Début d’année

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DEBUT D'ANNEE

La rentrée scolaire, c’est vraiment une grande aventure…

 

Heureusement qu’il y a les vacances pour la préparer, cette rentrée. Les vacances ne sont même pas suffisantes pour tout faire, et on se retrouve souvent, le jour de la rentrée, avec un ou deux livres manquants parce qu’ils étaient introuvables dans toutes les librairies…

Les premiers jours de vacances permettent de se reposer, de se promener, de profiter du beau temps.

Les premiers jours passés, on se dit qu’il faudrait commencer à penser à faire les achats pour la rentrée. On passe plusieurs jours à chercher les listes de livres et d’affaires scolaires à acheter, que chaque enfant est censé avoir rapportée à la maison le dernier jour d’école.

Mais les cartables ont déjà été vidés, et les listes sont introuvables.

 

Les jours suivants passent à essayer de joindre d’autres parents d’élèves, qui auraient l’amabilité de nous dicter la liste perdue.

L’une des mamans a eu l’amabilité de se souvenir : « Ah oui, vous m’aviez appelée aussi l’année dernière ! Hahaha ».

 

Encore quelques jours pour faire le tour des librairies et trouver dans chacune quelques livres. Attention à la mention « nouvelle édition » ou « ancienne édition », il y a des professeurs qui préfèrent celle-ci, et d’autres qui préfèrent celle-là. Si on se trompe d’édition, c’est très grave, c’est comme si on avait acheté un livre de mathématiques à la place du livre d’anglais. En tout, j’ai compté cinq librairies visitées. 90% des livres sont achetés. Les livres qui font partie des 10% restants sont épuisés et en réédition. Nous prions…

 

Arrive enfin l’étape la plus délicate : recouvrir chaque livre. On s’y met à plusieurs, à la chaîne, c’est une véritable entreprise. On a 61 livres à recouvrir pour 9 enfants scolarisés (véridique !). Ensuite, il faut coller sur chaque livre une étiquette avec le nom de l’élève. Essayer d’ôter doucement l’étiquette parce que ce livre n’était pas à Méïr mais à Yonathan. L’étiquette n’accepte de céder qu’après avoir arraché un morceau du film transparent qui recouvrait le livre. Alors on recommence à zéro. Les enfants, s’il vous plait, venez chacun reconnaître vos livres, cela nous évitera de perdre du temps.

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Les achats d’affaires scolaires comme les cahiers, les stylos, prennent aussi beaucoup de temps. Surtout qu’il faut être attentif à ce que le professeur a demandé, et ne surtout pas acheter autre chose. Il faut le stylo deux couleurs, bleu d’un côté, rouge de l’autre. Pas trouvé. Il faut le scotch de 2 cm d’épaisseur, ni plus ni moins. Il faut une couverture de cahier rouge, « transparente mais opaque ». J’avoue avoir réfléchi longuement sur ces termes. J’ai cherché le Rachi et Tossafoth qui pourraient m’éclaircir, mais il n’y en avait pas. Au final, je me suis avouée vaincue, j’ai acheté une couverture rouge transparente, et une couverture rouge opaque, le professeur choisira, moi, je n’ai plus les forces ! Entre nous, de toute façon, la couverture transparente ne le restera pas très longtemps. C’est peut-être cela qu’a voulu dire le professeur. C’est mon commentaire personnel.

 

Enfin, l’étape la plus difficile psychologiquement et nerveusement : l’achat des cartables et des trousses. Chaque année, les prix augmentent. Cette année, les trousses sont au prix du cartable de l’année dernière… On s’intéresse à des cartables plus simples, qui ne s’appellent même plus « cartables ». Ce sont des sacs à dos pour jeunes. Nous acceptons même de renoncer à l’image de Hello Kitty. Mais le prix ne baisse pas pour autant. Nous changeons de magasin, c’est encore pire. Nous essayons un troisième, pas mieux. Nous revenons chez le premier, qui a fermé entre temps – eh oui, il est déjà 22 h. Nous reviendrons demain. Entre temps, le porte-monnaie s’allège, s’allège, même la carte bleue refuse de coopérer. Je vous le dis, c’est un complot.

