A quoi pensent les « grands religieux » dans les moments difficiles ?

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Autour de la table de Chabbath n°345 Vahéthanan – Nahamou

La paracha commence par la prière de notre maitre Moché Rabbénou afin de rentrer en Terre sainte. On le sait, Moché n’a pas la permission de monter en Erets Israël après la faute de « Mé Meriva » et doit céder la conduite de la nation à Yehochoua’, son fidèle élève. Seulement les Sages de mémoire bénie enseignent dans le Midrach que Moché a beaucoup prié pour annuler le décret de D’. D’ailleurs Rachi enseigne que le mot « Veét’hanan » est une manière de prier (il y en a dix comme la supplique, la prière, la demande, etc…). Donc Moché demanda la grâce du Ciel sans faire valoir aucun mérite particulier. D’une manière générale lorsqu’un homme demande à son supérieur, par exemple, une avancée dans l’échelle salariale, il emploiera toute une stratégie pour arriver à ses fins : Il fera valoir le fait qu’il a réussi à augmenter le chiffre d’affaires alors que la situation générale était au grand marasme… Or, Moché Rabbénou agira différemment. Il demandera à D’ de lui accorder cette faveur, de monter en Erets Israël, sans aucune contrepartie. Il aurait pu dire, « Hachem, c’est moi qui ai fait sortir le Clall Israël d’Egypte, j’ai nourri des millions de personnes dans le désert et j’ai fait descendre la Tora des Cieux… » N’est-ce pas le meilleur des arguments ? À côté de la simple marge de bénéfice de notre commercial ? Rachi enseigne que les Tsadikim de notre peuple prient sans faire valoir aucun de leur mérite ! Et pour cause, Hachem est le moteur de tous les biens faits sur terre. C’est Lui la racine de la générosité entre les hommes car le monde a été créé sous le signe de la bonté « ‘Olam ‘hessed yibané ». Depuis la naissance jusqu’à notre dernier jour, Hachem Se tient derrière nos pas et nous soutient dans tous nos cheminements… Qu’on le veuille ou non, qu’on fasse partie des « libéraux » ou des anarchistes ! Donc lorsque je fais une Mitsva ou une bonne action ce n’est qu’un rendu de pièces d’un très gros billet qu’on a reçu gratuitement… N’est-ce pas mes chers lecteurs ? Pour plus de détail voir le Cha’ar ‘Avodath haElokim dans le ‘Hovoth Halevavoth.

Un Midrach enseigne que Moché a prié 515 Tefiloth afin de monter au pays où les Yeux de Hachem le scrutent depuis le début de l’année jusqu’à la fin (515 est la valeur numérique du mot « Vaéthanan »). Cependant il sera finalement débouté. On apprend de cet épisode que dès fois les portes des cieux sont fermées… Cependant Moché Rabnénou ne faiblira pas même après avoir essuyé ce refus. En effet, à la fin de la paracha de Massei il est indiqué une Mitsva particulière de construire des villes de refuges. Il en existait trois du côté Est du Jourdain, la Jordanie actuelle et trois en Terre sainte. Et les Sages dévoilent que tant que les villes en Terre sainte n’étaient pas inaugurées, les villes de l’autre côté du Jourdain n’avaient pas la capacité de protéger le meurtrier par inadvertance (voir mon développement des semaines précédentes). Si on avait été à la place de notre saint maitre, on aurait très bien pu « mettre la clef sous la porte » et ne pas construire ces villes de refuge au-delà du Jourdain car, à quoi bon ? Seulement Moché Rabbénou n’est pas du même calibre, excusez-moi pour l’expression et surtout de nous comparer un tant soit peu avec le plus grand des prophètes de tous les temps… et même s’il sait que les dés sont jetés qu’il ne pourra pas rentrer en Israël, il fera tout pour accomplir les commandements et même une moitié de commandement… Voir Or Ha’haim siman 472 dans le Cha’ar Techouva.

