Nitsavim – Roch Hachana

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 Ne pas faire de trous dans la coque du navire !

Au début de la paracha est écrit : « Vous vous tenez tous AUJOURD’HUI devant Hachem (…) chaque membre du Clall Israël, femmes et enfants, depuis le bucheron jusqu’au puiseur d’eau pour rentrer dans l’alliance… » Le Or Ha’haim explique qu’il s’agit d’un pacte scellé entre la communauté et D’ par rapport à la responsabilité collective. En effet, les lois de la Tora impliquent chaque individu dans son rapport avec le Ciel. Cependant après notre paracha la pratique de chacun dans l’application (ou la non-application) des mitsvoth aura une incidence sur la collectivité. Le Clall Israël devient un peu à l’image de ce bateau qui prend la mer : lorsqu’un des passagers désirera planter un clou dans sa cabine afin de l’embellir par un magnifique bibelot acheté lors de l’escale à Tunis… il mettra la vie de tous les autres touristes en danger ! Pareillement pour le Clall Israël, après notre entrée en Erets, on devient solidaires les uns des autres. Une des preuves, lorsque Yehouchoua est entré en Israël,  Hachem l’a prévenu de ne pas prendre le butin des populations autochtones. Or lors d’une des batailles, Hachem admonestera Yehochoua sur le fait qu’Israël (dans son ensemble) avait fauté ! Or, les versets le désignent : il ne s’agissait que d’une seule personne (Akhran) qui avait succombé à la tentation et avait passé outre l’avertissement du Saint béni soit-Il ! A la suite de cette transgression, une partie de la troupe ne reviendra pas du combat contre les Philistins (à cause de cette faute). On le voit : chaque membre du Clall Israël est dépendant de l’autre dans l’application des Mitsvoth.

Cependant, le saint Zohar enseigne que ces versets sont aussi une allusion aux jours de Roch Hachana ! « Vous vous tenez prêts… AUJOURD’HUI : c’est Roch Hachana ; pour entrer dans l’alliance! » C’est une allusion aux jours du nouvel an durant lesquels le Clall Israël passe en jugement devant Hachem ! En effet, la Michna enseigne qu’à Roch Hachana l’humanité entière passe en jugement: les livres de la vie et de la mort sont ouverts. Comme on le récite dans notre livre de prières : » Qui vivra, qui mourra? Lequel d’entre nous sera tranquille… devra subir des préjudices (pour l’année à venir)? Lequel s’appauvrira… s’enrichira … Mais la Techouva (le repentir) la Tsedaka (l’argent donné aux bonnes œuvres) et la prière transforment les décrets divins ! » Le rav Wolbe avait l’habitude de rapporter le Talmud de Jérusalem qui enseigne : « Le jugement de chacun dépend de sa situation actuelle durant ces jours redoutables… » C’est-à-dire qu’un homme qui fera un tant soit peu Techouva durant ces journées aura droit à un jugement miséricordieux. Un exemple parmi tant d’autres : un homme colérique, à Roch Hachana, il décide de s’améliorer : une heure par jour au moment crucial de sa journée lorsqu’il franchit le perron de sa maison, après une journée exténuante de travail. Au lieu d’avoir des invectives de toutes sortes sur sa maisonnée (du genre: pourquoi c’est le balagan (le fouillis)?! Pourquoi la table de ce matin n’est toujours pas débarrassée…?!, il décide de n’ouvrir sa bouche que pour des choses agréables et douces (combien tu as bien travaillé en classe mon cher fils, combien ma chère épouse tu as préparé de très bons plats etc…).  N’est-ce pas un début de Techouva et une formidable manière d’accepter la royauté de D’ Qui s’exerce dans sa vie avec les aléas de  la vie de famille ?! Et on pourra être sûr qu’avec cela la sévérité du jugement sera déjà grandement atténuée.

