A propos de deux affaires de tweets antisémites

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Y. Baboulin – 5/03/2017

En quelques jours, deux affaires de tweets antisémites ont été révélées par la presse. Les deux individus concernés ont provoqué des réactions au seul motif qu’ils bénéficient d’une petite notoriété médiatique, mais je ne prendrais pas de grands risques en pariant qu’il ne s’agit que de la pointe émergée de l’iceberg.

Rappelons qu’il s’agit d’une part d’un « humoriste » nommé Olivier Sauton et d’autre part d’un banlieuesard nommé Mehdi Meklat surtout connu pour sa collaboration au Bondy-Blog (une officine journalistique  islamogauchiste abritée par Libération et qui reçoit de nombreuses personnalités de toutes sortes).

Je veux faire deux observations concernant ces affaires.

  1. Les deux personnages incarnent des milieux sociaux et culturels totalement différents (la culture BCBG et libertaire genre 5ème arrondissement pour l’un, les banlieues défavorisées et islamisées pour l’autre) mais qui ont un point commun : ils constituent les deux pieds de la base sociale de la gauche depuis que les mots de prolétariat, de peuple et de révolution ne veulent plus rien dire (c’est-à-dire depuis les années 70/80). Le think tank Terra Nova a théorisé ce déplacement depuis plusieurs années et il est attentivement écouté par les dirigeants du PS et des autres organisations de cette tendance. Cette stratégie bobo-banlieues se confirme année après année depuis Mitterrand.

Si quelqu’un se pose la question de ce que peuvent avoir en commun les bobos des villes et les islamo-caillera des banlieues, j’ai toute une batterie de réponses à leur disposition. Mais voilà au moins un point commun : l’antisémitisme décomplexé.

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[En revanche, toujours pas une seule ligne dans les médias sur l’agression à la scie à métaux dont ont été victimes deux jeunes Juifs dans la même ville de Bondy il y a une quinzaine de jours.]

Il y a des actes antisémites qu’il est difficile de cacher, il y en a d’autres qu’il vaut mieux taire pour ne désespérer ni le 9.3 ni les salons bobos.

2. Les excuses présentées par ces deux personnages nauséabonds valent leur pesant de cacahouètes (dans le genre : j’essaie de sauver ma peau sociale en racontant n’importe quoi), mais surtout elles présentent des ressemblances étonnantes. Dans les deux cas le même discours : « Je ne sais pas ce qui m’a pris, c’est parce que je suis un peu immature, c’est un génie malfaisant qui a parlé en moi » et le reste à l’avenant. Nous avons des contritions religieuses, des confessions cathos, mais pas d’autocritique, pas d’analyse : Pourquoi ont-ils écrit ça ? Comment n’ont-ils pas eu conscience de ce qu’ils faisaient au moment où ils le faisaient ? Pourquoi leur entourage ne les a pas mis en garde ? On n’aura pas de réponses à ces questions. Comme des enfants pris les doigts dans le pot de confiture et qui ont peur de se prendre une claque, ils demandent pardon pour éviter le pire. Aucune analyse non plus dans les médias qui ont eu connaissance de l’affaire et qui relaient complaisamment les propos de ces crétins.

On sait que ces pitoyables « explications » font les choux gras des médias progressistes : ainsi les terroristes djihadistes sont–ils des « forcenés », des « déséquilibrés », voire les malheureuses victimes de l’exclusion sociale. Tout est bon pour ne pas penser.

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La vérité est que la détestation des Juifs se répand comme une gangrène, comme un cancer, dans les nouvelles bases sociales de la gauche.

Elle se répand non pas dans les couches populaires qui votent FN, mais elle est transmise, elle est portée par les réseaux des élites intellectuelles, cultureuses, médiatiques et politiques, qui se réclament du progressisme.

Le phénomène est certes encore minoritaire, mais c’est sa valeur révélatrice qui retient l’attention. La gauche s’est toujours prétendue innocente au regard de l’accusation d’antisémitisme. C’est une totale erreur fondée sur la seule ignorance historique. L’antisémitisme de gauche (sous réserve de l’ambiguïté du terme « antisémitisme ») est né avec « La question de juive » de Karl Marx en 1843. Ce n’est pas d’hier ! Il était explicite chez les socialistes utopiques comme Proudhon et Fourrier. Il l’était aussi dans le syndicalisme révolutionnaire au 19ème siècle et il est devenu public au moment de l’affaire Dreyfus. Personne ne peut ignorer l’antisémitisme stalinien ni celui des pays de l’Est après la guerre (cf. la Pologne), avec le faux nez et le chapeau pointu de « l’antisionisme ». Le voilà qui ressurgit dans les pays démocratiques et cultivés, depuis 1967 (la guerre des Six Jours) et surtout depuis 2000 (la Seconde Intifada).

Il eut été étonnant que les anciens symptômes antisémites de la gauche (qui ne sont pas les mêmes que ceux de la droite, la chose est entendue) ne fassent pas cause commune, à un moment ou à un autre, avec les symptômes antisémites de l’islam, dès lors que la gauche a fait le choix, dès le début des années 80, de l’immigration de masse et de l’islamophilie.

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