Avant Yom Kippour : les bénéfices inhérents aux mitsvoth (le Rabbi de Kalov)

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L’Admour rabbi Chalom de Chats zatsal connaissait une histoire extraordinaire survenue à l’époque du Ari zal dans la ville de Tsfat :

Un jour, des élèves du Ari zal firent cuire un plat de poisson dans une grande marmite pour un repas de mitsva. A Tsfat, située loin de la mer, les poissons étaient très onéreux, mais en l’honneur de la mitsva, ils dépensèrent beaucoup d’argent, malgré leur manque de moyens. Compte tenu de la chaleur qui régnait dans la cuisine, ils décidèrent d’ouvrir les portes et les fenêtres. Soudain, un chien noir fit irruption dans la cuisine, sauta sur le four, puis sur la marmite, et entra dans toute la casserole brûlante, devenue impropre à la consommation.

Les élèves, très affligés de cette grande perte, se rendirent chez le Ari zal : pourquoi Hachem nous a-t-Il fait cela, invoquèrent-ils, nous voulions préparer un repas de mitsva, nous nous sommes sacrifiés pour engager des frais au-delà de nos moyens, avons invité beaucoup de convives, pourquoi les choses ont-elles tourné de cette façon ?!

Et le Ari zal de répondre : ici à Tsfat, vit un prêtre arabe qui déteste profondément les Juifs, et de temps en temps, il tente de convaincre le poissonnier arabe d’introduire du poison mortel dans les poissons, mais celui-ci ne s’est pas laissé tenter jusque-là ; en effet, si seuls quelques individus en consommaient et en mouraient, il perdrait sa source de revenus. Mais dans le cas présent, un grand nombre de Juifs pouvaient mourir d’un seul coup, et il accepta dès lors le principe : il déposa du poison dans les poissons. Mais ce geste déclencha une grande agitation dans les Cieux : il fallait à tout prix sauver ces Juifs, car une mitsva accomplie protège et sauve celui qui la réalise.

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Une âme qui devait subir un Tikoun (rectification) accepta de s’introduire dans un chien noir afin de sauver toute la ville ; c’est ainsi qu’elle agit, rendit la marmite impropre à la consommation et apporta un Tikoun à son âme. La mitsva les avait sauvés, car s’ils n’avaient pas fait preuve de vigilance en évitant de consommer un aliment interdit, tous auraient péri.

Nous apprenons de ce récit que même lorsque nous ne voyons pas le bénéfice de respecter une mitsva, l’intérêt de l’homme prime toujours. C’est particulièrement vrai pour les aliments interdits : très souvent, nous sommes confrontés à une grande épreuve, lorsque nous n’avons pas d’aliments cachers à notre portée, ou lorsque nous butons sur des aliments alléchants qui éveillent notre appétit. Mais un Juif doit retenir constamment que toutes les mitsvoth de la Tora sont destinées à procurer du bien à son corps et à son âme, il doit résister à ce désir de manger, même si c’est difficile, et grâce à cette retenue, il aura droit à des bienfaits éternels.

Le Ba’al Chem Tov relatait le récit suivant : les membres d’une certaine communauté avaient un jour interrogé le Rambam sur la résurrection des morts ; tout comme il y a des preuves sur la résurrection des morts, avançaient-ils, de même ils pouvaient apporter des preuves du contraire. Le Rambam répondit que d’après leur question, il déduisait qu’ils avaient consommé de grandes quantités d’aliments interdits, à partir desquels du sang s’était formé, qui avait pénétré dans leur cerveau. Ceci avait entraîné une faille dans leur Emouna, ancrée dans leur cœur depuis l’époque d’Avraham Avinou.

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En conséquence, des enfants qui se laissent aussi tenter par des aliments interdits en raison de la négligence de leurs pères créent des doutes dans leur Emouna et s’éloignent du mode de vie prôné par la Tora. Comme l’écrit l’auteur du Pri ‘Hadach à propos de la cacherouth des aliments : comme à notre époque, on ne prête pas attention à ces sujets, la majorité des enfants tournent le dos à la tradition, deviennent insolents et ne sont pas animés de crainte de D’.

C’est pourquoi les Tsadikim ont toujours tenté de déployer le plus d’efforts possibles pour éviter que les Juifs ne consomment d’aliments interdits. Le rav Méir Schwartz de Londres m’a un jour relaté que lorsqu’il a commencé à occuper la fonction de cho’het (abatteur rituel) sous l’égide d’une communauté peu pratiquante, il ne se sentait pas à l’aise et ne trouvait pas sa place. Il lui était difficile d’évoluer dans un tel environnement, parmi des cho’hatim qui n’étaient pas suffisamment animés de crainte divine, mais il ne savait pas décider par lui-même s’il devait quitter son poste pour cette raison. Lorsque l’Admour de Skwira zatsal se rendit à Londres, en route pour les Etats-Unis à la fin de la seconde Guerre mondiale, il lui exposa sa question. Et l’Admour lui répondit : « Toutes les difficultés valent la peine pour protéger même un seul Juif de la consommation d’un kazayit d’une bête impure ! »

Dans l’ouvrage Or Lachamayim (parachat Tsav), il est question de la prudence à exercer dans la consommation d’une infime quantité de ‘Hamets à Pessa’h. Il est en réalité impossible d’être cent pour cent sûr d’éviter sa consommation. Lorsque l’homme tente autant que possible de se préserver, D’ lui envoie des anges chargés de veiller sur lui. A notre époque, chaque aliment est formé d’un grand nombre de composants originaires de divers pays éloignés, et il est très difficile de ne pas trébucher dans la consommation de la moindre trace d’aliments interdits. Dans cette perspective, l’homme doit déployer tous les efforts possibles dans ce domaine, pour s’éloigner de tout aliment dont la consommation présente un doute ; toute personne qui cherche à se purifier dans ce domaine est aidée du Ciel pour se protéger convenablement.

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Il faut également étendre ces enseignements à notre propre famille : on ne fera aucun écart dans la consommation de nourriture non-cachère. Si un doute se présente sur la cacherouth d’un aliment, il faudra éviter de le consommer. Par cette attitude, nos enfant exerceront la même vigilance et grandiront dans la pureté et la sainteté. Le fait de se retenir dans le domaine de l’alimentation apporte des bienfaits éternels sur le plan spirituel et matériel.

C’est l’une des raisons pour laquelle les Juifs sont tenus de jeûner à Yom Kippour : ce jour saint, l’homme doit s’habituer à dominer ses passions pour accomplir la volonté du Créateur, loué soit-Il, par le fait qu’il maîtrise son désir de manger, qui est très forte, et exerce sa propre volonté dans la joie de l’accomplissement des mitsvoth du Créateur. Ainsi, chaque année, l’homme se hisse à un niveau élevé en tenant à s’éloignant de la consommation d’aliments interdits et accomplit tous les commandements divins dans la joie, pour son profit éternel dans ce monde-ci et dans le Monde à venir.

GMAR HATIMA TOVA

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