Optimiser son potentiel

0
44

« Hachem-Elokim forma l’homme, poussière du sol, Il insuffla dans ses narines un souffle de vie, l’homme fut âme vivante » (Beréchith 2,7)

Rachi nous explique que l’homme est formé d’éléments provenant de la terre et d’éléments provenant d’en haut : le corps d’en bas et l’âme d’en haut.

Rachi ajoute que les animaux et les bêtes sauvages sont également appelés « âmes vivantes ». Mais l’âme de l’homme est la plus vivante de toutes, car il s’y ajoute la connaissance et la parole.

Nous apprenons de là que chaque être vivant est composé de deux éléments : le «Gouf », le corps, et le «Néfech », l’âme. De plus, chaque âme correspond à son corps.

Ainsi un corps animal possède une âme animale, un corps humain possède une âme humaine. L’osmose des deux éléments dépend de leur adéquation. Ainsi, si l’on voulait expérimenter de « greffer » un élément animal sur un élément humain, le résultat serait le suivant : וne âme d’animal dans un corps humain donnerait un homme qui se comporte grossièrement, bassement. A l’inverse, une âme humaine dans un corps animal donnerait un être tellement mal à l’aise, qu’il ne pourrait pas supporter cette cohabitation et chercherait à tout prix à faire sortir son âme de ce corps.

C’est ainsi que le rav Pinkous zatsal définit le Gouf et le Néfech, il détermine le Gouf par « l’objet » et le Néfech par la « lumière ».

Plus concrètement, si on branche une ampoule conçue pour recevoir 220 V, sur un courant électrique de 110 V, elle éclairera, mais pas à 100%, sa lumière sera faible.

Mais si on branche une ampoule conçue pour recevoir 110 V, sur un courant de 220 V, après quelques instants, l’ampoule explosera.

LIRE  Le rabbin Shlomo Zalman Ulman, rabbin de la ville de Modi'in Illit, est décédé

Dans une notice d’appareil électroménager où nous trouvons les caractéristiques électriques de l’appareil, nous voyons qu’elle nous indique la tension (le Néfech) à adapter à l’objet (le Gouf).

C’est ainsi que la Tora et ses Mitsvot nous sont présentées.

Comme il est dit : « Il insuffla dans ses narines un souffle de vie, l’homme fut âme vivante. », Hachem par ce souffle, détermine et met en état de fonctionnement notre corps. Chacun d’entre nous possède un Néfech, qu’il devra alimenter et faire briller pour refléter le souffle divin.

Sommes-en nous vraiment capables ?

Lorsque le médecin nous administre un médicament, il le fera selon notre âge, notre poids, nos allergies et notre état de santé. Au moment d’avaler le cachet, nous avons entièrement confiance dans le médecin, car nous savons pertinemment que grâce à ses études et sa sagesse, son choix est le bon.

Si l’on peut faire confiance à un simple être humain pour avaler des cachets, de toute évidence nous pouvons faire confiance au Maître du monde. Si le médecin agit d’après son diagnostic, Hachem agit de la façon la plus sûre qui soit, Il est le Créateur.

C’est pour cela que les capacités qu’Il nous accorde devront être mises au service de la Tora et des Mitsvoth.

Il sera difficile de nous en dire incapables, car le verset nous dit : «  Il insuffla dans ses narines un souffle de vie. », Il nous offre une parcelle divine, alors est-ce pour s’occuper seulement du monde profane ?

Dans les Tehilim (50;21) nous lisons : «  Je vais te réprimander et étaler les choses devant tes yeux. » Sur ce, le Midrach nous enseigne que dans le ‘Olam Haba, Hachem nous réprimandera d’après les occasions que nous aurons eues d’accomplir une Mitsva, en fonction de nos capacités.

LIRE  Parachath Yitro

Le jugement se fera en fonction de nos capacités à atteindre le but. D’après cela, le jugement d’un homme simple pourrait être moins rigoureux que celui d’un homme plus intelligent dont on attendait forcément plus.

Hachem ne demandera jamais plus que ce dont nous sommes capables. Par contre Il attend de nous l’exploitation maximum de nos possibilités.

Lorsque l’on voit un Juif prix Nobel, grand avocat ou savant en mathématique, devons-nous être fiers de lui ou nous inquiéter de son Jugement futur ?

Il représente une « berakha levatala », un potentiel gâché, il a utilisé des capacités divines au service du profane. Il a perdu l’occasion de mettre ses capacités au service de la Tora, de la Halakha… C’est comme utiliser une Ferrari de formule 1 pour livrer des pizzas !

La Guemara (Berakhot 58a) nous enseigne que nos Sages ont institué une bénédiction à la vue d’un savant goy mais pas à la vue d’un savant juif (ex: Einstein ou autre prix Nobel de notre communauté). Car cette sagesse reçue aurait du être mis au service de l’étude de la Tora et non pour les matières profanes.

Eliahou Hanavi rencontra un jour un pêcheur et lui demanda s’il consacrait du temps à l’étude de la Tora. L’autre lui répondit qu’il ne pouvait pas car c’était trop compliqué pour lui, cela n’était pas accessible à un esprit simple comme le sien. Eliahou Hanavi accepta la réponse et s’assit près de lui pour le regarder s’adonner à son travail. Le pêcheur se mit à fabriquer un filet, fit des nœuds compliqués et divers, et s’efforça du mieux qu’il put, et avec intelligence, à sa besogne.

LIRE  Un grave danger : la Shoah blanche

Impressionné par ses gestes si précis et adroits, Eliahou Hanavi lui demanda comment il savait faire tout cela. Le pêcheur lui répondit qu’il était parti de rien, qu’il était allé étudier chez un maître qu’il avait longtemps observé avant de pouvoir enfin tenter de l’imiter. Et à force d’efforts et d’entraînements, il avait réussi à exceller dans ce domaine.

Eliahou Hanavi le regarda alors fixement, et lui demanda pourquoi il n’avait pas fait la même chose avec la Tora.

Se rendant compte de son erreur et de tout ce temps qu’il avait laissé passer sans étude, le pêcheur fondit en larmes et se rendit sur le champ dans un Beth Hamidrach afin de rattraper tout ce temps perdu.

Comme l’a fait remarqué Akiva avant d’être le grand rabbi Akiva, si des gouttes d’eau peuvent avec le temps creuser une pierre, assurément que les mots de la Tora peuvent pénétrer dans le cœur de chacun.

Nous devrons adapter notre comportement et nos actes à ce Néfech qui est en nous.

Si l’on veut briller et éclairer le monde de Kedoucha, il suffira juste de nous abreuver à la bonne source et de nous rappeler qu’une Âme Juive ne s’alimente ni avec des piles, ni à l’énergie solaire… mais uniquement avec la Tora et ses Mitsvot.

Chabat Chalom

Rav Mordekhai Bismuth

Extrait de la Daf de Chabat disponible sur notre site OVDHM.com

L’équipe d’OVDHM

Aucun commentaires

Laisser un commentaire