Le (probable) futur émissaire américain pour l’Iran suscite l’inquiétude en Israël

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Par Shraga Blum – Iphinfo
Illustration : Robert Malley

Nouveau signal inquiétant de l’Administration Biden sur le dossier iranien : le nom qui circule le plus dans les couloirs de la Maison-Blanche pour devenir le prochain émissaire spécial pour les négociations avec l’Iran est celui de Robert Malley. Il s’agit d’un Juif d’origine syrienne mais Israël a une amère expérience avec les Juifs dit « progressistes » qui sont arrivés au sommet des administrations démocrates.

Sous les administrations Obama et Clinton (lors de laquelle il exerça comme coordinateur de la Maison-Blanche pour les Affaires du Moyen-Orient), Robert Malley s’était montré particulièrement critique voire hostile envers Israël. Lorsque Bill Clinton avait attribué à Yasser Arafat la responsabilité de l’échec du sommet de Camp David (2000), il l’avait contredit en public pour dire qu’Israël en était tout autant responsable, ce qui lui avait d’ailleurs valu un blâme. Et lors de la première campagne électorale de Barack Obama, il avait été écarté des cercles d’influence après la révélation sur ses contacts avec des dirigeants du Hamas qui est sur la liste des organisations terroristes aux Etats-Unis.

Sur la question iranienne, Robert Malley est un partisan acharné de la diplomatie et un adversaire farouche de toute utilisation de la force. Il fut parmi les plus soutiens les plus enthousiastes de l’accord de Vienne de 2015.

La perspective de la nomination de Robert Malley comme « M. Iran » ne suscite pas seulement une inquiétude à Jérusalem. Un groupe de plusieurs dizaines d’exilés iraniens aux Etats-Unis a écrit une lettre au nouveau secrétaire d’Etat Tony Blinken lui demandant de nommer quelqu’un qui pourra mener de réelles et efficaces négociations avec le régime des ayatollahs.

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La nomination de Robert Malley enverrait le signal aux dirigeants iraniens que la nouvelle administration démocrate veut à tout prix revenir à l’accord nucléaire en mettant de côté toutes les autres questions brûlantes telles que le programmes de missiles balistiques, son soutien au terrorisme international et sa mainmise hégémonique sur des pays voisins. « Cette attitude donnerait aux pays les plus problématiques l’image d’une Amérique faible », écrivent ces exilés iraniens, sans parler du fait que cette politique ferait monter les enchères de la part de Téhéran lors de nouvelles négociations.

Si Tony Blinken a voulu rassurer il y a quelques jours en annonçant que les Etats-Unis se concerteront avec Israël et ses autres alliés au Moyen-Orient avant d’élaborer la nouvelle politique face à l’Iran, Robert Malley est considéré comme ouvertement opposé à cette vision.

En début de semaine, Joe Biden a eu une première conversation avec le président français Emmanuel Macron. Ce dernier lui a notamment proposé l’aide de la France sur les dossiers iranien et libanais. Une aide qui ne sera sûrement pas dirigée vers la fermeté. Presque six mois après l’explosion au port de Beyrouth et l’ultimatum tonitruant du président français dans la capitale libanaise, l’Iran a fait en sorte que son protégé du Hezbollah garde toujours sa mainmise sur le pays du Cèdre.

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