Le rabbi de Kalov sur la paracha : plaire aux hommes ou à D’ ?

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Paracha Vayichla’h : plaire aux hommes ou à D’ ?

« Éssav dit : « Je veux alors te faire escorter par une partie de mes hommes » (Beréchith 33,15).

La raison principale de la décadence des jeunes gens de notre époque tient à leurs mauvaises fréquentations. Par leur intermédiaire, il est possible d’être en contact avec toutes sortes d’amis par le biais de divers outils technologiques. J’ai malheureusement vu de mes propres yeux de nombreux jeunes gens issus d’éminentes familles tomber dans la décadence.

En conséquence, lorsqu’on voit un jeune homme qui a succombé à la faute par le biais de la fréquentation de personnes peu recommandables, il ne suffit pas de l’inciter à se repentir sur les fautes du passé, mais il faut traiter la racine du problème, et le pousser à se reprendre et à couper le contact avec ces mauvaises fréquentations, comme l’a affirmé rabbi Yossi (Avoth 2,9) : « Voyez quelle est la mauvaise voie dont l’homme doit s’écarter  : celle d’un mauvais ami. »

Il faut expliquer aux enfants que l’homme aspire à trouver grâce aux yeux des mécréants, estimant qu’ils sont en mesure de leur venir en aide, mais en réalité, notre vie dépend du Saint béni soit-Il, Maître de l’univers, et de ce fait, la finalité de l’homme est d’essayer de trouver grâce aux yeux de D’, car en enfreignant la Volonté divine, au final, on sera perdant.

Ya’akov Avinou choisit d’emprunter cette voie, il s’efforça de s’éloigner des gens de la rue, et de fréquenter la maison d’étude, il sut se préserver et mit à profit son intelligence pour étudier la Tora et pratiquer les commandements, à l’encontre de sa famille et de son pays.

En revanche, Éssav était doté d’une âme élevée, comme l’indique l’ouvrage Hékhal Habrakha, du rabbi Yits’hak Eizik de Komarna, au nom du Ari zal : s’il s’était conduit correctement et avait exploité ses forces à bon escient, il aurait été mille fois supérieur à Ya’akov. Mais le Yétser Hara’ s’efforça dès le départ, à le pousser à devenir un homme de chasse, un homme des champs, qui déambule à l’extérieur dans les marchés et les rues, les champs et les vergers ; ainsi, il se lia à des mauvais garçons, des chasseurs, et il déchut au point d’en arriver au meurtre, aux relations interdites et au culte des idoles. Il se servit de son intelligence pour duper son père qui était aveugle, et devint le dirigeant de quatre cents assassins.

Ce qui différenciait les deux frères, essentiellement, était à qui ils cherchaient à plaire. Éssav voulut trouver grâce aux personnes de son entourage, à qui il se lia et finit par imiter leur conduite. En revanche, Ya’akov Avinou s’était assigné pour mission de trouver grâce aux yeux de D’. Un tel homme ne prête pas attention aux moqueries de ceux qui ricanent de sa conduite religieuse, comme c’est le cas des autres, car trouver grâce à leurs yeux n’a pas d’intérêt pour lui.

Remarquons qu’il n’y a aucun intérêt à plaire aux nations du monde, sachant qu’on ne peut attendre d’un non-Juif de faire preuve d’une bonté authentique, sans qu’il n’attende une récompense en retour. Comme l’ont affirmé nos Sages (Baba Bathra 10b) sur le verset (Michlé 14,34) : « La bonté des peuples est un crime » : la bonté prodiguée par les nations du monde vise son propre bien et non celui d’autrui.

Nous découvrons également ce thème dans notre paracha : lorsqu’Éssav embrassa Ya’akov, les deux frères pleurèrent. Les commentateurs s’interrogent : s’ils se sont embrassés, pourquoi ont-ils pleuré ? D’après nos Maîtres, Éssav pleura du fait qu’il devait embrasser Ya’akov, tandis que Ya’akov pleura, sachant que ce baiser lui coûterait cher, car aucun non-Juif n’embrasse un Juif gratuitement.

Dans cette optique, rabbi Yonathan Eibeshitz explique qu’après l’épisode où Dina avait été souillée, les fils de Ya’akov exigèrent de tous les résidents de Chékhem de se circoncire, estimant qu’ils méritaient la mort en raison de leurs méfaits. Ils craignaient, en les tuant, de provoquer un scandale dénonçant l’audace des enfants d’Israël qui usent de violence à l’égard d’un autre peuple. Ils préférèrent prendre les devants en leur demandant de se circoncire : en effet, une fois les habitants de Chékhem devenus juifs, la réaction des nations du monde n’était plus à craindre. En effet, depuis toujours, les non-Juifs n’interviennent pas lorsqu’il s’agit de meurtres perpétrés contre des Juifs.

Nous avons observé ce phénomène à toutes les époques, en particulier pendant la Shoah : en général, les nations du monde n’ont pas déployé d’efforts pour sauver les Juifs en détresse, même s’il s’agissait de Juifs qui faisaient toujours des efforts pour les contenter.

Ainsi, Éssav voulut faire succomber Ya’akov en espérant qu’en se rapprochant de lui, il serait inspiré par ses méfaits. D’où sa demande : « Partons et marchons ensemble ». Mais Ya’akov Avinou lui répondit qu’il voulait avancer seul : « selon le pas de la suite qui m’accompagne et selon le pas des enfants » : en raison des obligations religieuses auxquelles je suis tenu, et pour mes enfants, pour qui notre fréquentation est dangereuse.

Mais Éssav insista : « Je veux alors te faire escorter par une partie de mes hommes » : au minimum, je laisserai auprès de toi un groupe de mes hommes, qui enseignera à la jeune génération la culture des peuples, afin qu’ils puissent s’intégrer à cette culture et trouver grâce à leurs yeux. Ce à quoi, Ya’akov Avinou rétorqua : « Je voudrais trouver grâce aux yeux de mon D’ » : pourquoi devrais-je trouver grâce aux yeux d’hommes de ton espèce ? Cela ne m’apportera aucun bénéfice.

Ya’akov adressa ces propos à voix haute à son frère Éssav, devant les membres de sa famille, afin que ses enfants apprennent à s’éloigner des mécréants, et ne cherchent pas à plaire aux hommes impuissants à secourir, mais uniquement à D’, Créateur de l’univers. Lorsqu’on enracine cette idée chez les enfants dès la petite enfance, ils ne cherchent pas à se lier à des personnes douteuses, mais uniquement à de bons amis qui les aideront à mener leur mission à bien dans ce monde-ci et à accomplir la volonté du Créateur, méritant ainsi une vie de joie, de sérénité et de bienfaits.

Chabbath Chalom !

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