Macron est l’incarnation de l’impuissance politique et du déclin de la France

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Analyse par Jean-Marc Lévy, Vice-Président d’Israël Is Forever Alsace

Macron a célébré là le dernier 14 juillet de son quinquennat. Et il n’est pas inutile à cette occasion et à neuf mois de l’élection présidentielle, de dresser un bilan du mandat présidentiel qui va s’achever. Pour être le plus honnête et le plus objectif possible, il convient d’emblée de rappeler qu’Emmanuel Macron hérite, en 2017, d’une France avec de grandes fractures et de grandes difficultés, problèmes qu’il n’a pas créés puisqu’ils accompagnent la France depuis parfois quarante ans, mais qu’il aura largement contribué à accroitre. Il faudra également faire un effort d’imagination extraordinaire pour trouver un point positif dans un bilan qui est catastrophique à tous égards, mais qui s’explique à la fois par l’idéologie, la méthode et la personnalité du Président et de ceux qui l’entourent. Bien avant le terme de son mandat, le président de la République en qui les Français avaient placé beaucoup d’attentes et d’espoirs les aura non seulement fortement déçus, mais il aura néanmoins permis de trancher aussi un débat philosophique vieux de trente ans et sur lequel le doute n’est aujourd’hui plus permis : révélé par la pandémie, le déclin de la France est indiscutable et Emmanuel Macron, par son idéologie, son action, son impuissance politique et l’oligarchie dont il s’est entouré apparait comme son incarnation la plus emblématique. Et encore plus depuis la gifle !

Examinons d’abord l’itinéraire d’Emmanuel Macron. Issu du Parti Socialiste – au départ plutôt de tendance chevènementiste – il rejoint rapidement François Hollande bien avant l’affaire du Sofitel qui empêchera Dominique Strauss-Kahn d’être le candidat du parti. A partir de 2012, il devient successivement secrétaire général adjoint de l’Elysée, puis Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique du gouvernement Valls II et est forcé à la démission le 30 août 2016. En effet, contrevenant à la solidarité gouvernementale réclamée par le Président Hollande, Emmanuel Macron mène dès 2015 une stratégie personnelle et présidentielle par la création d’un mouvement politique : En Marche, en vue de la conquête de l’Elysée. Pris à son propre piège de soumission de sa candidature à des primaires du parti socialiste qui risquent de devenir un règlement de comptes, le Président Hollande, affaibli par un bilan calamiteux, ne peut se présenter à sa propre succession, fait sans précédent sous la Vè République. Sur la base d’une analyse pertinente de désagrégation du parti socialiste tenté idéologiquement et électoralement par l’islamo-gauchisme, d’une droite très affaiblie par ses dissensions internes (Juppé-Fillon-Sarkozy), par les « casseroles » du candidat Fillon et par le coup d’Etat politico-médiatico-judiciaire des juges dont il profite directement, le candidat Macron aura réussi à faire campagne au centre et à réaliser l’alliance louis-philipparde des bourgeoisies de gauche et de droite, qui se confondent avec les élites urbaines, multiculturalistes et mondialisées. La stratégie fonctionne d’autant mieux que des ralliements – en fait plutôt des trahisons – se font jour de part et d’autre d’Emmanuel Macron, à sa gauche et à sa droite. Toute la droite molle incarnée par Alain Juppé s’avère Macron-compatible et s’agrège au mouvement En Marche et la gauche républicaine non islamo-gauchiste, qui abandonne avec enthousiasme l’étiquette socialiste, rejoint Emmanuel Macron. Les offres de service, les changements opportunistes d’étiquettes reçoivent un accueil favorable de la macronie, à l’exception notable de Manuel Valls, seul capable d’inquiéter Emmanuel Macron à gauche. La déroute des partis traditionnels, la campagne au centre, les ralliements, la jeunesse et le discours apparemment novateur du candidat séduisent les électeurs qui se prononcent au premier tour à 24% pour Emmanuel Macron, sanctionnent – avec l’aide de l’alliance médiatico-judiciaire – le candidat Fillion (20%) qui ne sera pas au second tour, tandis que 40% choisissent les extrêmes et près d’un électeur sur quatre l’abstention. Opposé à la candidate du Rassemblement National dont l’ignorance sur les dossiers économiques apparait manifestement lors du débat de l’entre-deux-tours, Emmanuel Macron réalise le second tour dont rêvait François Hollande et qu’il avait en partie construit : le faux plébiscite face au fascisme d’extrême-droite. Toute la campagne de second tour d’Emmanuel Macron est d’ailleurs focalisée sur le combat contre le fascisme et instrumentalisée de manière éhontée par le candidat qui – pour les Français qui n’avaient pas compris le message – va coup sur coup, durant l’entre-deux-tours, à Oradour sur Glane et au Mémorial de la Shoah. Elu sans surprise par deux tiers des Français – on est loin des 82% de Jacques Chirac en 2002 – Emmanuel Macron entame son mandat sur une ligne de centre-gauche, avec une volonté réformatrice clairement affichée, semblant incarner la fonction. Il ne sait pas alors – et les Français non plus – que tout son quinquennat sera son chemin de Damas.

