Au juste, pourquoi manger ?

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Autour de la table du Chabbat, n° 346 Ekev

Ces paroles de Tora seront étudiées le-ilouï nichmath Rina Chouchane (Nathanya) תנצבה

Dans notre paracha on apprend la Mitsva du Birkat Hamazon par le verset « Ve-akhalta ve-savata ou-bérakhta etc. » Devarim 8.10. C’est la bénédiction finale après le repas.

Après avoir mangé un volume de pain du volume d’un kazaït (à peu près une tranche de pain), il convient de faire cette longue bénédiction qu’est le « Birkath Hamazon ».

C’est une louange à Hachem pour le remercier de nous avoir donné l’occasion de profiter de Sa nourriture.

Comme le Psaume 24 dit : « La terre et tout ce qu’elle contient appartiennent à Hachem ».

C’est aussi un remerciement au Créateur pour les bienfaits qu’Il nous octroie comme la digestion des aliments.

Si on savait combien la digestion dans le corps de l’homme est compliquée, et que même les machines les plus perfectionnées n’arrivent pas au 1/100ème de la réalisation de l’appareil digestif, alors à chaque fois qu’on digère un aliment, on devrait envoyer un message de reconnaissance au Créateur !

Le Or Ha’Haim dans la parachath Chela’h pose une intéressante question.

Pourquoi Hachem a-t-Il eu besoin de créer un homme avec les besoins de manger et de boire ?

Il aurait pu créer un être qui se suffise de l’air ambiant ou d’un autre élément simple et, ce faisant, cet homme aurait eu davantage de temps libre pour traiter de choses spirituelles (par exemple aller à des cours de Tora, faire plus de Mitsvoth durant les temps libres).

Intéressant comme question, n’est-ce pas ?

Il répond de deux manières.

1°) HACHEM a voulu donner à son peuple l’occasion de faire de nombreuses Mitsvoth.

Il existe plusieurs lois et préceptes qui sont liés à la récolte comme le Leket, Chikh’ha, Péa, ‘Hala, Teroumoth, etc. (toute sorte de prélèvements pour les pauvres, mais aussi pour les Cohanim et les Leviim).

Donc, ce sont autant de Mitsvoth qui sont données à l’homme qui, sans la nécessité de manger, n’existeraient pas.

) Une autre réponse plus percutante est tirée de la Kabala (partie de la Tora qui a été dévoilée par le Ari zal).

Dans chaque chose créée, il existe une partie, infime, de sainteté.

Et lorsque le Tsadik mange de la nourriture, cette partie vitale qui est enfouie dans l’aliment est triée puis élevée en remontant à sa racine sainte.

Et c’est cette partie POSITIVE de l’élément qui lui donne sa vitalité.

Le Or Ha’haim continue et dit que cette « étincelle » de sainteté se trouve dans TOUS les éléments du monde, aussi bien chez l’homme que chez les animaux ou les végétaux.

LIRE  Le Grand rabbin Yochiahou Pinto : "Poursuivre l'élan en période de coronavirus"

Et grâce à la Tora et aux Mitsvoth, on arrive à en faire remonter ces étincelles.

Donc finalement lorsque je mange, j’active une action spirituelle/transcendante, celle de faire remonter ces étincelles tout là-haut.

Soit dit en passant, rabbi Na’hman de Breslev dans son Liquouté Moharan, dit quelque chose de similaire dans un tout autre domaine.

Tout homme doit s’efforcer de juger son prochain de manière positive, c’est une Mitsva de la Tora.

Il rajoute que même chez le racha’/le mécréant, il faut chercher un point positif dans lequel il est bon.

Et de cette manière on le fera REMONTER de son niveau inférieur dans lequel il se trouve et on arrivera à le ramener au niveau de la Techouva/du repentir !

Pareil avec nous-mêmes, car généralement on a la mauvaise habitude de se juger soi-même négativement…

Et grâce au fait qu’on cherchera en nous des points positifs comme par exemple un trait de caractère intéressant, alors cela nous amènera à la véritable joie et on arrivera ainsi à faire Techouva !

Fin du Likouté (livre de rabbi Na’hman de Breslav)

Cependant, sur la fonction générale de la nourriture j’ai pensé à une réponse plus simple. C’est qu’elle possède la faculté de renforcer l’homme et son esprit. Il est connu qu’un bon plat bien épicé permet de mettre la personne de bonne humeur et de la sortir d’un état morose et même quelquefois fois de lui éviter de tomber sous le joug de la colère. Le ‘Hazon Ich dans une lettre (35) adressée vraisemblablement à un élève de Yechiva qui n’avait plus de force dans son étude, lui préconisera d’arrêter d’étudier durant une certaine période afin de profiter de la NOURRITURE, de bien dormir et de faire des sorties dans la nature, etc. Tout cela afin de retrouver ses forces ! Donc là aussi on apprend que les plaisirs de la table S’ils sont bien orientés, peuvent renforcer la personne dans les Mitsvoth et cela fait partie AUSSI de la ‘Avodath Hachem.

Le Birkat qui a sauvé la vie!

