chevet d’un malade dans la section cardiologie d’un des hôpitaux du pays où les yeux de Hachem sont rivés depuis le
début de l’année jusqu’à sa fin. Connaissant la grandeur du rav, le grand ponte de la section demanda à le rencontrer. Les deux hommes échangèrent quelques propos. Le rav demanda au détour de la conversation au professeur émérite et mondialement connu s’il était en possession d’une voiture. Ce dernier répondit par l’affirmatif. Le rav lui demanda si elle était récente. Le professeur se racla la gorge en disant : « Certainement. D’ailleurs toutes les années j’achète le nouveau modèle ! » Le rav lui demanda la raison, le docteur dit
que chaque année il sort un modèle toujours plus au niveau de la sophistication de l’engin et donc il voulait se procurer le nec plus ultra ! Le rav qui n’avait pas de voiture demanda: « Et d’après vous, est-ce que vous auriez aimé changer un quelconque fonctionnement du cœur ou des artères ? » Le chef de clinique répondit : »Oh que non! La complexité du cœur et la solidité de tout le processus est incommensurable. Il n’y a rien à changer ! » Rav Chakh de conclure : « Vous voyez, rien n’équivaut la création de D’ ! Les hommes sont dans un besoin sempiternel de recherche tandis que les actes du Créateur sont parfaits depuis le premier jour !  » Fin de l’aparté.
Comme on le sait aussi, il n’existe pas d’acte sur terre s’il n’y a pas une volonté antécédente à son action. Par exemple -parmi des myriades d’autres- le fait que vous lisiez
le contenu de mon feuillet est actionné par le fait que vous voulez connaitre le message de la Tora ou que vous avez envie de connaitre ce que disent les « religieux » installés en
Erets, ou simplement que vous avez du temps à passer et pourquoi pas lire cette page… Pareillement Hachem a créé ce monde avec tout ce qui le renferme car Il avait une
volonté antécédente. Or les Sages de mémoire bénie expliquent que Hachem voulait donner de Son bien aux créatures (car D’ est la racine de tout le Bien et la
Miséricorde sur terre). Or, la manière la plus efficiente de donner de sa bonté est de se rapprocher de Lui au travers de Ses commandements (Sa volonté). Pour preuve, la création
du premier homme: Adam. Il était seul au Gan Eden et n’avait qu’une seule Mitsva à accomplir: de ne pas manger de l’arbre de la connaissance. Or dès le début il trébuchera et
mangera du fruit défendu. Hachem le punira par la mort ! De plus, lui et sa femme seront rejetés du Gan Eden et devront travailler la terre durement afin de ramener la subsistance.
De là démarrera l’histoire de l’humanité car les livres saints l’enseignent: l’histoire universelle vient réparer la faute première ! Au-delà de ce récit authentique, on apprend aussi que la création de ce monde est intimement liée avec l’application des Mitsvoth du Créateur. Au départ il n’y avait qu’une seule Mitsva mais depuis le don de la Tora il s’agira
dorénavant de 613 Mitsvoth. Car pour retirer toute l’impureté originelle – la souillure du serpent – il faudra beaucoup d’effort spirituel: ce sont les commandements. On aura DONC compris l’importance des Mitsvoth et la raison pour laquelle le public religieux leur est attaché. Car c’est grâce à leur accomplissement qu’on se rapprochera de Hachem en devenant un peuple saint et qu’on aura droit à la rédemption finale aux jours messianiques et à la résurrection des morts. Fin de l’introduction qui nous
renforcera dans la pratique.