LIRE  Chemaiya et Avtalion

La Guemara dans Yom 86 décrit : à quoi ressemble un Baal Techouva? Rabi Yehouda dit : « A l’homme qui a trébuché dans la faute et par la suite s’isolera avec la même femme, dans les mêmes conditions que les premières fois, au même endroit et pourtant il se retiendra de fauter par crainte du Ciel ! Les commentateurs demandent : comment rabbi Yehouda peut demander au repenti de s’isoler une nouvelle fois avec cette femme (pour marquer le fait qu’il a fait entièrement Techouva), or l’isolement dans une pièce fermée à clef avec une femme étrangère (en dehors de son épouse) est interdit par les Sages (il y a des avis selon lesquels c’est de la Tora)! Comment donc la Guemara peut-elle donner le conseil au Ba’al Techouva de se replacer dans les mêmes conditions de la faute ? Le Nodal Biyéhouda (Drach Hatslah 1) explique qu’il n’est pas question pour la Guemara de  permettre à ce Ba’al Techouva de s’isoler avec cette femme. Au contraire, l’homme doit faire des barrières pour ne pas venir à trébucher une nouvelle fois. En fait rabbi Yehouda parle d’un cas où par inadvertance, notre homme s’est retrouvé dans une situation similaire ! Il devra repousser ses envies et ne pas trébucher ! Autre explication, rabbi Yehouda nous montre jusqu’à combien un homme doit être fort dans sa décision de ne plus refaire la faute, mais cela reste du virtuel ! Au point que si jamais il se retrouvait dans la même situation il ne recommencerait pas ! En aucun cas il existe une permission de s’isoler à nouveau. Pareillement, le Séfer ‘Hassidim enseigne qu’il n’est pas question qu’un homme s’isole avec une femme pour montrer à tous et à D’ qu’il a bien fait Techouva !  Il a même rapporté le cas d’un homme qui s’est replacé dans les mêmes conditions et pourtant il a trébuché !

Cependant, le Keli Yakar (‘Houkat) écrit une grande nouveauté : « Un Ba’al Techouva doit se tenir dans les mêmes conditions de la faute et s’isoler avec cette femme interdite ! Mais pour l’homme tsadiq –qui n’a jamais fauté- ce sera interdit ! L’isolement du Ba’al Techouva purifiera l’homme précédemment impur tandis que pour l’homme pur c’est le contraire: l’isolement avec cette femme lui sera interdit ! Car -explique le Keli Yakar- le Ba’al Techouva doit aller à l’extrême afin de diriger ses pas dans la voie du milieu. A la manière du forgeron qui pour redresser la barre courbée doit frapper de toute ses forces dans le sens contraire ! Mais pour l’homme pieux les chemins sont différents : l’isolement sera interdit! Comme le dit la Guemara: là où les Ba’alé Techouva se tiennent, les Tsadikim ne le peuvent pas ! (Il reste qu’au niveau de la Halakha il n’existe pas de permission même pour le Ba’al Techouva. CQFD)