Cette semaine je vous propose un beau sipour directement lié avec le Birkat. Il s’agit d’un homme âgé de Jérusalem qui faisait depuis toujours particulièrement attention de faire bien son Birkat ! Fréquemment il ne mangeait pas de pain car il savait qu’il n’avait pas le temps de faire un beau Birkat. Une fois, il raconta son histoire véridique très époustouflante. Il était alors un jeune garçon quelque part en Europe Centrale juste avant la guerre lorsque le rav Méir Chapira, le Roch Yechiva de la Yechivath Hakhmé Lublin (l‘instigateur du Daf Hayomi), est venu visiter son école. Il prit tous les enfants et leur dit : « Connaissez-vous une lettre de L’alef beth qui n’apparaît pas dans tout le Birkat ? Les enfants écoutèrent avec beaucoup d’attention. C’est la lettre pé final ! Car, continua le rav, celui qui dit avec beaucoup d’attention son Birkat se verra protéger de la colère (chétsef) du dommage (kétsef et ‘haron af)! (C’est le Ba’h qui rapporte cet enseignement). De plus sachez mes chers enfants que celui qui fait bien le Birkat est assuré d’une subsistance TOUS LES JOURS DE SA VIE ! (Sefer Ha’Hinoukh). Le rav conclut : voyez ce que l’on peut gagner à faire cette bénédiction. Ces paroles ont touché notre jeune garçon et depuis il devint très attentif à faire la Mitsva.

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Les années passèrent, la guerre se déclencha et la catastrophe s’abattit sur tout le monde juif européen. Notre jeune s’est retrouvé dans le camp de la mort d’Auschwitz. A l’entrée du camp il y avait une longue queue de pauvres captifs (de la nation la plus éduquée et la plus cultivé du monde européen du siècle…) qui devait passer devant l’ange de la mort. Le nazi gradé indiquait de son doigt soit la droite, c’était vers les camps de travail, ou la gauche, vers les chambres à gaz et les crématoires… A ce moment terrible notre jeune s’est rappelé des paroles du rav Chapira, celui qui dit le Birkat avec ATTENTION sera sauvé de la colère divine ! Il fera alors une prière silencieuse: « Ribono chel ‘olam, j’ai l’assurance des grands de notre peuple qu’il n’existe pas de colère pour moi grâce à mon Birkat» Sa prière fut acceptée et le nazi tournera sa main vers la droite. Seulement la peur continuera, il y avait une 2ème sélection, cette fois de savoir vers quel métier les captifs seront destinés. Qui parmi la foule se destinera au travail de forgerons, mécanos etc. afin de fournir la main d’œuvre gratuite aux grandes usines allemandes installées non loin du terrible camp. Seulement notre jeune ne savait RIEN faire dans la vie ! Il avait très peur mais comme il existe un Ribono chel ‘olam (même à Auschwitz) son voisin de derrière lui tapota dans le dos en lui dit: « Tu diras que tu es mon aide-cuistot !» Or notre jeune ne connaissait pas du tout le métier, seulement son voisin le rassura en lui disant qu’il l’aiderait à la tâche. C’est ainsi qu’il dira au nazi qu’il est cuisinier de métier. L’allemand acquiesça et l’envoya dans les cuisines d’Auschwitz… C’est ainsi qu’il passera toutes les années dans la cuisine du camp le plus terrible qui ait pu exister sur la surface la planète. Alors que tous ses frères étaient en sous-nutrition chronique, notre garçon sera nourri tous les jours ! L’histoire ne finit pas là. Vers les derniers temps des camps, juste avant que les alliés ne le délivrent, notre jeune s’est fait prendre par deux nazis qui s’étonnèrent de voir un Juif bien portant déambuler dans le campement. Leur jalousie et haine étaient sans borne. Ils lui dirent: « On te donne deux heures pour creuser une fosse de deux mètres sur un mètre et d’une profondeur d’un mètre avec comme outil cette petite cuillère ! Dans le cas où tu ne réussis pas, tu rejoindras tes frères au Ciel !» La peur s’empara de lui et il essaya de commencer à creuser dans la caillasse ! La situation était incongrue: un prisonnier juif creuse sans aucun motif ! Cependant, un camion amenant des ouvriers/captifs polonais gentils qui virent le spectacle, semble-t-il amusant, de voir un Juif en train de creuser le sol avec une cuillère ! Ils lui lancèrent toute sorte de vieilles carottes, pomme de terre et laitues en signe de moquerie. Notre Juif était dans l’expectative devant le camion qui s’éloignait. Rapidement vint des usines un groupe d’esclaves juifs qui finissaient leur journée de travail exténuant. C’est alors qu’ils virent l’amoncellement de carottes et autres victuailles et demandèrent à notre homme s’ils pouvaient les prendre en contrepartie d’un travail quelconque. Le jeune répondit de suite affirmativement. « Aidez-moi à faire ce trou !» Immédiatement le groupe se mis à l’œuvre et rapidement la fosse fut terminée ! Le groupe repartit avec les légumes tandis que les nazis sont revenus avec leurs armes, prêts à en finir avec notre Juif «à la cuillère» ! C’est alors qu’ils s’approchèrent et virent l’incroyable : le trou était fini ! Les nazis dirent : « Tu es un vrai ange pour avoir fait ce travail ! On te laisse en vie !» Fin de l’histoire véritable. Qui voudra commencer à faire un beau Birkat ce Chabbath au moins?

Chabbat Chalom et à la semaine prochaine si D’ le veut.

LIRE  Dis-moi comment tu t’habilles je te dirais qui tu es

David Gold sofer

De grandes bénédictions à la famille Chekroun Pascal et à son épouse à l’occasion du mariage de leur fils, Mazal Tov !

Une bénédiction pour la famille Gabison Yonathan et à son épouse dans ce qu’ils entreprennent.

Et toujours, j’écris de belles Mézouzoth (Beth Yossef) 15 cm et pour ceux/celles qui veulent honorer la mémoire d’un proche je vous propose l’écriture d’un Séfer Thora, Bli Néder, (écriture Beth Yossef) sur un an et demi prendre contact 00 972 55 677 87 47

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