Pourquoi ne pas faire comme Avraham Avinou?

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Autour de la Table de Shabbat, n°302 LEKH LEKHA

Notre paracha tourne une nouvelle page dans l’histoire de l’humanité. En effet, la civilisation avait bien périclité depuis Noa’h et ses enfants. Leurs descendants s’étaient grandement écartés des voies du D’ unique créateur des cieux et de la terre. Le Rambam au début de son chapitre consacré aux lois concernant l’idolâtrie explique que la descente s’est opérée en plusieurs étapes. Au début les savants commencèrent à glorifier les astres comme les merveilles de D’. Puis, le firmament œuvre incontestée de D’ a été pris comme intermédiaire entre les hommes et Lui. En effet, l’être humain est tellement insignifiant face à la grandeur de D’ qu’ils prirent les astres comme médiateur incontournable de D’. Seulement avec le temps des faux prophètes apparurent et incitèrent la population à servir le dieu soleil ou la lune en leur conférant des pouvoirs surnaturels. Un beau jour (ou plutôt un mauvais jour) arriva, et la population commença à faire des sacrifices aux étoiles en faisant abstraction de Hachem. Les générations pécheresses continuèrent de plus belle, jusqu’au moment où naquit le premier homme qui repoussera tous ces idéaux erronés. C’était Abraham fils de l’idolâtre Téra’h. Nos sources enseignent que très tôt Avraham s’est posé des questions fondamentales (il n’y avait pas besoin de lire ‘autour de la table du  Shabbat pour avoir de très bonnes interrogations…). Il réfléchit sur le soleil qui se lève. Donc il se dit que ce doit être le dieu du monde. Puis en fin de journée il vit qu’il se couchait, nécessairement ce n’était pas dieu. Puis la lune apparut, peut-être c’était le vrai créateur ?  Puis elle disparut au petit matin. Sa conclusion sera que ni le soleil, ni la lune ne pouvait être le D’ du monde. Donc bien au-delà du magnifique coucher de soleil à l’horizon, il existait une volonté fondamentale qui fait mouvoir tout le cosmos et qui organise toute cette grande symphonie. La nouveauté dans la démarche d’Abraham sera qu’il passera aux actes. Le Midrach connu enseigne qu’il a cassé toutes les idoles de son père qui était un grand commerçant de statuettes à Our Kasdim (quelque part du côté des Emirats ou d’Abu-Dhabi). De plus, lorsque le roi païen Nimrod le somma que s’il n’abandonnait pas ses idées révolutionnaires il serait jeté sans pitié dans la fournaise ardente, Abraham ne lâchera pas prise et choisit de finir sa vie dans les flammes (et cette fois ci ce n’était pas interdit, comme pourrait l’être l’envie de finir au crématorium, chose rapportée il y a deux semaines) plutôt que d’abdiquer devant Nimrod. Face (lehavdil) à la profondeur, la douceur et le bonheur de servir le D’ unique (n’est-ce pas mes chers lecteurs) quelle est la signification d’une vie basée sur l’idolâterie ?  Abraham ne faisait pas parti de la caste des intellectuels et philosophes de salons, mais il se lança corps et âme dans la défense de son idéal au service du D’ unique. Un peu comme de nos jours où le grand Ba’al Téchouva abandonne sa carrière de star du petit écran (avant qu’il ne soit trop tard..) ou de l’invétéré du smarphone qui abandonne sa vie faite de rêve et d’imaginaire pour choisir d’entrer dans le domaine de la sainteté, celle de la Tora et de la pratique des Mitsvoth.