Les rèves qui ont suivi Roch Hachana…             

Cette histoire véritable nous est rapportée par le rav de Béer Chéva, rabbi Eliezer Klein. Le rav a écrit qu’il a personnellement écouté le dépositaire de ce récit et qu’il a tout consigné par écrit en date de la parachath Noa’h de l’année 1962 : « Est assis devant moi Ya’akov Feldman natif d’Europe Centrale… Il me fait le récit de son histoire : lorsque j’avais 17 ans je résidais alors en Hongrie et à l’époque j’abandonnais la pratique religieuse dans laquelle j’avais grandi. Au début c’était pour cacher mon appartenance au peuple juif à cause de la montée des nazis et des antisémites des années 42. Cependant en 1944 je fus envoyé à Auschwitz et en 1945 les Américains ont libéré les camps. Je suis resté après guerre durant trois années dans différents camps de refuge et c’est en 1948 que je suis monté en Erets Israël. Seulement j’avais tout abandonné de la pratique au point que D’ me pardonne je ne faisais ni Roch Hachana ni Yom Kippour ! En 1953 alors que j’avais transgressé le jour de Yom Kippour, j’ai eu un rêve dans lequel mon père reb ‘Haïm fils de Gedalia se tenait devant moi emmitouflé de son talith et habillé avec un kitel (habit blanc que porte la communauté ashkenaze pour Yom Kippour). Il me dit : « Mon fils sache que ce n’est pas un rêve ! Je suis venu te dire de revenir dans les chemins de la Tora dans lesquels tu as grandi, sinon ta vie sera écourtée ! Ce rêve est revenu toute la semaine ! Le Chabath qui suivra, après l’entrée du Chabath, je suis parti souper en dehors de ma maison à Richon Letsion.. Après, je me suis rendu à la maison et lorsque j’allais allumer un appareil électrique j’entendis une voix derrière moi dire : »Malheur à toi pour tes fautes ! »… Je me suis retourné et je vis mon père face à face alors qu’il était mort dix années auparavant en sanctifiant le  Nom divin à Auschwitz ! Il était habillé comme dans mon rêve avec un talit et un kitel. Il me répéta : « Mon  fils, ce n’est pas un rêve ! Je suis venu te prévenir que tu dois revenir dans le chemin dans lequel tu as grandi ! Sinon ta vie sera écourtée…  » Après, il disparut ! Sur le moment j’étais tellement abasourdi que je n’avais pas les forces de dire un mot ! Ce même Chabath je suis resté chez moi sans faire aucune transgression ! Cependant, à la sortie du Chabath j’ai repris mes habitudes éloignées de toute pratique ! Lorsque je suis rentré chez moi j’ai vu que la lumière à la maison était allumée. J’ai ouvert la porte et j’ai vu à nouveau mon père qui me redit les mêmes paroles de la veille, seulement il me mit en garde que c’était bien la dernière fois ! Le lendemain je me suis rendu dans mon atelier de forgeron à Richon Letsion et j’ai ordonné à chaque ouvrier de commencer le travail. Tandis que moi, je suis parti vers Bené Braq pour rencontrer le Tsadik le Hazon Ich afin de prendre conseil. A peine que je rentrais chez le saint homme qu’il me cria : « Malheur à toi pour tes péchés : Roch hachana et Yom Kippour tu as transgressés ! Sache que ton père n’est pas tranquille dans le monde d’en haut à cause de ton comportement: tes jours sont comptés! » J’étais halluciné par la clairvoyance du Rav alors que je n’avais rien dit à personne ! » Personne ne savait que j’avais transgressé Yom Kippour et Roch Hachana ! Je me suis tu et j’ai attendu qu’il finisse de parler. Or le rav était très faible, il baissa la tête et somnola ! Je décidais quand bien même de rester pour savoir le fin mot de l’histoire. Je suis resté près de 10 minutes lorsque soudainement le rav leva son visage et me dit : « Par le mérite d’une mitsva que tu as faite dans ta jeunesse on a rallongé tes jours ! Seulement tu dois revenir à la pratique ! » Le Hazon Ich me demanda si je connaissais de quelle mitsva il s’agissait. Je lui répondis que dans ma jeunesse malgré le fait que j’avais quitté le giron du judaïsme, je restais respectueux de mes parents, faisais la Tsedaka et ne faisais de mal à personne ! Le rav me dis ce n’est pas cette mitsva qui a amené ton père à venir du ciel ! Mais -continua le Hazon Ich- il s’agit qu’une fois tu as amené un cadavre à sa dernière sépulture ! » C’est alors que je me rappelais l’événement. En effet alors que j’avais dans les 13 ans est venu à la maison une femme pour prévenir mes parents qu’il y avait un enfant juif mort dans le village d’à côté et me demander si on pouvait faire quelque chose. Mon père acquiesça et me demanda d’aller récupérer le corps et de venir l’enterrer dans le cimetière juif de notre ville. Je rétorquais que le chemin était dangereux : il y avait des bêtes féroces dans la forêt des Carpates, mon père me réconforta en me disant que Hachem protège tous ceux qui font les mitsvoth ! En final j’acceptais et je me suis rendu dans le village. Là-bas j’ai ramassé le corps inerte de l’enfant -paix en son âme-, je le mis sur mon dos et je fis tout le trajet en pleine nuit alors que j’avais une peur bleue. Je suis arrivé sous le coup d’une heure du matin et ma mère me dit que mon père m’attendait au cimetière de la ville. Je m’y suis rendu et là-bas je l’ai retrouvé auprès d’une fosse qu’il venait de creuser. Là-bas on y déposa le jeune garçon qui mérita une sépulture d’après la sainte Tora. » Le Hazon Ich écouta attentivement tout son récit et acquiesça que c’était bien par ce mérite que son père s’était déplacé pour le prévenir de revenir de son mauvais comportement. Depuis lors, Ya’akov  changea de cheminement et revint à la pratique rigoureuse des mitsvoth. Fin de cette extraordinaire histoire.

LIRE  Entre le rabbi de Loubavitch et Elie Wiesel

Halah’a: Bien que les jours de Roch Hachana soient des jours de fêtes, on ne dira pas le Hallel à la synagogue car ce sont des jours de jugement. Le commandement du jour c’est d’entendre le Chofar (la corne du bélier) et puisque c’est une mitsva on devra écouter au préalable les bénédictions : »Lichmoa kol chofar » et « Chééhianou ». L’écoute du chofar est une mitsva positive (d’écouter) donc les femmes n’y sont pas astreintes. Nécessairement elles ne pourront pas rendre quitte leur mari en sonnant du chofar car ce n’est qu’une personne qui est redevable elle-même de la mitsva qui peut rendre quitte son prochain (idem pour l’enfant).

Chabath Chalom, Ktiva et Hatima Tova pour nos lecteurs et TOUT LE CLALL ISRAEL!

Qu’on est le mérite d’être inscrit avec tous nos proches dans le livre de la vie! A l’année prochaine si D’ le veut           

 David Gold

On priera pour la santé de Yacov Leib Ben Sara, Chalom Ben Guila parmi les malades du Clall Israel.

Pour la descendance  d’: Avraham Moché Ben Simha, Sarah Bat Louna; et d’Eléazar Ben Batchéva

Léilouï Nichmat: Simha Bat Julie, Moché Ben Leib; Eliahou Ben Raphaél; Roger Yhïa Ben Simha Julie; Hanna Clarisse Bat Mercedes; Yossef Ben Daniélaתנצבה     que leurs souvenirs soient sources de bénédictions.

 

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