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A la fin de la lecture de la Tora on lira dans la Haftara un passage de la prophétie de Isaïe qui commence par ces mots : « Na’hamou, na’hamou ‘ami… Consolez, consolez-vous Mon peuple, dit Hachem… » Il s’agit d’une prophétie qui vient donner la consolation au peuple qui part en exil et cela nous apprend que malgré la catastrophe de la destruction du Sanctuaire, Hachem ne S’est pas détaché entièrement de Son peuple et n’a pas choisi une autre peuplade comme les Latins de Rome ni même les Indiens d’Amérique… Dans la suite, il est marqué « la végétation se fane, les plantes se dessèchent car le vent (chaud) de D’ souffle et détruit toute cette verdure… » C’est le symbole de la dureté de l’exil : la peine encourue pour s’être détourné de la voix de D’. Cependant il est aussi marqué dans cette même prophétie : » Parler au cœur de Jérusalem… ». Le rav Gamliel Rabinovitch explique que la dureté de l’exil vient pour réveiller notre cœur ! Lorsque le prophète énonce la destruction et la désolation symbolisé par le soleil torride qui dessèche et fait mourir toutes les plantes, c’est un gage afin d’arriver au « Cœur de Jérusalem ». Car l’affliction de l’exil est LA manière dont Hachem S’y prend pour que la parole de D’ rentre dans le cœur de son peuple. On accèdera à la repentance lorsque le cœur de l’homme sera touché. Lorsque l’on atteint les sentiments de l’homme et pas son intellect on arrivera à un véritable repentir et ainsi on accèdera à la consolation.

Pour finir je vous ferai part d’une anecdote d’un grand de notre peuple, le rav de Klauzenbourg. Le rav passa une année entière dans les camps et lors d’une de ses tribulations de misère il fut pris sous le feu des nazis lors d’une sélection. Malheureusement il recevra un éclat de verre dans la région du thorax à quelques centimètres du cœur… Le sang se déversera abondamment, il était tombé à terre… A deux doigts de rendre son âme, il vit une branche d’arbre avec des feuilles touffues. Il prit ces feuilles et les appliqua sur sa plaie béante. Il fit alors une prière à D’ : « Hachem, si Tu me guéri et que tu me fasses vivre, je te promets qu’après la guerre je construirais un hôpital. Et cet établissement soignera les malades d’Israël ainsi que des nations du monde comme quoi les grands « religieux » habillés tout en noir avec de grands chapeaux n’ont d’autre soucis que de faire du bien à leur prochain et même aux non-juifs et ce, dans des conditions les plus extrêmes… ndlr je doute que parmi les nations du monde on ne trouve un seul homme qui ferait pareil vœu dans une situation semblable, n’est-ce pas mes chers lecteurs de Navarre jusqu’en Afrique du Sud ? Fin de l’aparté. Et l’incroyable se réalisera puisque d’une manière miraculeuse la plaie se cicatrisera et rapidement le rav retrouvera la santé… Après avoir traversé tous les affres de la guerre, le Kauzenbourg-Rebbe s’installera dans un premier temps en Amérique puis en Israël où il concrétisera son vœu en fondant l’hôpital « Laniado » de Natanya dans le nord de la ville et depuis plus de 60 années de fonctionnement il soigna des dizaines de milliers de malades de la communauté ainsi que des gentils sans distinction de race et de religion… Tout cela grâce ou à cause d’une balle perdue des allemands… « La végétation se dessèche au soleil. La parole de D’ se concrétise… Parle au cœur de Jérusalem… ».

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Quand la Téfila se déroule à 3000 mètres d’altitude