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Nous avons beaucoup réfléchi sur le cartable à acheter pour Moché qui rentre au CP. Il a une dizaine de livres, il lui faut un cartable solide. Mais pas non plus trop lourd. Ni trop grand. Parce qu’il a un petit gabarit, Moché, et il ne faudrait pas que le cartable l’écrase entièrement… Ce fut le parcours du combattant. Nous avons fini par trouver, au moment où nous avons décidé d’arrêter de regarder les prix déprimants.

Premier jour de classe, un coup de fil vers 13 h…

Madame, c’est le directeur, votre fils Moché dit qu’il n’a rien apporté comme repas de midi. C’est exact, puisqu’il revient à la maison à 13 h 30, non ? Il déjeunera à la maison. Ah, les classes de CP finissent à 15 h 30 ? Je n’étais pas au courant ! C’était écrit au recto de la liste des livres à acheter… Oui, je comprends…

Moché revient de l’école. Alors, ce CP, c’était bien ? Très bien. Ils t’ont donné un bout de pain pour ton repas de midi ? Fais voir ta trousse pour vérifier ce que tu as déjà perdu et ce qu’il faut remplacer… Mais où est donc ta trousse ? Où sont tous tes livres ? Moché, pourquoi ton cartable est entièrement VIDE ? Vous avez des casiers en classe ? Vous y laissez toutes vos affaires ? Donc ton super cartable, là, il va juste servir à porter ton sandwich de 10 h ? Je prends illico mon agenda et j’écris à la date du 1er août 2014 : attention, pour Ouriel qui rentre au CP, ne plus se faire avoir, ne pas acheter de cartable !

Meïr revient aussi de sa première journée, content mais il lui manquait un livre, celui de grammaire. Il faut le lui acheter rapidement, a dit le professeur. Ça y est, on s’est déjà fait remarquer… Mais Méïr, nous te l’avons acheté ce livre ! Tu n’as qu’à chercher dans tes affaires ! Livre introuvable, on court en racheter un autre. On retrouvera certainement le premier dans quelques jours…

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La rentrée au Gan est le moment le plus difficile de la rentrée, psychologiquement. Soit l’enfant accepte facilement la séparation, soit il l’accepte difficilement. S’il l’accepte difficilement, ça fend le cœur, et les premiers jours sont parfois vraiment durs à passer… Et s’il l’accepte facilement, la maman a très mauvaise conscience, et se demande pourquoi son enfant semble tellement heureux de la quitter. Elle lui fait coucou par la fenêtre du Gan mais il la regarde à peine. Ça aussi, c’est dur…

 

Et puis ça y est, le rythme est enfin pris : on se lève à 6 h du matin, on réveille tous les enfants, on les habille sans oublier les uniformes, on leur donne à manger, on prépare les sandwichs, on vérifie les cartables, on court pour ne pas manquer le car de ramassage ou l’autobus… Et en soirée, faire les devoirs, préparer le cartable pour le lendemain, signer les interrogations plus ou moins réussies, prendre note des petits mots plus ou moins gentils des professeurs, renflouer la trousse dégarnie…

 

Enfin, que ne ferait-on pas pour nos enfants ? Que ne ferait-on pas pour qu’ils aillent à l’école et apprennent quelques matières importantes qui les aideront dans la vie… Que ne ferait-on pas, disons-le clairement aussi, pour qu’ils soient occupés toute la journée et qu’on puisse enfin disposer de notre vie autrement qu’en leur faisant à manger et en leur organisant des sorties…

 

Alors, tous les efforts sont louables, et personne ne se plaint, car c’est pour la bonne cause ! Mais moi je vous dis : heureusement qu’il y a les vacances pour préparer la rentrée, et heureusement qu’il y a les ‘Haguim pour s’en remettre !

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