Dès sa prise de fonction, Emmanuel Macron, qui est une sorte de Juppé jeune, s’entoure de ralliés de gauche et de droite, et choisit comme premier Ministre une personnalité de la droite juppéiste : Edouard Philippe. L’élection présidentielle et l’élection législative qui ne sont plus découplées comme par le passé, mais concomitantes (c’est désormais une sorte de troisième tour) rend désormais pratiquement impossible une cohabitation entre un Président et un Premier Ministre de sensibilités politiques différentes. Quoi qu’on pense de la cohabitation, ce qui était prévu par la Constitution de la Vè République et qui avait été une volonté exprimée par le suffrage universel en 1986, 1993 et 1997 a été court-circuitée par la réforme constitutionnelle (Chirac-Jospin) de 2000 – le quinquennat et les législatives dans la foulée – et a permis la constitution de la macronie à partir de l’alliance de traitres de gauche et de droite. A commencer par les Premiers Ministres Edouard Philippe, clone d’Alain Juppé, et Jean Castex, sorte de Monsieur Jourdain de la politique, les deux étant totalement solubles dans l’idéologie macronienne. La grande victoire de la République en Marche aux législatives donne un coup de balai, permet l’émergence et l’accession en masse de la haute administration à des fonctions politiques, et envoie à l’Assemblée Nationale des nouveaux députés plus jeunes, sans ancrage local et totalement inexpérimentés. Pendant tout le quinquennat, ces députés LREM (La République en Marche) ne seront que les godillots du Président de la République, plus occupés à assurer le SAV d’Emmanuel Macron en faisant la tournée des plateaux télé et le buzz sur les réseaux sociaux que leur travail parlementaire. Les récalcitrants ou les frondeurs sont purement et simplement exclus de LREM. Dans tous les cas, ce sont pour la plupart de parfaits inconnus dont les Français ne retiennent même pas le nom, comme la grande majorité des ministres. Et ce qui caractérise en premier lieu l’équipe gouvernementale est justement que ce n’est pas une équipe : aucun des Premiers Ministres d’Emmanuel Macron – l’actuel est inexistant – n’arrive ne-serait-ce qu’à manager des ministres qui jouent chacun leur partition individualiste hors de toute dynamique, de toute cohérence et de toute solidarité collectives. Mais il est vrai qu’une basse-cour de coqs prétentieux, morveux ou arrogants et de dindes autoritaires ou moralisatrices n’a jamais fait un gouvernement !

