Quand la « galère » apporte beaucoup de lumière…

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Autour de la table de Chabbath N° 308 Vayéchev

Petite introduction utile. Notre paracha traite d’une faute qui est imputée aux fils de notre
Patriarche, Ya’akov Avinou. Or, il faut savoir que la Tora est très pointilleuse avec ces saints
hommes. Donc lorsqu’il est décrit tel ou tel fait, qui peut apparaître pour le lecteur comme prouvant que ces personnes ont fauté, c’est, avant tout, que la Tora vise à donner un enseignement pour les générations suivantes et peut passer au peigne fin toutes les actions de nos Pères, montrant finalement des défauts plus que légers, et ne correspondant à une faut que par rapport à leur haut niveau.

Notre paracha cette semaine marque les tribulations de Yossef lors de sa descente en Egypte. On le sait, ses frères voient d’un très mauvais œil le fait qu’il a la préférence paternelle. En effet, les Sages de mémoire bénie enseignent que Yossef était particulièrement brillant, et qu’il était le fils aimé issu du mariage avec Ra’hel pour laquelle Ya’akov Avinou avait travaillé d’arrache-pied durant 7 années. Or sa sainte mère mourra tragiquement lors de son entrée en Terre sainte. Un point supplémentaire était que
Yossef rapportait systématiquement à Ya’akov tous les mauvais comportements (voir introduction) qu’il pouvait déceler chez ses frères. Les Sages enseignent par exemple qu’il a vu ses frères manger de la viande d’un animal vivant, ce qui est formellement interdit par la Tora, Ya’akov sera tenu au courant par Yossef (les commentaires expliquent qu’il s’agissait d’une génisse dont la mère avait été préalablement abattue et dont le petit qu’elle portait est permis à la consommation, sans faire de che’hita). De plus, il
soutiendra que ses frères avaient d’autres actions qui ont été interprétés par Yossef comme fautives. Suite à cela, les frères formèrent un tribunal rabbinique et décrétèrent qu’il était passible de mort. Au final, ils le jetteront dans un puits vide puis ils le vendront à une caravane de gens du désert en tant qu’esclave. Entre temps, Reouven, l’aîné des frères, reviendra au lieu où s’est déroulé le drame car il voulait sortir Yossef de la fosse. Or il ne le retrouva pas car il avait été déjà vendu. Plein de tristesse Reouven déchira son vêtement et prit le deuil. Les autres frères iront voir Ya’akov et l’informeront que Yossef n’était plus (la probabilité de survie en tant qu’esclave était nulle à pareille époque). Ya’akov prit le deuil de son fils. Et pendant les vingt-deux années de séparation, il ne trouvera pas de consolation.

Yehouda, le plus important de tous les frères, descendra en terre étrangère à Adulam. Or le verset commence par : « Et il se fit que Yehouda descendit vers une autre contrée… ». Les Sages interprètes ce passage en disant que Yehouda avait perdu sa grandeur et sa crédibilité auprès de ses frères car s’il avait insisté auprès d’eux il aurait été écouté et Yossef n’aurait pas été vendu comme esclave.

Conclusion : notre paracha marque une page sombre dans l’histoire de la famille de Ya’akov.

Le Midrach Rabba (Vayéchev 85) enseigne : « Rabbi Chemouel Ben Na’hman commente ce verset : « Car Je connais vos pensées (dit Hachem) » (Jérémie 29) : « Les frères s’occupaient de la vente tandis que Yossef était plongé dans le jeûne et dans la silice (pour avoir perdu sa famille). Reouven était aussi dans le jeûne et la tristesse (car il n’avait pas sauvé son jeune frère). Ya’akov dans la peine… Yehouda était descendu… Tandis qu’Hachem s’occupait de créer la lumière du Messie » – fin du Midrach.

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Ce texte souligne que chacun pansait sa douleur. Pour les uns c’était le fait de ne pas avoir aidé leur jeune frère au moment de sa détresse. Pour Ya’akov, c’était la perte de son jeune fils tsadik tandis que Yossef avait la plus grande affliction d’avoir perdu sa famille, ses frères et son père puisqu’il n’avait déjà plus sa mère.

L’image est noire et pourtant le Midrach conclu que Hachem connait toutes les pensées des hommes et aussi leurs sentiments, et, dans le même temps, D’ S’occupa d’amener la rédemption grâce au Machia’h.

En effet, Yehouda se mariera (Yiboum) avec Tamar et mettra au monde Perets qui sera le précurseur de la lignée du roi David. Or le Machia’h descend en droite ligne des rois de Yehouda.