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Après toutes ses épreuves, Avraham aurait pu déjà prendre sa retraite bien mérité (il a alors 75 ans). Mais, que nenni ! Hachem lui demande « Lekh Lekha »/part de ton endroit, de ta maison parentale et rends toi dans un pays inconnu. Hachem ne lui dévoilera pas qu’il doit se rendre en Terre sainte. Les Pirké Avoth (Ch.5) enseignent : « Abraham a été soumis à dix épreuves et il les surmonta afin de prouver tout l’amour qu’il portait à D' ». C’est-à-dire que Hachem ne s’est pas contenté de connaître la grandeur d’âme de notre Patriarche (car Il sait ce qu’il y a dans le cœur de chacun), mais Il l’a mis à l’épreuve afin de lui faire prendre conscience de toutes ses capacités et lui permettre d’acquérir un niveau inégalé (niveau auquel il n’aurait jamais pu accéder s’il n’avait pas été éprouvé). Et les commentateurs expliquent que c’est justement grâce à ces différentes épreuves, qu’Abraham sauvera sa génération du cataclysme tout comme Noa’h sauva la création. La Michna (toujours dans Pirké Avoth/5) enseigne : « Il y a dix générations entre Noa’h et Abraham qui mirent D’ en colère. C’est Avraham qui prendra le mérite de toute sa génération. » C’est-à-dire qu’un seul homme aura le pouvoir de contrebalancer toute les perfidies de son époque. C’est grâce à lui que l’humanité perdura.

On apprendra de ce passage qu’il peut exister dans le monde un homme qui sera le vecteur de toute la bénédiction sur terre. Car lorsque l’homme se comporte comme un animal sur deux pattes, alors Hachem n’a aucun intérêt à renouveler le bail (du monde). Si ce n’est que la présence d’hommes d’exceptions, à l’époque c’était Abraham, et de nos jours ce sont les … (je vous laisse le soin de deviner ma pensée : réponse en bas de page *),  le monde n’aurait pas de mérite particulier à perdurer.

Je finirai par un petit mot de l’élève du Ari zal : rabbi Haim Vittal zatsal. Il écrit que la grandeur d’âme d’une personne n’est pas mesurable uniquement par ses actes. Mais que la bonne action sera appréciée dans le ciel en fonction de l’époque et de la génération dans laquelle la personne se trouve. Même une petite action de nos jours –continue rabbi Haïm Vital- sera considéré comme équivalente à de nombreuses Mitsvoth faites dans les générations reculées. Fin des paroles de l’élève du Ari qui a vécu il y a près de quatre siècles à Safed. A plus forte raison, un lecteur de mon feuillet qui prendra son cours bihebdomadaire de hora dans un Beth Hamidrash/centre d’étude. Je vous propose encore d’imprimer le jeudi un feuillet sur la paracha, pourquoi pas « Autour de la table de Shabbath » et de le lire le vendredi soir (ou samedi midi) autour de  la table du Shabbath. C’est certainement une belle Mitsva fortement appréciée dans les cieux qui aura un mérite tout particulier.

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Quand son Shabbat vaut beaucoup plus que des millions…