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Le passif du bilan d’Emmanuel Macron et le délitement de la France sur lequel s’accordent 70 % de Français s’expliquent aussi parfaitement par la méthode et l’idéologie employée durant ce quinquennat. Le changement de paradigme, déjà initié sous le quinquennat de François Hollande, est poursuivi par Emmanuel Macron, l’Etat n’étant plus chargé de faire prévaloir l’intérêt général – ce devrait être pourtant la finalité même de l’action politique – mais de donner satisfaction à la tyrannie des minorités agissantes (mariage pour tous, PMA/GPA, repentance, cancel culture,…) et de contraindre une majorité trop silencieuse et trop docile à accepter la rééducation idéologique et des réformes de niche. La conception de l’Etat et du gouvernement mise en œuvre par Emmanuel Macron et ses ministres – qui ne sont in fine que des militants –, profondément individualiste et antirépublicaine, doit réellement amener à nous interroger sur la philosophie politique qui guide la macronie lorsque légiférer n’est plus qu’un moyen de restriction des libertés individuelles d’une majorité ou qu’un instrument destiné à corriger des discriminations réelles ou supposées de minorités à qui on concède tout. Il y a un autre problème de méthode puisque toute la macronie n’a cessé, durant ce quinquennat, de délégitimer la voix du peuple, soit dans la manière dont est traitée l’opposition parlementaire (manque de concertation, amendements systématiquement rejetés, mépris des ministres injurieux avec les députés) soit en court-circuitant le suffrage du peuple par le déni de leur déroute électorale – on se souvient du numéro moralisateur et donneur de leçons à toute la classe politique et aux Français asséné par Marlène Schiappa et Gabriel Attal, forts de leurs 2% aux régionales, sur les plateaux de télévision – ou encore en substituant à la volonté du peuple des panels de pseudo-experts réunis lors de prétendues conventions citoyennes qui n’ont aucune légitimité démocratique et qui sont des tartufferies avec des militants parfois très radicalisés soigneusement sélectionnés, des questions triées et choisies et des réponses préparées à l’avance. Ainsi, le « grand débat national » de remontée des doléances citoyennes suite au mouvement des gilets jaunes – qui, il ne faut jamais l’oublier, avant d’être récupéré par l’extrême-gauche et la macronie, était un mouvement de revendication sociale de droite contre une taxe écologique sur les carburants, pénalisant d’abord la France périphérique et populaire – a été phagocyté par la présence d’Emmanuel Macron en personne, empêchant les gens de s’exprimer vraiment librement. De même, la pseudo-convention citoyenne sur le climat a accouché de mesures si radicales – le crime d’écocide par exemple – qu’Emmanuel Macron, contrairement à ses engagements, a été obligé d’annuler certaines mesures préconisées et de transformer le crime d’écocide en délit d’écocide. Comme quoi, on trouve toujours plus radical que soi ! De manière parfaitement antidémocratique et antirépublicaine, Emmanuel Macron a ainsi installé un stalinisme à l’apparence républicaine : la gouvernance entend se passer dorénavant du peuple, faire sans lui – en niant sa représentativité et les résultats des scrutins (l’opposition à la macronie est forcément de nature fasciste) – et, si possible, œuvrer contre lui, par la coercition, la promotion du principe minoritaire ou de la volonté oligarchique et du vous-n’en-voulez-pas, vous-l’aurez-quand-même !

Cette méthode employée par Emmanuel Macron s’appuie sur une idéologie qui lui a permis de gagner les élections présidentielles, mais qui ne fonctionne plus depuis longtemps. Son pilier fondamental : le et-en-même-temps, censé ménager la chèvre et le chou, prendre en compte tous les aspects d’une problématique jusqu’à tenter de concilier les contraires aboutit toujours à des demi-mesures ou est devenu une manière de souffler le chaud et le froid, et de ne plus décider. Permettant tous les revirements et la récupération tous azimuts, le et-en-même-temps est devenu depuis longtemps un tout-et-n’importe-quoi ! La pandémie COVID aura été le chemin de Damas d’Emmanuel Macron, la réalité des faits l’obligeant à adopter – au moins en apparence – des thèses qu’il avait jusque-là décriées : les idées de souveraineté, d’Etat régalien fort, de frontières, de patriotisme économique, de protectionnisme, de réindustrialisation, de production locale et de relocalisation sont à nouveau pertinentes et viennent contredire avec force la mondialisation ultralibérale heureuse qu’il nous vantait au début de son quinquennat.