Il existe plusieurs manières d’expliquer ce Midrach. Le Rabbi de Slonim donne la sienne. Pour que naisse une plante, il faut au départ une putréfaction. La graine avant de germer a besoin de pourrir sous terre et seulement après sortira un germe. De la même manière, toute cette sainte famille prend le deuil de leur frère à l’image de cette semence qui
se désagrège. Seulement cette douleur et cette souffrance sera finalement le moteur de la délivrance du Machia’h.

C’est-à-dire qu’on apprend de notre paracha que nulle peine n’est stérile. Pour le
judaïsme il n’existe pas de souffrance sans signification. Dans la majeure partie des cas, la
difficulté provient de fautes antérieures qu’il convient de laver afin de mériter le monde futur et surtout d’éviter les affres terribles du Guéhinom/l’enfer… Seulement pour les grands hommes de notre nation, la difficulté sera vectrice d’une grande félicité pour toute la collectivité.

Cependant il me semble que l’on doit rajouter un autre point. Les fils de Ya’akov ont jeûné et ont pris le vêtement de deuil. C’est un signe que les enfants ont su orienter leurs afflictions grâce à leurs prières et le jeûne vers Hachem. Ce sont des pleurs avec conviction que le salut provient de D’. C’est grâce à cela que Hachem prépare durant les mêmes moments la lumière du Machia’h.

Pareillement pour nous. Si au grand jamais et la rédaction de « Autour de la magnifique Table du Shabbat » ne le souhaite surtout pas, il peut y a avoir quelques difficultés au niveau de la subsistance, l’éducation des enfants ou encore dans le Chalom Bayith (la paix dans les ménages), au plus profond de la « galère », on devra se remémorer ce Midrach et savoir que dans les mêmes instants Hachem opère des prodiges car chaque effort n’est jamais perdu. Le saint ‘Hafets ‘Haïm avait l’habitude de dire que ce monde ressemble à
un magnifique ouvrage tissé « tapisserie des Gobelins » qui est exposé du mauvais côté. On voit tous les nœuds, les fils coupés et leurs enchevêtrements qui pendent. Seulement, ce n’est qu’après nos 120 ans que le Maître de l’ouvrage, Hachem, retournera la magnifique scène et on pourra voir l’intégralité de l’ouvrage. Tous ces nœuds, enchevêtrements et déchirures sont le gage que de l’autre côté l’image est resplendissante et d’un grand éclat. Peut-être qu’on aura la chance de voir le bon côté de l’ouvrage dans notre vie ou qu’il
faudra attendre les 120 ans. Dans tous les cas, le fait de le savoir nous donnera bien du courage…

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Faire ‘Hanoucca pendant l’inquisition

Cette semaine en l’honneur de ‘Hanoucca je vous propose un sippour véritable sur une période peu connue du grand public : celle de l’inquisition en Espagne dans les années 1500. En guise d’introduction, il faut savoir que cette période noire pour le judaïsme espagnol s’étala sur 400 années ! En 1391 démarre les grandes tueries contre les communautés juives de la péninsule ibérique et 1492, marque la date de l’exil
d’une partie de la communauté. Tout cela, sous la direction de ce qu’on appelle l’inquisition, une sorte de tribunal dirigeant chrétien. C’est qu’une bonne partie de la
communauté décide de rester en Espagne et de pratiquer la Tora en cachette. L’inquisition était alors chargée de démasquer les juifs qui gardent la Tora. Cette organisation,
restera en fonction, officiellement, jusque dans les années… 1800 !
Notre histoire se déroule dans les années 1520, au plus fort de l’inquisition, à Séville en Espagne. Il s’agit de deux frères juifs marranes (des Juifs qui sont aux yeux de tous chrétiens mais qui en secret pratiquent les Mitsvoth) : Juan et Alberto Dé Médilla. Ces deux frères possédaient un commerce très important en Espagne. Les bateaux de leur compagnie sillonnaient toutes les mers du monde afin de ramener des épices.
La richesse et la réussite de la famille Dé Médilla était tellement importante que les princes d’Espagne frappaient à leur porte pour emprunter des sommes d’argent importantes afin de financer leurs conquêtes.

Les frères Médilla étaient aussi leurs conseillers.

