Le rabbi de Kalov sur par. Kedochim : renforçons notre Émouna par le respect du Chabbath

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« Observez Mes Chabbat, Je suis l’Éternel, votre D’ » (Vayikra 19,3).

On demanda un jour à un Ba’al Techouva ce qui l’avait conduit à faire Techouva, et il répondit que le Chabbath avait déclenché ce processus.

Voici son récit : « Chaque Chabbath était pour moi un enfer. Lorsque je revenais le vendredi soir du travail, je plongeai directement dans mon lit jusque tard dans la soirée, puis mes amis venaient me rendre visite, et avant même de voir mes enfants, je jouai chez moi avec mes amis jusqu’au matin, et ma maison se transforma en taverne. Le lendemain matin, sans rien manger, je me couchai à nouveau pour plusieurs heures de sommeil. Je me levai ensuite, et sans voir les enfants, je quittai à nouveau le domicile pour assister à un match de football, qui tournait souvent à la rixe. À la fin du match, une fois rentré chez moi, les enfants étaient déjà au lit, et mon épouse était furieuse d’avoir passé le Chabbath toute seule. De mon côté, j’étais fatigué et allai dormir. Le lendemain, je retournai au travail avec un goût amer dans la bouche.

« Un Chabbath, je regardai par la fenêtre et aperçus mon voisin religieux revenir de la synagogue un vendredi soir, après la prière d’Arvith, accompagné de ses enfants, tout joyeux, marchant en direction de leur maison et revêtus de leurs habits de Chabbath, la Présence divine reposant sur eux. Le père ressemblait à un jeune marié et ses enfants, à des garçons d’honneur, avançant ensemble vers la maison. À la maison, son épouse, parée d’un couvre-chef, était comme une jeune mariée apprêtée, sur le point d’accueillir son mari. Les bougies brûlaient, la table était mise. Une atmosphère de sérénité et de calme règnait.

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« Je vois toute cette scène depuis ma fenêtre et mon cœur se serra en pensant à la différence entre mon Chabbath et celui de mon voisin. Mais que puis-je faire, me dis-je, j’ai été habitué à vivre de cette façon, et je suis sûr que mon épouse s’y est habituée et n’est pas prête à changer de formule. Mais cette scène provoqua une profonde réaction en moi et j’osai aborder avec ma femme en évoquant des changements à introduire dans notre mode de vie. Lorsque mon épouse m’entendit exposer mon idée, elle se réjouit beaucoup, accueillant volontiers ce changement, compte tenu des Chabbatoth moroses qu’elle passait jusque-là. Nous commençâmes ainsi à respecter le Chabbath.

« Depuis que nous avons commencé à respecter le Chabbath, notre croyance dans le Créateur de l’univers et dans Sa Tora s’est renforcée, et nous nous sommes rapprochés de Lui en accomplissant toutes les Mitsvoth et avons effectué une véritable Techouva. »

Ce récit, qui n’est qu’un exemple parmi d’innombrables autres, est une illustration du principe mentionné dans les ouvrages saints : par le respect du Chabbath, l’homme développe sa foi et devient enclin à respecter les autres Mitsvoth.

Nous avons observé ce phénomène chez de nombreux Tsadikim au fil du temps : lorsqu’ils souhaitaient rapprocher des Juifs éloignés de Hachem, s’il s’agissait de Juifs non-respectueux du Chabbath, ils tentaient en premier lieu de les inciter à respecter le Chabbath.

Lorsqu’un homme respecte le Chabbath conformément à la Halakha, il a au moins une fois par semaine un jour de repos et de sainteté, au cours duquel il ne travaille pas et est déconnecté de ses affaires, de ses appareils technologiques et du monde profane. Il dispose de temps libre au cours duquel il peut marquer une pause et procéder à une introspection, réfléchir à l’idée que ce monde est dirigé par un Créateur qui a créé le monde en six jours, et qui pourvoit à tous les besoins de l’homme. Le Juif est tenu de Le louer et de Le remercier pour chaque respiration, d’accomplir Sa volonté par la pratique des commandements divins, finalité de la Création.

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C’est l’une des raisons d’être majeures de la Mitsva du Chabbath, comme nous le disons dans la prière du Chabbath : Zékher lema’assé Beréchith (en souvenir de l’acte de Création). Le Séfer Ha’hinoukh explique (Mitsva 32) que la racine de ce précepte est de nous libérer de nos occupations en l’honneur du jour du Chabbath, afin d’instiller dans notre esprit la Emouna dans le concept de la création de l’univers, concept qui affecte de nombreux principes fondamentaux du judaïsme.

La Mitsva de respect du Chabbath possède également une faculté à renforcer la Emouna, car par le biais de la sainteté de cette Mitsva, les doutes éprouvés par l’homme sur la Emouna, introduits par le Yétser Hara’, sont éliminés. Les Juifs qui commencent à respecter le Chabbath, ne sont plus troublés par ces doutes, même s’ils n’ont pas trouvé toutes les réponses à leurs questions.

Nos Sages (Chabbath 118b) affirment que tout Juif qui respecte les Mitsvoth selon la Halakha, même s’il livrait un culte aux idoles comme à la génération d’Enoch, est pardonné, car le Chabbath a le pouvoir de le purifier totalement de toutes ses pensées idolâtres et hérétiques.

Cette faculté qui affecte toutes les Mitsvoth de Chabbath se retrouve également pour les repas de Chabbath consommés en l’honneur du saint jour. C’est pourquoi le Zohar (Yitro 88b) désigne ces repas ainsi : «Se’oudata deméhimnouta» (Se’oudath haémouna, un repas d’Emouna), car le terme de Se’ouda vient de Sa’ad (secourir) : en effet, les repas du Chabbath renforcent la Emouna présente dans le cœur de chaque Juif.

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Ce principe est particulièrement valable lorsque les repas du Chabbath sont agrémentés de Divré Tora et d’Emouna, ainsi que de cantiques pour louer Hachem. Cette manière d’agir ancre un sentiment puissant d’Emouna dans le cœur de l’homme, qui reste présent toute la semaine.

Mon vénérable ancêtre, rabbi Its’hak Eizik de Kamarna, expliquait que la guerre de Gog et Magog, précédant la venue du Machia’h, sera une guerre spirituelle, au cours de laquelle le peuple juif devra livrer un combat afin d’échapper à l’hérésie qui augmentera dans le monde. À ce sujet, nos Maîtres ont dit (Chabbath 118a) : « Toute personne qui prend trois repas du Chabbath échappera à la guerre de Gog et Magog. » Par le mérite de la sainteté des repas du Chabbath, on échappera à l’hérésie, et on conservera une foi intacte toute notre vie.

Nous en trouvons une allusion dans le verset de notre Paracha : « Observez Mes Chabbatoth » : respectez le Chabbath selon la Halakha, et ainsi, vous parviendrez à l’idée que : « Je suis l’Éternel, votre D’ » : par le mérite du respect du Chabbath, notre Émouna se renforce.

Chabbath Chalom !

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