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De plus, il y a, chez le Président et la génération Macron, un vrai problème de rapport aux libertés individuelles. Il y a en effet d’une part la contestation de la légitimité de ceux qui s’opposent aux choix politiques de l’exécutif et de la majorité présidentielle, la volonté de rééduquer et de contraindre les récalcitrants et les « mal-pensants » et d’autre part l’acharnement à vouloir tout contrôler chez les individus, à commencer par l’information, puisque c’est désormais le gouvernement des juges qui a pouvoir de contrôler la liberté de penser et la liberté d’expression (loi sur les fake news). Il ne faut jamais cesser de le répéter : jamais, depuis le régime de Vichy, les libertés individuelles n’ont été à ce point malmenées et réduites ! Les restrictions imposées par une tyrannie sanitaire qui ne dit pas son nom sont attentatoires aux libertés individuelles : au nom d’une pandémie dont la mortalité est de 0,5%, la gouvernance par la peur a imposé le confinement (en raison de la pénurie de masques et de tests) dont les conséquences en terme de santé mentale et de santé publique (obésité des jeunes) sont très graves, puis le port du masque obligatoire dans l’espace public ; elle a également fermé les lieux de culture ou de convivialité, encouragé les appels à la délation, puis programmé la mort sociale de ceux qui refusent de se vacciner. Il s’y ajoutera dans les prochains jours la restriction des commerces, des restaurants et des lieux de convivialité, des cinémas, des théâtres et des lieux de culture aux personnes non vaccinées, les responsables de ces lieux ayant charge dorénavant d’assurer les missions de basse milice de contrôle des passe-sanitaires devenus de nouveaux Ausweis ! Il est vrai que le macronisme est aussi un totalitarisme !

Il y a aussi dans l’idéologie d’Emmanuel Macron un tropisme évident d’extrême-gauche, qui se manifeste par exemple dans la stratégie du pourrissement adoptée dans cette France orange mécanique, cette France où l’on peut égorger professeur, policier ou simple citoyen, où il y a 120 rixes au couteau par jour, où les violences, les meurtres gratuits et la barbarie se multiplient, où la police est entravée dans ses missions par un exécutif pétochard et une justice laxiste, parce que politisée, qui est plus forte pour juger et emprisonner le gifleur du Président que pour mettre hors d’état de nuire les centaines de multirécidivistes (et fichés S), qu’on dit ne pas pouvoir incarcérer, et qui se promènent en toute liberté pour notre plus grande insécurité. Une justice mur-des-cons qui prétend lutter contre l’antisémitisme, mais qui est incapable de juger l’assassin de Sarah Halimi. Il est vrai que le macronisme est aussi un anarchisme et un nihilisme !