Il s’agit du rav ‘Haim Zaïde שליט »א de Bené Brak qui nous rapporte une histoire fraiche. Ce rav donne de nombreux cours un peu partout. Une de ses élèves l’a contacté au téléphone, Elloul il y a quelques années. Elle lui raconta toutes ses misères, qu’elle venait de fêter ses 30 ans, et n’avait toujours pas trouvé de chidoukh: une vraie catastrophe ! Le rav lui donna un conseil au nom du rav Eliahou Lopian זצ »ל. Il disait aux gens qui avaient de gros problèmes, de prendre sur eux à l’approche de Roch Hachana/Kippour une décision/Kabala de faire quelque chose en plus pour la Tora et Hachem, et surtout de s’y tenir toute l’année. Par ce mérite, la demande sera exhaussée pour sûr ! La jeune fille réfléchit à la proposition du rav Zaïde, et dira qu’elle prend sur elle d’étudier une demi-heure de Moussar TOUS les jours. Elle questionna le rav : par quoi commencer ? Il lui répondit de commencer par les livres de rav Pinkous זצ »ל: ‘Néfech Chimchon’. Les mois passèrent et à Pessa’h dernier elle appelle le rav Zaïde en lui disant qu’elle n’a toujours pas trouvé de chidoukh. Le rav lui dit qu’il va questionner son maître le rav David Habouh’atsira שליט »א de Naharia. Celui-ci lui répondit qu’elle devait continuer sa Kabala et qu’avec l’aide du Ciel elle trouvera son chidoukh avant Rocha Hachana. Le rav transmit la bonne nouvelle. Cet été le rav Zaïde est parti avec un groupe de jeunes enfants qui ont des problèmes respiratoires, que D’ nous en préserve, dans les montagnes de Suisse. L’air pur des Alpes soulage un tant soit peu leur maladie. En haut d’une des montagnes, le Cervin qui domine la station de ski de Zermatt alors qu’il est entouré de son groupe d’enfants, il reçoit un appel de notre jeune fille, qui est complètement désemparée… La réponse du rav c’est de lui dire encore qu’il reste encore un mois et demi jusqu’à Roch Hachana et qu’il faut donc garder espoir. A son retour en Erets, il prend l’avion au début du mois d’ Elloul et se trouve assis à côté d’un jeune ba’hour anglais de Manchester qui retourne à la Yechiva de Mir à Jérusalem. Le ba’hour s’intéresse au rav et lui demande ce qu’il a fait en Suisse ? Le rav lui raconta qu’il a emmené un groupe d’enfants malades sur les hauteurs du « Cervin ». Le jeune en entendant le nom de cette montagne lui dira que cette montagne lui rappelle des mauvais souvenirs. En effet, il y a quelques semaines il est monté sur cette montagne en fin de journée. Il a commencé à prendre des photos de la magnifique vue sans faire attention que le DERNIER téléphérique partait ! Pourtant il se rappelait parfaitement les avertissements des services de sécurité d’en bas. Ils mettaient en garde le public qu’avec le dernier téléphérique personne ne devait se trouver sur les hauts de la montagne car passer la nuit là-bas à moins 20 degrés et avec le vent glacial c’est la mort assurée ! Le ba’hour comprit vite le drame qui approchait, mais personne n’était à ses côté, il n’avait pas non plus de portable pour prévenir en bas ! C’est alors qu’il pleura de tous ses sanglots, et se tourna vers le seul chez qui on a l’espoir : Hachem! Dans tous ses pleurs, il fit une Tefila qui déchira les Cieux. Il demanda que Hachem le sauve par le mérite de sa Kabala du Roch Hachana dernier. C’est qu’il avait pris sur lui d’étudier… (On vous laissera deviner.) Une demi-heure de Moussar par jour, les livres de rav Pinkous. La suite sera qu’un téléphérique sorti de nulle part, arrivera jusqu’en haut de la montagne ! C’était des ouvriers qui venaient faire une dernière réparation avant la tombée de la nuit glaciale… Ils rapatrieront illico notre ba’hour vers le bas de la montagne, béni soit Hachem notre jeune était sain et sauf.  En écoutant l’histoire de ce ba’hour, rav Zaïde bondit et lui demanda s’il ne chercherait pas un chidoukh par exemple ? La réponse fut que « ‘Haval ‘al hazeman » c’est à dire « ne m’en parlez pas », j’ai déjà atteint les 28 ans et je n’ai toujours pas trouvé ma moitié. Le rav lui dit alors, je crois que j’ai quelqu’un qui peut te convenir. Il transmit les renseignements au jeune ba’hour, et après les vérifications d’usage ils ont fait une première rencontre. Puis une seconde… Et il semble bien que depuis ce temps, ils ont sanctifié leur union dans l’alliance du mariage, Mazel Tov!

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Chabbath Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold

Une grande bénédiction pour la famille Albala (Villeurbanne) à l’occasion du mariage de leur fille avec un bon ba’hour de la famille Benjo (Strasbourg) Mazel Tov, Mazel Tov !!

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