La mutation positive

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male hand flipping one of six cubes with letters, turning the word "change" to "chance". Cubes are lying on wooden surface.

Réflexion sur la paracha de la semaine par le rav Mordekhai Bismuth

Cette semaine commence le processus de la sortie des Bené Israël de l’esclavage égyptien.

Nous allons vivre et admirer le spectacle féerique qu’Hachem va orchestrer sur l’Égypte. Comme il est dit “Je Me suis joué de l’Égypte” – Hachem va se moquer d’eux (voir le dossier spécial sur les 10 plaies: https://www.ovdhm.com/les-10-plaies-en-direct-degypte).

 Essayons comprendre pourquoi il a fallu dix plaies? Quelle est la logique de la progression dans ces dix événements jusqu’à l’aboutissement et la réalisation de ce qui était recherché ? Hachem avait la possibilité de se débarrasser de l’Égypte entière en quelques fractions de secondes… Quel est le but recherché de cette avalanche de plaies spectaculaires et uniques.

Le rav Pinkus zatsal explique les dix plaies qu’Hachem a envoyé sur l’Égypte n’avaient pas pour but de délivrer les Bené Israël des mains du joug égyptien, car si c’était le but, un seul grand coup aurait suffi.

En frappant l’Égypte des dix plaies, Hachem a transmis un cours magistral de « émouna-foi » aux yeux du monde. Il a par cette féerie de plaies, inculqué au monde Sa Puissance et Son contrôle sur monde et la nature.

Sur le légendaire bâton que Moché avait en main, était gravés le Nom le plus saint de Hachem, ainsi que les initiales du nom des dix plaies : « Detsakh, ‘Adach, Bea’hav ».

Rabbi Yehouda nous enseigne que ces acronymes des dix plaies gravés sur le bâton de Moché étaient bien plus qu’une aide mnémotechnique pour s’en souvenir, mais une vraie source d’information. Ils désignent en effet une classification spécifique des 10 plaies en trois groupes distincts de trois plaies, la dernière plaie représentant une catégorie à elle seule. Chaque groupe de plaies contient un message et un but.

  • Groupe  Detsakh : le sang, les grenouilles et les poux, prouvèrent l’existence de Hachem à Pharaon qui refusait d’y croire. Ces plaies furent accomplies par Aharon avec l’aide du bâton.
  • Groupe ‘Adach : les bêtes féroces, la peste et les ulcères témoignèrent de la puissance et du pouvoir de Hachem sur toute la face du monde. Ces plaies furent accomplies par Moché mais sans le bâton.
  • Groupe Bea’hav : la grêle, les sauterelles et les ténèbres, démontrèrent que Seul Hachem gère le monde, et qu’Il a les pleins pouvoirs. Ces plaies furent accomplies par Moché avec le bâton.
  • La mort des premiers-nés n’appartient au troisième groupe que par souci mnémotechnique, mais elle vint démontrer que la vie et la mort sont entre les mains de Hachem. Cette plaie s’accomplit par Moché sans bâton.
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De plus, au sein de chaque groupe, les deux premières plaies survinrent après un avertissement, tandis que la troisième s’abattit subitement. Aussi, pour les premières de chaque groupe, Pharaon fut averti de bon matin sur les bords du Nil. Quant aux deuxièmes de chaque série, il le fut dans son palais.

C’est de manière progressive et méthodique qu’Hachem a frappé l’Égypte. Dans un premier temps Il va prouver Son existence, ensuite Il témoigne Sa puissance et Son pouvoir. Pour ensuite démontrer qu’Il est le Seul à gérer le monde. Enfin, par la dernière plaie Il confirme pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, que la vie et la mort sont entre Ses mains.

Hachem ne frappe pas pour rien et ne frappe pas en plus. Chaque coup est jaugé et mesuré au millimètre près.

Voilà maintenant un an, presque jour pour jour que le cœur du monde bat au rythme de la corona. La vie, la mort, les incertitudes. Mais qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Évidement les plus grands spécialistes et analystes géopolitiques ont émis différentes éventualités sur la cause des événements :.. Bill Gates, la Chine, la mafia international, Ben Laden, Ali baba… et j’en passe.

Comme à l’époque des plaies égyptiennes, le monde est frustré de ne pas connaître, ou plutôt de reconnaître la cause et l’exécuteur.

Et comme les mages égyptiens, on s’active à chercher des remèdes, des solutions pour dire, « nous aussi on peut ! Ensemble nous allons la vaincre ! »

On pensait détenir le monde entre nos mains, entre autre grâce aux progrès technologiques, médicales et militaires. Chaque pays était paré contre toute attaque cyber, terrestre ou dans les airs. Mais toutes ces avancés on mit un coup à la émouna : les slogans et titres à la une des journaux sont « Nous créons, Nous gagnons, Nous ferons… » Nous, Nous rien que Nous !

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Mais voilà déjà un an, Hachem dans Sa grande patience et miséricorde, a mis un frein à toute cette déférence et tient le monde avec un minuscule microbe, pour nous dire « coucou, c’est Moi qui gère ! La vie et la mort sont entre Mes mains ».

A la fin du traité de Maccoth (24a), la Guemara enseigne comment, de génération en génération, les cœurs se sont rétrécis et les forces spirituelles ont décliné. Elle cite le prophète Habakouk qui synthétisa toutes les Mitsvoth de la Tora à une unique Mitsva, la émouna, comme il est dit « le juste vivra par sa émouna » (‘Habakouk 2;4)

Il existe bien évidemment de nombreuses manières de comprendre cette Guemara qui paraît très abstraite. Rav Chelomo Bravda zatsal nous offre l’explication suivante: « L’ensemble de la Tora repose sur une base très fragile qui se nomme la émouna. Plus un homme vit avec cette croyance qu’il existe un Patron qui gère tout, qu’il n’existe pas de hasard… plus il a de force pour accomplir les autres Mitsvoth. Il ne suffit pas de croire en Hachem et d’accomplir les Mitsvot, mais il faudra vivre avec cette émouna. »

Le Gaon de Vilna écrit que la Tora a été donnée aux Bené Israël uniquement pour qu’ils placent leur confiance en Hachem. Si nous avons un devoir d’approfondir toutes les Mitsvot de la Tora, l’étude exhaustive de la émouna est primordiale. Le véritable remède, confirmé et vérifié, c’est la émouna.

Les plus grandes souffrances que l’homme éprouve, c’est lorsqu’on lui retire sa émouna. Certaines maladies graves, que D’ nous en garde, trouvent leur guérison dans un renforcement de émouna, comme l’enseigne rabbi Na’hman de Breslev (Likouté Moharan, 5) : « L’essentiel, c’est la émouna. Chacun doit se trouver et se conforter dans la émouna. »

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Les mutations anglaise et sud-africaine sont là… mais c’est à nous de nous muter !

Mutons nos cœurs vers Hachem d’une « émouna cheléma-foi entière”, et méritons de vivre très prochainement la Délivrance finale. Amen

Chabat Chalom – Rav Mordekhai Bismuth

Extrait de la Daf de Chabat disponible sur notre site OVDHM.com

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