L’éléphant du Liban

L’éléphant du Liban

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Illustration : du nitrate d’ammonium 

Par Michèle Mazel

La catastrophe qui vient de s’abattre sur Beyrouth vient frapper un pays exsangue, à bout de ressources et de devises et incapable de juguler la pandémie. Voilà des semaines que les médias du monde entier analysaient la situation ; la plupart se livraient aux pronostics les plus sombres sur l’avenir du pays du Cèdre et de sa métropole, jadis ville phare du Moyen Orient.

Aujourd’hui dans son éditorial Le Monde se montre pessimiste et évoque « la faillite de structures politiques censées permettre la reconstruction du Liban déjà dévasté par la guerre civile des années 1975-1990. La fin de l’interminable conflit n’a pas interrompu la descente aux enfers d’un pays autrefois qualifié de « Suisse du Proche-Orient » en raison de ses merveilles touristiques et de la sécurité de ses banques. »

Et l’éléphant, direz-vous ?  Vous connaissez tous l’expression « l’ éléphant dans la pièce », ce problème que tout le monde connait mais dont personne ne veut parler. Au Liban, il s’appelle Hezbollah. Un mouvement qualifié de terroriste par la plupart des pays occidentaux – mais pas par la France.

Créé, financé et armé  par l’Iran, le Hezbollah ne se préoccupe pas du Liban et de ses habitants. Véritable Etat dans un Etat dont il a infiltré pratiquement tous les rouages, il est là pour exécuter la volonté de son patron et de détruire Israël, cet Etat juif que les Ayatollahs exècrent.

Son dirigeant Nasrallah le proclame sans relâche. Et pour atteindre ce but, le Hezbollah met le pays en coupe réglée. La manne iranienne ne suffit pas pour entretenir les milices, fabriquer des missiles de plus en plus sophistiqués pour frapper le voisin haï. Et de cela découle un autre problème que tout le monde connait, mais dont personne en veut parler : les guerres menées contre le voisin, les attentats, les attaques suivies de représailles – et leur cortège de destructions. Elles sont pourtant, elles aussi, passées sous silence dans l’éditorial du Monde. Pour mémoire, rappelons qu’il n’existe pas de contentieux territorial entre Israël et le Liban.

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Venons-en maintenant à la série d’explosions qui a dévasté le port de Beyrouth et une partie de la ville. La déflagration aurait été causée par l’explosion d’un stock de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposé dans ce port. Selon l’expression consacrée, on se perd en conjectures sur les raisons pour lesquelles ces engrais au potentiel explosif se trouvait dans une zone densément peuplée et pourquoi les précautions d’usage n’avaient pas été respectées. Bien sûr les Israéliens, citant des sources diplomatiques bien informées, affirment que le Hezbollah a entrepris depuis 2009 d’importer du nitrate d’ammoniaque par l’entremise du ministère de l’agriculture, où il a mis ses hommes en place.

Nasrallah connait bien le potentiel dévastateur de cet « engrais » : le 9 juin 2019 The Daily Telegraph rapportait que des groupes liés au Hezbollah avait stocké des milliers de sachets de glace remplis de nitrate d’ammonium dans la banlieue de Londres. Le leader terroriste a menacé à plusieurs reprises d’envoyer ses fusées frapper les énormes installations de stockage d’ammoniac de Haïfa en Israël, se vantant de pouvoir déclencher un sinistre semblable à une explosion nucléaire. De fait Israël a pris la menace très au sérieux et l’opération de vidage des réservoirs touche à sa fin.

Tous ces détails ne semblent guère intéresser les médias occidentaux. Toutefois, et c’est nouveau, l’explosion semble avoir libéré la parole des Libanais qui, eux, mettent ouvertement en cause le Hezbollah…

©Michèle Mazel

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