Au lieu de résoudre vraiment les problèmes des Français, Emmanuel Macron en homme de gauche poursuit une obsession chronique : la réécriture de l’Histoire. Prétendument attaché à la culture – c’est en tous en cas l’image fabriquée que véhiculent les trois volumes de la Pléiade, jamais ouverts, du portrait officiel du Président à sa table de travail – c’est pourtant le même Emmanuel Macron qui affirmera qu’il n’y a pas de culture française, alors même que la France est, par essence, un pays de culture littéraire et historique, et qui osera affirmer en pleine pandémie que la culture n’est pas essentielle aux Français. Soumis à l’idéologie de la repentance et de la culpabilité perpétuelles imposées par la bien-pensance et les minorités communautaristes, indigénistes et racialistes, Emmanuel Macron s’obstine à vouloir déconstruire l’Histoire de France et à réécrire une histoire manichéenne en noir et blanc où la France est forcément du côté sombre. Il s’agit évidemment d’une Histoire falsifiée examinée par le prisme des droits de l’homme dévoyés, par exemple celle des résolutions révisionnistes de l’UNESCO et de l’ONU niant le caractère juif de Jérusalem et de la Terre Sainte, ou sa vision de l’Histoire qui a justifié de rendre hommage au Pétain de la Grande Guerre ou celle encore qui célèbre la discrimination des Juifs dans le monde arabo-musulman puisque, d’après lui, « malgré leur statut de dhimmi les Juifs ont rayonné ». L’histoire de la France en Algérie dont il s’apprête à officialiser la réécriture pour la commémoration des soixante ans de la signature des accords d’Evian correspond intégralement à la vision du FLN et des dirigeants algériens. Expurgée des atrocités commises par l’ALN et le FLN, l’histoire de la présence française en Algérie est une histoire à charge pour la France et à décharge pour l’Algérie puisque les aspects positifs de la colonisation – la France a tout construit dans ce pays – sont qualifiés par le Président de « crime contre l’humanité », alors qu’il passe soigneusement sous silence, à la plus grande satisfaction des dirigeants algériens, l’épuration ethnique et religieuse des 140000 Juifs d’Algérie, spoliés et forcés à un exil sans retour. Le macronisme est aussi un révisionnisme !

Il y a enfin, chez Emmanuel Macron, un tropisme ultralibéral et totalitaire à la marchandisation du corps humain et à vouloir à tout prix surpasser la biologie et la nature. La loi concernant l’extension de la PMA et la GPA, improprement appelée « loi de bioéthique » – il n’y a en effet plus aucune éthique – permettra la procréation médicalement assistée d’embryons sans père (c’est-à-dire une pure construction sociale sans filiation paternelle), la création d’embryons transgéniques (embryons humains génétiquement modifiés), la création de chimères (embryons animal-homme) ; chimères qui, pour le moment, ne pourront être implantées chez une femme, mais comme l’encadrement légal, en la matière, est élargi à chaque révision de la loi de « bioéthique », on connaît déjà la suite. L’interruption volontaire de grossesse avait déjà été dénaturée par la macronie, un amendement voté en douce durant l’été 2020 ajoutant la «détresse psychosociale» aux motifs autorisant jusqu’au 9ème mois une interruption médicale de grossesse (IMG). Le macronisme est hélas aussi un eugénisme !

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Dans la campagne présidentielle qui démarre et dans une France sans contrepouvoirs – ils sont devenus en effet le pouvoir – la médiocrité du bilan d’Emmanuel Macron va devoir se confronter dans les prochains mois à la déception si ce n’est à la haine des Français et de leurs attentes légitimes fortement déçues. N’ayant incarné la fonction présidentielle dans sa dimension gaullienne qu’à peine quelques mois, il aura, plus que ses prédécesseurs, dégradé l’image présidentielle : la pose ambigüe d’Emmanuel Macron avec deux Antillais en sueur, dont l’un fait un doigt d’honneur perdurera ! Tout comme son aversion pour le peuple dont il n’a jamais gagné la confiance – la confiance çà se mérite ! – et qu’il a préféré contraindre. Trois chiffres peuvent illustrer les réussites d’Emmanuel Macron et de son idéologie : plus de 110000 morts dus au COVID, 32 millions d’électeurs (66%) qui s’abstiennent aux élections régionales de 2021 et une représentativité de 2% du parti présidentiel à 9 mois des élections de 2022. La violence psychologique d’une idéologie totalitaire, anarchiste, nihiliste, révisionniste et eugéniste a aussi contribué au délitement de la France et à ce que la République en Marche devienne la République en chute libre ! Outre les questions de sécurité, d’identité et de justice qui seront au cœur de la prochaine campagne présidentielle, la désintégration de l’Etat trouve aussi son explication dans l’inaction du Président, déléguant en vain ses prérogatives à l’Union Européenne et procrastinant, puisqu’il se voit comme un procurateur de Bruxelles. Philippe Seguin, opposé aux transferts de souveraineté qu’impliquait le traité de Maastricht, avait prévenu les Français il y a trente ans : « la droite et la gauche seront des détaillants qui se fourniront chez le même grossiste : l’Europe ! »