LIRE  17 Tamouz : début de la période « entre les limites »

Cependant on posera une question qui nous replongera dans l’atmosphère des jours redoutables dont on vient à peine de sortir. Après qu’Adam ait mangé le fruit défendu de
l’arbre de la connaissance, Hachem le previendra que dorénavant il mourra (au départ il devait vivre éternellement). Or les Sages dans le Midrash l’enseignent: Adam a fait Techouva! Pendant 130 ans il fera des jeûnes et se repentira. Or, sur les derniers feuillets beaucoup d’exemples ont été fourni sur le pouvoir de la Techouva d’effacer les fautes (voir le Cheese qui s’est transformé en pain tunisien…) Donc, après qu’Adam ait fait
Techouva, pourquoi la punition divine ne s’est-elle pas effacée afin qu’Adam vive pour toujours? Intéressante question, n’est-ce pas?
A vrai dire cette énigme est rapportée par rabbi El’hanan Wasserman à la fin du Quovets Héarot. Il répond d’après le Derachoth Haran. Le rav explique qu’au moment où
Adam a péché, il devait mourir de suite dans la même journée (on était la veille du Chabat). Seulement la Techouva enclenchée par Adam a suspendu le décret et il ne décédera que près de mille années plus tard ! Seulement la mort s’installera dans la création non comme punition mais comme une nouvelle donnée ! Après avoir péché, l’homme n’était plus au niveau spirituel de vivre éternellement. La faute a changé la face du monde qui est devenu plus matériel et moins spirituel. Dans ces conditions nouvelles, la
mort n’est plus un châtiment mais devient la réalité dans ce bas monde!

Quand un « senior » reste un « junior »!
On est à peine sorti des jours de Souccoth, et on a le plaisir de vous présenter une « perle » du rav Elimelekh Biderman.
L’histoire s’est déroulée sous les cieux cléments de la terre sainte d’il y a 70/80 en arrière. Il s’agissait d’un très vieux Juif habitant la ville sainte de Jérusalem. Cet homme avait
une longévité tout à fait extraordinaire puisqu’il avait atteint l’âge de 116 ans ! Qui plus est, il se portait comme un senior de la tranche 65/75 : pas besoin de chaise roulante !
Seulement il a demandé les services d’un Admour le « Klyrer Rebbe » qui résidait dans l’ancienne ville. Le rav dépêcha un émissaire et le vieil homme expliqua qu’il avait un problème de gueniza pour lequel il n’avait pas de solution (peut-être que c’était une
hypertension ou un mauvais régime alimentaire…?). Nenni, notre super senior expliqua que son fils unique souffrait de maux inguérissables et qu’il était alité dans un hospice de
vieillard de la veille ville ! Il demandait l’aide de l’Admour car l’âge faisant, il avait des difficultés à venir tous les jours visiter son fils. Effectivement notre vieillard avait un fils
unique âgé de 90 ans qui avait de grosses souffrances.
L’admour se dépêcha de rencontrer le fils alité et lui demanda la raison de ses maux. Le fils expliqua tant bien que mal sa situation et qu’elle ne ressemblait en rien à celle de son père
qui vivait comme un tout jeunot ! Or, cela faisait des années qu’il était dans cet hospice et il rajouta qu’il en avait encore pour 4 ans à vivre ! L’admour demanda des explications mais ce dernier répondit: c’est un secret, et si vous voulez le savoir allez parler à mon père! » L’Admour prit la direction du père en lui demandant l’explication des paroles énigmatiques du fils. Le père raconta alors son histoire très intéressante: » Je suis né il y a plus d’un siècle en Europe centrale. Dans ma prime jeunesse, je n’étais pas doué pour les matières scolaires. Mes parents m’ont envoyé au Talmud Tora de la ville mais rapidement je faisais l’école buissonnière… En final mes parents m’ont fait travailler à la poste comme postier/facteur. Depuis le lever du jour jusqu’au soir je courrais d’un endroit à un autre de la ville.
Une fois la veille de Souccoth j’ai reçu un colis de livres à remettre au Tsadiq de la ville: Rabbi Hillel de Koulmié (un élève du ‘Hatham Soffer). Je suis entré chez lui et pour la
première fois, je voyais le saint homme très préoccupé. Je me suis dit que c’était dû au fait qu’il n’avait pas de Soucca pour les fêtes ou qu’il n’avait pas les 4 espèces du Loulav. En
rien ! Sa soucca était derrière sa maison tandis qu’un magnifique étrog et loulav trônaient dans sa pièce! Je lui demandais alors avec beaucoup d’humilité les raisons de sa tristesse. Il me répondit: « Je ne te cacherais rien, mais cette année j’ai bien peur de ne pas pouvoir accomplir la Mitsva de dormir dans ma Soucca ! En effet, depuis quelques jours
une bande d’ivrognes me fait des problèmes. Ils m’ont même prévenu que cette année ils ne me laisseront pas dormir dans ma Soucca! Le rav n’avait pas de force pour
parer les desseins de cette bande de vauriens, donc il ne savait pas quoi faire. Je lui proposais alors de dormir les 7 jours de Souccoth sous sa cabane et de me tenir prêt pour en démordre avec les intrus. A l’époque j’étais un très fort gaillard qui n’avait peur de rien et encore moins d’une bande de soûlards… Le rav était content et il recouvrit le sourire. Le jour dit de la fête, je me retrouvais à dormir à l’entrée de la cabane en tenant un lourd gourdin dans mes mains… Et l’heure dite arriva, vers les 2 heures du matin des coups se firent entendre à la porte du rav: c’était bien la bande d’éméchés. J’ai pris prestement mon bâton et je me suis posté devant le groupe et avec toutes mes forces j’ai donné des coups de part et d’autres pendant plusieurs minutes!! Le groupe de larrons était complètement
désarçonné, ils pensaient se trouver devant un vieil homme sans défense et voilà qu’ils avaient en face d’eux un lion enragé !! En peu de temps je les mis en déroute et depuis lors
ils ne revinrent pas importuner le rav. A la fin de la fête, le rav était particulièrement heureux. Et au moment propice il se tourna vers moi en me disant combien il avait passé une fête magnifique et qu’il avait pu résider grâce à moi dans la cabane sainte tous les 7 jours et aussi dormir. Il me dira alors: « Je te béni d’une longue vie jusqu’à 120 ans et
aussi que tu ne vois pas mourir de tes jours ta descendance !! » Fin de l’épisode qui remonte à plus de 100 années en arrière! Donc, conclut cet ancien Juif d’Hongrie, quand mon fils te dit qu’il en a encore pour quatre ans à souffrir: il a raison, car j’ai 116 ans il me reste quatre ans pour atteindre la bénédiction du rav ! » L’Admour resta suffoqué de l’histoire et garda en tête les paroles du vieillard/jeune… Durant les quatre années suivantes, il garda contact avec le responsable de l’hospice ainsi qu’avec des proches du
père. Quelques temps plus tard (précisément 4 ans après) on informa l’Admour que le vieillard venait de décéder. Une heure après, il appelle la direction de l’hôpital et on
l’informa que le fils venait aussi de rendre son âme à l’âge vénérable de 94 ans. Fin de l’anecdote véritable: comme quoi, la joie dans la Mitsva a des pouvoirs extraordinaires!

