Un « devoir de haine envers la Grande-Bretagne »

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Police de Londres à l’extérieur de la station de métro Parsons Green, peu après l’attentat terroriste d’Ahmed Hassan, le 15 septembre 2017. (Source de l’image: Edwardx / Wikimedia Commons)

par Douglas Murray – Gatestone

En juillet 2017, Ahmed Hassan a été élu « étudiant de l’année » du Collège Brooklands. Son prix, un bon d’achat Amazon de 20 livres, Hassan l’a utilisé pour acheter le premier ingrédient dont il avait besoin pour fabriquer sa bombe.

Le juge Haddon-Cave a paru suggérer que « violer » les préceptes du Coran et de l’Islam a représenté une infraction en soi – digne d’être mentionnée à côté du crime de mettre une bombe dans un train de banlieue bondé.

Que la déclaration du juge soit superflue est évident. Qu’elle soit erronée également. Mais le pire, c’est qu’elle érode la confiance des citoyens dans le législateur.

Le mois dernier, Ahmed Hassan a été condamné à une peine d’emprisonnement incompressible de 34 ans. Au mois de septembre précédent, il est descendu dans le métro de Londres, a emprunté la District line et a déposé une bombe artisanale dans une rame. L’engin a explosé à la station Parson’s Green. Heureusement pour les passagers, dont de nombreux enfants sur le chemin de l’école, seul le détonateur a explosé, se transformant en une boule de feu qui a couru au plafond du wagon, roussissant le cheveu de nombreux passagers, provoquant un mouvement de panique et un certain nombre de blessures. La matière explosive elle-même, empaquetée avec des shrapnels, des boulons, des clous et des couteaux, est demeurée inerte. Si elle avait explosé, le Royaume-Uni – pour la quatrième fois en quelques mois – aurait compté plusieurs douzaines de victimes, dont de nombreux enfants.

Tout ceci a eu lieu à cause d’un jeune homme d’origine irakienne, qui n’aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. Hassan est arrivé en Europe dans le flux des migrants de 2015. Il a atterri à la « Jungle » de Calais – un endroit où les célébrités du Royaume-Uni se rendent régulièrement dans le but d’implorer le peuple britannique d’accueillir les migrants qui y vivent. Ces mêmes célébrités ont toujours un sanglot particulier (comme l’actrice Juliet Stevenson) pour les « enfants migrants » qui devraient être pris en charge par le Royaume-Uni. Selon leur raisonnement pour le moins biaisé, quiconque viole les procédures d’asile de l’Union européenne et court-circuite les files d’attente mérite une récompense.

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A Calais, Hassan n’a pas attendu l’invitation du gouvernement britannique. Aidé sans doute par les ONG anti-frontières qui œuvrent à Calais, Hassan a trouvé le moyen de contourner le système. En 2015, caché à l’arrière d’un camion, il a pris pied clandestinement au Royaume-Uni. S’il avait été un véritable demandeur d’asile, il aurait pu – et dû (en vertu du traité de Dublin) – demander l’asile dans le premier pays européen où il avait mis les pieds. Si sa demande d’asile avait été légitime, il n’avait aucune raison de ne pas remplir un dossier en France.

Au Royaume-Uni, les autorités britanniques n’ont pas immédiatement réussi à lui mettre la main dessus. Finalement, arrêté et interrogé par des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, Hassan a reconnu qu’il avait fait partie de l’Etat islamique et qu’il avait été entrainé à tuer.

Il a affirmé avoir 16 ans, mais les autorités pensent qu’il était probablement plus âgé. Les ONG anti-frontières conseillent aux migrants de Calais et d’ailleurs de revendiquer le statut d’ « enfant migrant » pour accroître leurs chances d’obtenir l’asile.

Une semaine plus tard, logé dans un foyer de l’association caritative Barnado, il a été surpris par un animateur du foyer en train de regarder des vidéos de l’Etat islamique sur son téléphone. Un peu plus tard, il a également été surpris en train d’écouter des chansons extrémistes (nasheed).