Cependant en cachette, ils faisaient partie de la communauté secrète des Juifs marranes de Séville. Là, dans la plus grande discrétion ils faisaient office de Mohel et de Cho’het ! La pratique des Mitsvoth étant prohibée, Juan et Alberto continuent tant bien que mal à pratiquer le judaïsme sous le sceau du secret. A l’époque de Hanoucca, la famille Dé Médilla se réunit pour l’allumage des bougies. Dans la cave de la maison se trouve une magnifique Hanouccia placée dans un fût afin d’éviter que la lumière ne se propage à l’extérieur. La petite maisonnée est toute réunie pour l’allumage des bougies. Il y a Juan et ses trois filles, Alberto qui est célibataire, et la grand-mère. Tous regardent avec beaucoup de révérence les flammes de ‘Hanoucca qui représentent pour eux beaucoup. La victoire de la lumière sur les ténèbres environnantes… Les jeunes filles entament les chants
traditionnels de Hanoucca, tandis que la grand-mère donne des petits gâteaux frits à l’huile… C’est le moment privilégié pour la famille de transmettre aux enfants la foi dans la Tora de Moché notre maître. Cependant, cette année l’allumage est perturbé par des coups répétés à la porte de la demeure. Les serviteurs ouvrent et c’est Thomas Torquemada yima’h chémo, qui se tient devant eux ! Le grand responsable de l’inquisition sur toute la péninsule ibérique. Très vite Thomas s’engouffre dans la somptueuse demeure, et descend vers le cave. Accompagné de plusieurs acolytes il défonce la porte de la cave et trouve face à lui toute la famille Dé Médilla autour de la Hanouccia ! Le mécréant ordonne
immédiatement : « Au nom de l’Eglise et l’inquisition vous êtes en état d’arrestation ». Les deux frères sont envoyés dans l’immeuble maudit de l’Inquisition à Séville en attente de recevoir leur peine. Là-bas ils sont soumis à un interrogatoire terrible afin de découvrir l’identité d’autres Juifs marranes de la ville. Juan sera soumis à des tortures mais ne révèle aucun nom. La fureur de Torquemada sera sans borne : il décide dès le dimanche de faire un autodafé. Cette terrible cérémonie est organisée d’une manière générale deux fois dans l’année. Sur la grande place de la ville les gens de l’Eglise regroupent tous les « hérétiques », les Juifs marranes qui sont découverts en train de pratiquer la Tora. Leur terrible punition est d’être brûlé vif sur le bûcher ! Tout cela au vu et au su de toute la population et des princes de la ville. Au moment de rendre l’âme, Juan dit le Chema’ Israël ! Entre temps Alberto subit un sort différent. Pour l’inquisition le fait d’envoyer un Juif au bûcher, c’est rater l’occasion de faire un nouveau chrétien. Donc Torquemada décide d’envoyer Alberto et le reste de la famille au Brésil afin d’être exilé, loin de l’Espagne et des liens que la famille Dé Médilla entretient avec le pouvoir. Là-bas l’inquisition sévit, mais en bien moindre
intensité. Alberto subit une peine d’emprisonnement et grâce au paiement d’une rançon il peut retrouver la liberté. L’inquisition au Brésil émet une seule condition à sa libération, c’est que la famille quitte la terre brésilienne. Alberto et tout le reste de la famille reprennent le bateau en direction de la Hollande, terre d’accueil hospitalière. Là-bas ils purent intégrer la communauté de Névé Chalom et rebâtir une vie juive.

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On remerciera Yanquélé Wiedberg Néro Yair anciennement de la Yechiva du rav Brode Chlita qui nous a transmis cette véritable histoire et nous dévoile un passage de la ténacité juive au travers des siècles et des EPREUVES!

Coin Halakha : Tous les jours de Hanoucca ont fera entièrement le Hallel après la Tefila du matin (Ch. ‘Ar. 683). Une des raisons est, que, tous les jours il existait un nouveau prodige avec l’allumage du candélabre de Jérusalem. Certains décisionnaires soutiennent que ce Hallel est une institution de la Tora durant les jours de Hanoucca. Le Rambam tranche que c’est une institution des Sages. Concernant les femmes, puisqu’il s’agit d’une Mitsva (le Hallel) dépendant du temps, elles seront exemptes de dire la berakha. Toutefois, d’après la coutume ashkénaze, elles peuvent faire la bénédiction d’usage (Biour Halakha 424).

Il existe une mitsva particulière de lire le Hallel avec la communauté (Rama 422.2). Si on arrive tard à la synagogue et que la communauté entonne le Hallel, on se joindra à leur prière et on fera après notre Tefila (dans le cas où on n’a pas dépassé le temps). Un particulier qui fait le Hallel tout seul à la maison, s’il en a la possibilité, demandera a deux amis (ou ces enfants/ sa femme) de s’associer à son Hallel pour répondre au passage de « Hodou La-Hachem ki Tov….’

Chabbat Chalom et que la lumière, des flammes de Hanoucca éclaire nos demeures. A la
semaine prochaine si D’ le veut.

David Gold soffer
Je vous propose de belles Mezouzoth (15 cm) écriture Beth Yossef, Birkat habait, téphilines, Megila d’Esther.
Prendre contact au 00 972 55 677 87 47 ou à l’adresse mail 9094412g@gmail.com

Une bénédiction/Berakha pour mon ami Daniel Zana à l’occasion de son mariage. On lui
souhaitera beaucoup de joie et une descendance dans la Tora et les Mitsvoth.

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