Mussa et ‘Hanin se sont mariés religieusement…

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Nouvelles de Yad leA’him

Mussa et ‘Hanin sont nés dans deux familles différentes mais de la même sorte : ils sont tous les deux enfants de mères juives et de pères arabes. Après une longue épopée, en présence de quelques partenaires discrets qui ont assisté au mariage restreint qui a eu lieu la semaine dernière dans une localité de Samarie, sans que les particpants ne connaissaient la véritable histoire des mariés, répondant dorénavant aux noms de Moché et de ‘Hanna. Ils pensaient faire plaisir un couple d’orphelins dont le mariage avait été interrompu à cause du corona, et ont volontiers accepté de venir les rendre heureux le jour de leur bonheur.

L’histoire des mariés a commencé voici fort lontemps. Non seulement sur le plan du temps, mais aussi loin sur le plan géographique, et sur celui de leur identité réelle. Tous les deux ont grandi en tant que musulmans dans des villages arabes, en tant que fils de mères juives et de pères musulmans.

Le marié est né dans une ville arabe de Samarie sous le nom de Mussa, le frère aîné de cinq enfants nés après lui. Lorsque sa mère Etty est parvenue à fuir dans une opération complexe avec ses enfants, grâce à l’organisme Yad leA’him, Mussa a préféré rester. Lorsqu’il a appris qu’elle voulait fuir avec ses enfants, du fait des violences graves qu’elle avait subies, Mussa s’est mis en colère contre sa mère. «Je ne vais pas être juif» déclara-t-il. Mussa était également plein de reproches contre sa mère et a déclaré à son égard: «Soit vous restez soumise comme n’importe quelle femme de la ville, soit vous partez d’ici seule. Nous restons ici, en tant que musulmans ».

Quand Etty s’est rendu compte que de sa détermination, elle a décidé de le laisser dans le village. Sur les conseils de Yad leA’him, et le cœur lourd, elle a décidé de partir avec les cinq autres enfants et de ne pas partager avec Mussa le secret de l’évasion. La grande peur qui planait dans l’air était qu’il essaierait de torpiller le sauvetage et de mettre en danger la vie de sa mère, de son frère et des membres du service de sécurité de Yad leA’him qui ont travaillé dur pour que le sauvetage complexe soit opérationnel.

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Quand Mussa est revenu avec son père à la fin de leur travail commun et ont trouvé une maison vide, quand ils ont réalisé qu’Etty s’était échappée avec le reste des enfants, ils sont rentrés dans une colère énorme. Bien que le numéro de téléphone de sa mère ait été changé immédiatement, Mussa n’a pas arrêté d’appeler et d’envoyer des messages écrits et vocaux à son ancien numéro de téléphone portable, tout en combinant menaces et malédictions dans ses paroles.

Ce n’était pas une période facile pour Etty dans la cachette où elle vivait par peur de sa vie, mais la nouvelle page qu’elle a ouverte dans sa vie libre, loin de la vie de souffrance en captivité dans le village arabe, l’a incitée à avancer malgré tout. Les familles accompagnant la communauté du sud du pays, qui l’ont soutenue et accompagnée tout au long de son parcours, ont également instillé en son coeur l’espoir que l’avenir serait plus rose.

Les prières d’Etty ne sont pas revenues les mains vides et après un an et demi, Mussa a annoncé qu’il était intéressé à la rejoindre. La glace ne s’est pas brisée en un jour. C’était le résultat de tout un travail effectué par Yad leA’him. Ils ont laissé son jeune frère prendre contact avec lui, avec précaution, et quand il lui a raconté à quel point ils étaient heureux à présent et à quel point leur nouvelle vie était merveilleuse, les choses ont lentement fait leur chemin et ont pénétré son cœur.

Les membres du service de sécurité de Yad leA’him, qui accompagnaient l’affaire compliquée à chaque instant, ont examiné le sérieux de ses intentions, et après qu’il ait été prouvé sans aucun doute que ses intentions étaient souhaitables et qu’il n’y avait aucun danger pour la sécurité de sa famille, les deux ont été autorisés à se rencontrer. C’était la première étape courageuse suivie de quelques autres, jusqu’à ce qu’après de longues délibérations, Mussa décide de laisser son passé derrière lui et de retourner auprès de sa mère, de son frère et du peuple d’Israël.

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L’histoire de la mariée était également pleine de soubressauts. Elle a grandi comme ‘Hanin, le troisième enfant sur quatre d’une mère juive et d’un père arabe dans une colonie arabe dans le Triangle. Elle a vu de côté la violence de son père arabe envers sa mère et ce qui est arrivé à ses sœurs aînées mariées de force à des hommes du village et qui ne pouvaient que se taire. À maintes reprises, elle a demandé à sa mère de ne pas succomber aux caprices de son père violent et énergique mais était incapable de s’améliorer. Quand elle aussi a commencé à comprendre quel serait son avenir, elle a réalisé qu’elle ne pouvait pas accepter la situation. En pleine nuit, comme dans les histoires héroïques, elle a attaché quelques draps les uns aux autres et s’est jetée de sa chambre au deuxième étage directement dans la rue. Elle a emporté avec elle un petit sac contenant des vêtements, de l’argent et des documents et a couru aussi longtemps qu’elle le pouvait sur trois kilomètres jusqu’à la route principale qui passe près de la colonie.

Lorsqu’elle est arrivée sur la route, elle est montée dans le premier véhicule qui s’est arrêté et après quelques heures de route, elle s’est retrouvée chez sa tante, la sœur de sa mère qu’elle n’avait jamais rencontrée. La rencontre entre les deux était naturellement des plus excitantes. Au début, sa tante a refusé de croire qu’elle était en effet de sa famille, mais après lui avoir prouvé – les deux sont tombés dans les bras l’un de l’autre et ont pleuré pendant un long moment.

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Mussa et ‘Hanin ont chacun fait un long voyage sur le chemin du retour. Avec les conseils étroits et l’aide étroite de Yad leA’him, ils ont commencé à étudier le judaïsme de manière intensive et se sont bien adaptés à leur nouvel environnement.

Deux jours après son sauvetage, j’ai rencontré ‘Hanin à l’une des activités que Yad leA’him organisent pour les femmes sauvées des villages arabes, et le lien entre elles a été immédiat. À la fin de la soirée, Etty a pris courage et a proposé son fils aîné Mussa en chidoukh. Les femmes du service de sauvetage de Yad leA’him qui connaissaient les deux histoires de près et ont fait savoir leur accord, et les jeunes se sont rencontrés. Un mois après leur première rencontre, les deux ont annoncé leur intention de se marier.

Yad leA’him voulait organiser pour les deux, devenus entre-temps Moché et ‘Hanna, un grand mariage avec la participation de centaines de membres et de bénévoles de l’organisation qui viendront les rendre heureux lors de ce jour important dans leur vie, mais le corona a troublé les plans. Afin de ne pas reporter le mariage à une date inconnue, le couple a finalement décidé de se marier dans le cadre d’un mariage limité.

Yad leA’him ajoute : «Ces jours-ci, nous travaillons également pour sauver la mère juive de ‘Hanna de son mari violent. L’histoire de Moché et ‘Hannah nous donne la force de continuer à sauver de plus en plus d’âmes juives de la captivité dans les villages arabes, malgré les nombreuses difficultés et luttes en cours de route. C’est un symbole que même quand tout semble sombre et perdu, il ne faut pas désespérer. Nous n’abandonnons aucun juif. »

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