Cette semaine on a parlé de l’épreuve d’Abraham ; on verra au détour de notre histoire véridique que les épreuves ne sont pas uniquement le lot de nos saints pères mais qu’elles existent bien de nos jours. Il s’agit d’un commerçant de la ville d’Anvers en Belgique. Notre homme tient un grand magasin dans le centre commercial de la ville. Ces derniers temps il  s’est rapproché de la Tora et il a fait le pas de fermer son magasin pour le Shabbath.  Pour un commerçant la chose est plus simple à dire qu’à faire. En effet le septième jour de la semaine est LE jour de la grande recette de la semaine ! Malgré tout il fait le pas et ferme au milieu de la journée du vendredi son magasin. Seulement dans son métier il y a une période en or, celle des fêtes de fin d’année. Or cette année comme un fait exprès cela tombait un week-end. Et c’est le samedi que la population d’Anvers fait ses courses. Notre homme nouveau Ba’al Techouva avait la hantise de ces jours qui approchaient. Son magasin était le mieux placé dans le centre commercial et ce week-end devaient y affluer des milliers de clients ! Ses concurrents le prenaient pour un fou. Le fameux vendredi du 24 décembre arrive, la foule se presse dans les allées de son business, et l’heure de la moitié de la journée du vendredi approche. C’est alors qu’il prend le micro et d’une voix un peu tremblante fait l’annonce de sa vie : « Nous prions notre clientèle de régler ses courses aux caisses enregistreuses car nous fermons le magasin…» Lorsqu’il dit ces mots, son cœur était prêt à éclater ! Mais il se renforça et ferma la vitrine sur le champ. Un de ses proches concurrents sortit de sa boutique pour voir ce spectacle surprenant, un des jours les plus rentables de l’année on ferme boutique, du jamais vu ! Il lui demande les raisons de son acte, notre Ba’al Techouva répond: «C’est Shabbath aujourd’hui!» L’autre gentil lui répondra: «Quand il y a de l’argent: on ne voit plus rien devant soi !» Il rentre à la maison et tourne le dos à tout cet argent interdit. Il se prépare à l’entrée du Shabbath, se douche et va à la synagogue. Au retour, il passe devant le centre commercial, qui est bondé de clientèle. Arrivé à la maison sa peine est immense, il en parle à sa femme et lui dit tout son malheur. Il ajoute : « Je suis prêt à craquer car je sens que l’épreuve est trop grande pour moi, je t’en prie, sers-moi quelques verres de vodka afin que je dorme d’un sommeil profond et que je ne me morfonde pas ! » Sa femme comprit la détresse de son mari, elle lui servit plusieurs verres et notre homme partit pour le monde doux du sommeil : sans angoisse ni peines. Le lendemain en fin d’après-midi il se lève, regarde par la fenêtre et se dit : « Zut, non seulement je n’ai pas fait la recette de l’année mais je n’ai pas  écouté la Tora ni fait les repas de Shabbath avec les chants, en un mot j’ai TOUT raté ! » Avec un cœur lourd il se rendit chez le rav Kreuzwirt zatsal, le rav de la ville pour lui demander conseil pour réparer ce qu’il n’a pas fait. En rentrant chez le rav, il vit le Talmid ‘Hakham qui étudiait sur sa table avec plein de livres. Une grande sainteté se dégageait du lieu. Il dit : « Rav, je vous envie pour un tel Shabbath, la sainteté émane de votre maison tandis que moi, j’ai passé mon Shabbath à dormir ! » Il lui exposa alors tout son dilemme et la manière qu’il avait choisi d’y échapper. Le rav lui dit : « Sache que ton Shabbath est beaucoup plus grand que le mien ! L’épreuve terrible que tu as passée vaut beaucoup plus que mon Shabbath avec mes chants et la sainteté qui en émane ! Sache que ton Shabbat resplendit dans les cieux et dans tous les mondes car il est marqué : « D’après la peine (pour faire la Mitsva) tu auras la récompense ! » Sache que je suis prêt à faire un deal avec toi : je te donne mon Shabbat (le mérite) et tu me donnes ton Shabbat à la place ! Est-ce que tu es d’accord ?! »

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Coin Halakha : Toujours sur la Netilat Yadaïm/ablutions des mains avant le repas. L’ustensile (Kéli) duquel on versera l’eau sur les mains ne doit pas être percé ni fêlé. Dans le cas où il y a un trou dans ses parois, on ne pourra pas verser l’eau depuis les rebords du Kéli. Cependant si l’embouchure est suffisamment grande, on pourra y verser l’eau. Seulement il faudra vérifier que depuis le fond du Kéli jusqu’au niveau de l’orifice, l’ustensile contienne un volume de Riviit (15cl)  d’eau. D’après cela, on pourra, par exemple, utiliser une théière (remplie d’eau froide) pour faire le Nétilat Yadaïm en utilisant le bec verseur (on vérifiera qu’il y a 15 cl depuis le fond de la théière jusqu’au bec verseur).

*Ce sont les Avrékhim (ceux qui étudient la Tora à longueur de journée) et les Tsadikim les hommes pieux et droits de la communauté, et non les « grandes personnalités » du monde politique et économique.

Shabbat Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut  

David Gold

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