LIRE  La Soucca par le mérite de la Brith Mila

Coin Halaha: Durant le Chabbath, on n’aura pas le droit de demander à un gentil de faire un travail pour nous, par exemple qu’il nous allume la lumière de l’escalier. Mais, la veille du Chabbath je pourrais par exemple demander au pressing (tenu par un non-juif) qu’il me lave mon vêtement, même si en final il le lavera durant le Chabbath. La raison est que puisque je ne lui ai pas demandé explicitement de travailler le Chbabath (il aurait pu le laver à un autre moment) ; de plus, le prix de sa prestation est fixé à l’avance. Ce sera
permis car c’est le choix du gentil de laver durant Chabbath (je ne l’ai pas obligé) cela s’appel « Ada’at dénafché ».

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold
Sofer écriture ashkénaze et sépharade

On priera pour la santé de Yacov Leib Ben Sara, Chalom Ben Guila parmi les malades du Clall Israel.
Pour la descendance d’Avraham Moché Ben Simha, Sarah Bat Louna; et d’Eléazar Ben Batchéva
Léilouï Nichmat: Joseph/Yossef Ben Romane (famille Joffo/Paris), Reuven David Ben Avraham Naté, Dora Dvora Bat Sonia, Simha Bat Julie, Moché Ben Leib; Eliahou Ben Raphaël; Roger Ye’hïa Ben Simha Julie; Hanna Clarisse Bat Mercedes; Yossef Ben Daniéla תנצבה
que leurs souvenir soit source de bénédictions.

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