Alors face à un bilan catastrophique mais factuel et pour essayer de cerner Emmanuel Macron, hasardons, pour terminer, une ou deux hypothèses. Né en 1977, Emmanuel Macron est un de ces enfants-tyrans élevés dans l’idéologie post-soixante huitarde (il est interdit d’interdire) à qui on a tout concédé et qui n’ont jamais connu la frustration du refus. Il en résulte aujourd’hui une génération de quadras profondément individualistes, ultralibéralistes et saint-simoniens qui ont une vision totalitaire du monde et de l’action politique, dans le déni de leurs faiblesses, de leurs imperfections et de leur incomplétude, toujours très satisfaits d’eux-mêmes et ne supportant pas la contestation, préférant la coercition à la conviction. Seconde génération née après la guerre, première génération à subir la baisse du niveau scolaire, ils ne sont plus dans la conscience des générations précédentes pour qui la liberté était la valeur suprême, parfois payée au prix du sang. La Seconde Guerre Mondiale est très loin pour eux ; la guerre froide et la chape de plomb du communisme sur les Républiques de l’Est, tout au plus en ont-ils entendu parler… Et pourtant, c’est précisément leur passé récent sous domination soviétique qui explique certaines des prises de position de la Pologne et de la Hongrie contre la Commission Européenne. Acculturée, mais très idéologisée, cette génération au pouvoir révèle ses carences dans l’action. Alors que l’art de gouverner consiste à anticiper et à prévoir, les deux dernières années du quinquennat d’Emmanuel Macron ont mis en lumière les carences graves de la France, alors que l’exécutif et le législatif macroniens, bons à rien et mauvais en tout, n’ont fait que gérer les pénuries : pénurie de masques, pénurie de tests, pénuries de vaccins et pénurie de lits d’hôpitaux. Humiliation nationale, la France d’Emmanuel Macron est le seul pays du Conseil de sécurité à ne pas avoir de vaccin en 2021 ! L’impossibilité de monter en puissance dans la vaccination accrédite aussi l’idée qu’on ne sortira pas du COVID sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. Enfin le prêchi-prêcha de ce clergé de la nouvelle religion des droits de l’homme aura abouti à une politique étrangère de la France où on se retrouve fâché avec tout le monde ! Après quarante ans de déconstruction obligée, d’autorité bafouée, de valeurs françaises et occidentales piétinées, de territoires abandonnés, de promesses envolées, de justice idéologisée, de police attaquée, après quatre ans d’exercice du pouvoir, la gifle au président est un peu comme une décoration pour services (mal) rendus, et vient rappeler sur fond d’école dévastée, d’éducation sacrifiée, d’instruction saccagée, de culture pulvérisée et d’histoire revisitée qu’Emmanuel Macron n’incarne rien. Son indifférence, son manque d’affect vis-à-vis des Français, son intolérance à la contradiction qui le frustre, son absence d’humilité voire de culpabilité et sa tendance à se défausser de ses responsabilités dessinent les traits de caractère d’un psychopathe. Alors qu’il se voyait tantôt comme Napoléon tantôt comme un Jupiter olympien omnipotent (outre la foudre, le divin est la création par la parole), Emmanuel Macron qui aura complètement échoué, aura plutôt fait figure d’Albert Lebrun dans la grande débâcle de 1940, celui dont le Général de Gaulle a dit à la Libération : « au fond comme chef de l’Etat, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un Etat ». A moins que, sur fond de France orange mécanique, son numéro de saltimbanque avec deux youtubeurs venus faire des galipettes sur la pelouse de l’Elysée, le laisse apparaître plutôt comme un Néron narcissique…

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