Algérie : 37 cimetières juifs en danger !

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Le cimetière de Sétif - vandalisé.

Un arrêt ministériel du 26 mai dernier a entraîné une grande inquiétude de la communauté juive originaire d’Algérie, et du judaïsme tout entier : il a été finalement décidé de procéder au « regroupement » en tombes collectives ou ossuaires, selon le cas, de sépultures « européennes » en Algérie (chrétiennes et juives).

Pour les communautés juives, la liste publiée au JO le 9 juin passé (après celle de 2011, il faut le préciser) est plus qu’éloquente : elle comporte près de 40 noms de grandes villes, dont Sétif, Oran, Chétif, Tlemcen, Bône, Bougie, avec souvent plusieurs cimetières juifs pour ces localités.

Cela signifie que des milliers et des milliers de corps de Juifs vont être enlevés de leurs tombes.

Qui va-t-il effectuer cette œuvre ? Evidemment des fossoyeurs musulmans ou autres, et certainement pas au corps par corps : une telle besogne est faite au tracteur…

Que va-t-il advenir de ces corps ? C’est officiel : ossuaire ou fosse commune.

Que peut-on faire ? Les descendants, qui peuvent prouver leurs liens familiaux avec ces défunts (attention, à l’aide d’un livret de famille…), peuvent obtenir de déterrer eux-mêmes leurs proches et les ramener en France (ce qui est peu conseillé, vu le traitement des tombes dans la métropole, mais c’est un autre sujet). Autrement, pratiquement personne ne peut intervenir.

Que proposent les autorités juives françaises ?

« Nos services, joignables par courriel à l’adresse suivante : cimetieresalgerie@gmail.com, pourront assister les familles tant pour les formalités religieuses qu’administratives « .

C’est tout, et il revient aux familles d’assurer les frais d’exhumation et de transport.

Les proches ont quelques mois pour se manifester, pas plus.

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Que ferait-on ailleurs ? A chaque fois qu’une telle question se pose, l’ensemble de la communauté se manifeste pour tenter de repousser le décret, ou pour assurer une exhumation quand aucune autre issue n’est envisageable, effectuée alors par des Juifs spécialement formés à cette besogne, puis pour assurer une remise en terre dans la dignité et le respect de la Halakha (pas de fosse commune, d’incinération ou d’ossuaire, mais une vraie tombe, pour chacun).

Nous avons bien conscience que seuls des descendants peuvent intervenir, mais il n’est pas tellement exclu qu’une communauté, issue elle-même de tous ces Juifs, puisse obtenir le droit d’interférer à leur place. En tout cas, il faut le tenter.

Et l’argent nécessaire à une opération si immense ? Partout dans le monde, les communautés sont prêtes à contribuer à des mitsvoth si importantes.

Et ce, d’autant plus que dans le cas présent, nombre de Juifs originaires d’Algérie ont fait fortune, et se montreront très certainement prêts à soutenir une action si belle.

Et sinon, cela sera Satmar aux Etats-Unis, ou Belz ailleurs, qui mettront la main au portefeuille. Ce n’est pas grave, et c’est tout à leur honneur.

Mais pas du tout au nôtre…

9 Commentaires

  1. Merci, mais il faut savoir qu’il est pratiquement impossible de parvenir à remplir l’ensemble des conditions exigées par les autorités civiles : certificat original de décès – d’il y a au moins 60 ans -, livret de famille – de la même ancienneté…
    Ce qu’on appelle se moquer des gens !

    • Vous avez tout a fait raison. On se moque des gens.
      Le Consistoire de Paris ou de France doit obtenir des autorites algériennes et francaises d’être le reprensentant officiel de tous les Juifs inhumés en Algerie et doit prendre à sa charge les frais de transfert en France même s’il est question de les transférer dans des containers maritimes et ensuite de les inhumer individuellement dans un reliquaire, mais ensemble, dans une carriere désaffectée en France avec une grande plaque commémorative et les noms des défunts. Ces Juifs sont morts français et ont acheté cette place perpétuelle à la France ! A la France de s’en occuper.

      • Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ce lecteur sur le point précis qu’il soulève : une personne qui a acheté une place pour l’éternité, comment est-ce que les autorités civiles qui l’ont fait peuvent-elles se désister, et dire que cela suffit ?! Cela est vrai du reste pour la France également, et dix fois pire, puisque dans l’hexagone, personne ne prend de telles précautions : on sort de la tombe, et… Vaut mieux ne pas savoir ce qu’on fait des corps.
        En revanche, sur le fond, nous sommes totalement opposés à ce qu’un regroupement des cimetières soit effectué en Algérie, pour les raisons exposées dans notre dernière mise au point, cf. http://www.kountrass.com/cimetieres-algeriens-point/.

  2. Précision : Oran n’est pas cité – pour l’instant – comme cimetière qui doit être « regroupé », autrement dit détruit et les corps sortis à la pelleteuse, puis l’ensemble déversé dans une fosse commune, mais au contraire doit servir de lieu de réception de cette horrible masse de terre et d’ossements.
    Il en est de même pour Annaba (Bône) et Oran. Ce ne sont que des cimetières plus excentrés qui sont visés.

  3. Afin d’aider le public concerné, livrons ici la liste des documents à produire pour récupérer les restes funéraires de personnes proches, dans le cas où elles reposent en particulier dans un cimetière qui va faire l’objet d’un regroupement de sépultures. Ces personnes doivent mandater une entreprise de pompes funèbres . Celle-ci se chargera de l’ensemble des formalités administratives (consulat + administration algérienne).
    L’entrée en France des restes mortels se fera sous couvert d’une autorisation consulaire qui sera établie par le Consulat général territorialement compétent (droit de chancellerie de 46 euros) à la demande de la famille après obtention des autorisations requises des autorités algériennes.
    Toute demande d’autorisation d’exhumation doit être présentée par le (ou les) plus proche(s) parent(s) de la personne défunte, qui doit fournir à l’entreprise de pompes funèbres choisie un dossier contenant les documents suivants :
    – demande d’autorisation d’exhumation (original) précisant en quelle qualité il formule sa requête, avec signature légalisée (article R22 13 40 du code général des collectivités locales) ;
    – acte de décès du défunt
    – photocopie de la pièce d’identité (CNIS ou passeport) du demandeur ;
    – justificatif de domicile du demandeur
    – justificatif de l’état civil du demandeur (acte de naissance original et récent)
    – justificatif du lien de parenté entre le demandeur et le défunt par la fourniture de tous actes d’état civil en originaux ;
    – l’autorisation d’inhumer (original) délivrée par la mairie de la commune en France où les restes mortels seront ré-inhumés.
    Si la famille se fait représenter par un tiers pour l’établissement des formalités, une procuration doit être jointe au dossier.
    Les frais d’exhumation et de rapatriement sont à la charge exclusive des familles.

  4. Je suis allée sur le site sosnechama indiqué sur le 1er commentaire mais le cimetière de Tlemcen n’y figure pas.
    Pourquoi ?

    • Parce qu’heureusement ce cimetière (où repose rabbi Efraïm Enkava !) n’est pas destiné (dans l’état actuel des choses) à faire l’objet d’un « regroupement », mais, au contraire, va y être créée une fosse commune pour les divers « petits » cimetières de la région.
      Nous voulons publier, dans les jours qui viennent, la liste des cimetières menacés, avec le nom d’antan leur correspondant.

  5. Je ne suis pas d’accord d’enlever nos morts du cimetiere d’Oran, je pense qu’il serait beaucoup mieux de faire un jardin dessus, mettre un tableaum qu’ils reposent en paix Amen.
    L’endroit où ils sont morts, c’est chez eux !
    TKR

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