Le rabbi de Kalov : Paracha Bo, Hachem, l’ultime Dirigeant

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Paracha Bo – Hachem, l’ultime Dirigeant

« L’Éternel dit à Moché : « Rends-toi chez Pharaon ; car Moi-même J’ai appesanti son cœur » (Chemoth 10,1)

À chaque époque, il existe des pays aussi puissants que des empires, dont les dirigeants sont semblables à des rois, du fait de leur influence sur les gouvernants des autres nations, et tous veulent trouver grâce à leurs yeux.

Mais les Bené Israël doivent retenir que D’, le « Roi des rois », les domine tous : Il décide qui sera le souverain, et oriente son cœur sur la manière de diriger son royaume, comme nous le voyons dans le cantique Vekol Maaminim entonné pendant les Jours Redoutables : « Le Saint béni soit-Il couronne les rois et le pouvoir Lui appartient. »

Au fil des générations, de nombreux Juifs ont oublié ce principe, et ont fait tout leur possible pour suivre la voie des dirigeants de nations puissantes, à l’instar des Grecs et des Perses. Ils pensaient, de cette manière, trouver grâce à leurs yeux et obtenir des bénéfices en échange. Or, c’est le contraire qui se produisit : des décrets défavorables furent promulgués à leur encontre, car le Tout-Puissant dirige tout.

Nous observons également ce phénomène en Égypte, un empire puissant qui attira de nombreux Juifs, qui se mirent par exemple à fréquenter les théâtres, etc. À ce moment-là, D’ fit virer le cœur de Pharaon afin qu’il haïsse le peuple d’Israël et qu’il les asservisse.

Soumis à l’esclavage d’Égypte, les Bené Israël furent incités à faire Techouva et à s’écrier vers Hachem, puis D’ réalisa des prodiges afin de renforcer les Juifs dans leur foi en leur Créateur ; ensuite ils eurent droit à leur libération.

Lorsqu’on médite sur la libération d’Égypte, il semblerait que D’ ait prescrit, au moins à quatre reprises, d’agir dans le sens opposé à la logique humaine contre le souverain égyptien et les membres de son peuple puissant, et à chaque fois, on a constaté que D.ieu dirigeait leur cœur :

1) Lorsque Pharaon astreignit le peuple d’Israël à des travaux pénibles, la logique dictait d’envoyer un politicien expérimenté et avisé, au fait du protocole royal et des manœuvres autour du souverain, afin qu’il allège quelque peu leurs souffrances. Or, D’ prescrivit à Moché Rabbénou, berger de formation sans expérience politique, venu d’un pays lointain, ignorant les affaires du pays, ne représentant ni pays, ni parti politique, et de plus, à la langue pesante, de se rendre chez Pharaon, entouré de ses conseillers et ministres, afin de lui demander, au nom de D’ – alors que Pharaon se prenait pour une divinité – de libérer des millions d’esclaves dans le but qu’ils servent D’.

En général, lorsque les autorités se trouvent en présence d’un rebelle au pouvoir, elles le condamnent immédiatement à mort, mais là, on vit que le cœur des dirigeants est dans la main de Hachem, car Pharaon ne prit aucune mesure punitive contre Moché.

2) Après neuf plaies qui firent grandement souffrir les Égyptiens, lorsque Pharaon s’emporta et dit à Moché Rabbénou : « Le jour où tu verras mon visage, tu mourras ! », on aurait pu estimer que toutes leurs chances de sortie étaient réduites à zéro, car Moché Rabbénou ne pouvait se présenter devant Pharaon pour lui demander de libérer son peuple, et il aurait fallu redoubler de prudence pour éviter de froisser leurs maîtres, les Égyptiens.

Mais D’ lui prescrivit d’abattre un chevreau, une divinité égyptienne, puis de déposer du sang sur les portes des maisons, et d’en manger avant de quitter le pays. Ce geste les mettait en danger, comme nous le voyons dans la suite de l’exil, où les Juifs ont beaucoup souffert d’expulsions, de poursuites et de meurtres, lorsqu’ils ne respectaient pas la foi locale, or là, ils commirent un acte qui constituait un affront à leur croyance.
En réalité, les Bené Israël se plièrent de bonne grâce à l’ordre de Hachem, ce qui provoqua le courroux du peuple égyptien, mais à nouveau, ils ne furent pas sanctionnés.

3) Lorsque les Égyptiens se mirent en colère contre l’abattage des chevreaux, leurs divinités, la logique aurait dicté de s’éloigner autant que possible d’eux, jusqu’à ce que leur colère se dissipe, et à plus forte raison, de ne pas leur demander de faveur.

Or, D’ prescrivit aux Bené Israël, en dépit de cette colère puissante des Égyptiens dirigée contre eux, de leur demander de l’argent, de l’or et des vêtements onéreux. Cette demande était totalement irrationnelle d’un point de vue logique, car il n’est pas d’usage de prêter des objets aux esclaves.

En réalité, les Égyptiens leur cédèrent des trésors avec largesse, si bien que chaque Juif possédait au moins neuf ânes chargés de biens, comme l’indiquent nos Sages.

4) Lorsque les Égyptiens se demandèrent ce qui allait advenir de leurs biens aux mains des Bené Israël, le risque qu’ils se rétractent augmenta, ils auraient pu prendre des mesures pour les empêcher de quitter le pays avec leurs trésors. Logiquement, les Bené Israël auraient dû, avec l’accord de Pharaon, fuir à minuit, compte tenu de la forte probabilité que Pharaon regrette sa décision et ne les autorise pas à partir, comme dans les neuf cas précédents.

Mais D’ leur prescrivit d’attendre le matin et Pharaon s’écria : « Partez du milieu de mon peuple », mais ils ne quittèrent pas l’Égypte avant le matin, pour montrer que leur choix ne dépendait pas de Pharaon.

C’est ainsi que se déroula l’extraordinaire événement historique de la sortie d’Égypte, lorsqu’en plein jour, des millions d’esclaves partirent et échappèrent à l’emprise de l’empire mondial le plus puissant, sans craindre d’être suivis par les Égyptiens, mus uniquement par la force de leur croyance en D’.

Ainsi, dans la Hagada de Pessa’h, nous disons : « Lorsque le Roi des rois Se révéla à eux et les libéra » : lorsqu’ils découvrirent que D’ est le Roi des rois, par ce mérite, ils furent libérés.

Nous pouvons affirmer que notre verset va dans ce sens, lorsque Hachem s’adressa à Moché : « Rends-toi chez Pharaon » : Je t’ai choisi afin que toi, spécifiquement, te rendes chez Pharaon, même si ce rôle de lobbying ne te convient pas du tout, car Je veux que l’on sache que : « Moi-même J’ai appesanti son cœur » : ce décret a été imposé du fait que J’ai permis à son cœur de s’endurcir à ce sujet jusqu’à maintenant, « afin que tu racontes à ton fils, à ton petit-fils, ce que J’ai fait aux Égyptiens et les merveilles que J’ai opérées contre eux ; vous reconnaîtrez ainsi que Je suis l’Éternel » : les Bné Israël doivent retenir pour toujours que le cœur des rois et des dirigeants est entre les mains de Hachem, et ils s’évertueront à trouver grâce aux yeux de D’.

Chabbath Chalom

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