Néanmoins, les autorités britanniques l’ont aidé à trouver une école. Au Brooklands College, un enseignant a surpris Hassan à lire un WhatsApp qui disait « L’Etat islamique a accepté votre don ». Il a déclaré à un enseignant que « son devoir était de haïr la Grande-Bretagne ». L’État l’a également placé dans une famille d’accueil qui n’a pas été informée de son passé de milicien de l’Etat islamique.

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Tous les efforts ont été tentés pour intégrer ce jeune homme entré en force dans le pays. En juillet 2017, le Brooklands College a décerné à Hassan le prix d’ « étudiant de l’année». Il a consacré le montant de son prix, un bon d’achat Amazon de 20 livres, à acheter le premier ingrédient de la bombe qu’il envisageait de fabriquer.

À chaque étape, l’État britannique a aidé Hassan. L’Etat l’a accueilli bien qu’il soit entré illégalement en Grande Bretagne. L’Etat l’a logé, nourri, éduqué et encouragé. Hassan a remboursé tout cela par l’assemblable d’une bombe au logis de ses parents adoptifs et par une tentative de carnage contre les banlieusards, aux heures de pointe du métro londonien.

Hassan a été jugé, reconnu coupable d’acte criminel et condamné. Mais le peuple britannique est en droit de s’étonner de la manière dont les autorités définissent leurs priorités alors qu’elles sont censées les protéger. Au terme de ce processus, l’État a proféré une ultime insulte contre la population britannique.

Voici comment l’honorable juge Haddon-Cave a étayé la peine qu’il a prononcée le 23 mars :

« Enfin, Ahmed Hassan, laissez-moi vous dire ceci. Vous aurez désormais beaucoup de temps en prison pour étudier le Coran. Vous pourrez ainsi comprendre que le Coran est un livre de paix ; l’islam est une religion de paix. Le Coran et l’islam interdisent tout ce qui est extrême, y compris l’extrémisme religieux. L’islam interdit de violer la « loi de la terre » où l’on vit et où l’on est invité. L’islam interdit le terrorisme (hiraba). Le Coran et la Sunna jugent que « créer du désordre dans le pays » est l’un des crimes les plus graves au regard de l’islam. Telle est aussi la loi du Royaume-Uni. Vous avez donc été châtié en vertu des lois de cette terre. Par vos actes, vous avez violé le Coran et l’islam, ainsi que la loi de tous les peuples civilisés. J’espère que vous en aurez conscience un jour. Partez sous bonne garde. »

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Premièrement, de quoi se mêle ce juge ? Pourquoi le juge Haddon-Cave pense-t-il qu’être juge dans un tribunal britannique lui confère une quelconque compétence en théologie islamique ? Et si les développements théologiques du juge étaient erronés ? Et s’il était faux que l’islam « interdise tout extrême » ? Et si les nombreux sujets britanniques qui ne sont pas musulmans découvraient que ce juge débite des fadaises ? Enfin, si le juge se trompe, en quoi le confinement d’Ahmed Hassan au Coran et à la Sunna sera-t-il un remède ?

Le juge Haddon-Cave suggère que « violer » les préceptes du Coran et de l’islam est une infraction en soi qu’il convient d’ajouter au crime de mettre une bombe dans un train de banlieue bondé. Que cette déclaration soit superflue est une évidence. Qu’elle soit erronée ne l’est pas moins. Mais le pire est que de tels propos érodent plus encore la confiance des citoyens dans le législateur.

Le parcours désolé et violent d’Ahmed Hassan a apporté la preuve de l’incompétence de la police des frontières britannique et de l’ignorance ou de la naïveté des fonctionnaires du Home Office. Le dernier cadeau d’Hassan à l’État aura été de souligner l’inadaptation de son système judiciaire – sans parler de sa suffisance et de son total manque de sensibilité –

 

Douglas Murray, auteur britannique, commentateur et analyste des affaires publiques, est basé à Londres, en Angleterre. Son dernier livre, un best-seller international, est « L’étrange suicide de l’Europe : immigration, identité, islam » (Editions l’Artilleur).

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