Naftali Bennett, après avoir trahi la confiance de l’électorat de droite en 2021, est devenu en temps de guerre un facteur de division en accusant Netanyahou et son entourage de trahison d’une manière qui sert objectivement la propagande de l’axe iranien. En raison de son passé politique, de son exposition à un piratage exploité par des acteurs hostiles et de ses attaques contre la légitimité du gouvernement en pleine guerre, Bennett représente désormais un risque pour le pays et devrait se retirer de la vie politique israélienne.
Professeur Michael Ayache
Naftali Bennett est devenu, aux yeux d’une grande partie du peuple , le symbole de ce qu’Israël ne peut plus se permettre en temps de guerre : la rupture de la parole donnée, l’attaque systématique de ses propres alliés et l’alignement, de fait, sur les narratifs de l’ennemi.
En 2021, alors qu’il s’était engagé à ne pas servir de tremplin à un gouvernement de centre‑gauche, il a choisi de renverser Benyamin Netanyahou en s’alliant avec Lapid, la gauche et un parti islamiste, utilisant les voix de la droite religieuse pour porter au pouvoir une coalition en contradiction frontale avec ce pour quoi ses électeurs avaient voté. Cette fracture initiale n’est pas un détail du passé : elle éclaire la nature d’un leadership prêt à instrumentaliser la confiance de la base sioniste pour des objectifs personnels, même au prix de fragiliser tout le pays.
Depuis le déclenchement de la guerre, au lieu de tirer les leçons de cette rupture, Bennett a choisi d’aller plus loin encore, en accusant Netanyahou et son entourage de « trahison » et de collusion avec le Qatar, comme si le cœur même de la direction d’Israël travaillait pour l’ennemi. Une telle charge, sans décision des services de sécurité ni verdict judiciaire, fournit exactement le type de récit que l’axe iranien cherche à diffuser : un Israël dirigé par des élites corrompues et vendues à ses ennemis. Les médias hostiles et les réseaux pro‑iraniens n’ont plus qu’à reprendre ses propos pour prétendre que « même la droite israélienne » reconnaît une trahison au sommet, affaiblissant la crédibilité internationale d’Israël et alimentant les campagnes de délégitimation. Dans un moment où l’État juif a besoin d’une colonne vertébrale politique solide, Bennett choisit d’attaquer les fondations mêmes de la confiance publique.
À cela s’ajoute un élément gravissime : la révélation récente d’un piratage visant Bennett, revendiqué par un groupe lié au camp pro‑iranien, qui affirme avoir accédé à ses communications ou au moins à son compte Telegram. Même si son entourage tente de minimiser l’ampleur de l’intrusion, il est déjà établi que des données – messages, contacts, bribes de conversations – circulent désormais entre les mains d’acteurs hostiles, qui peuvent les exploiter, les manipuler ou les combiner avec de la désinformation pour exacerber les tensions internes en Israël. Qu’un ancien Premier ministre, se présentant comme expert en sécurité et en high‑tech, devienne un vecteur potentiel d’opérations psychologiques ennemies, tout en lançant en parallèle des accusations incendiaires contre le gouvernement en place, transforme sa présence dans l’arène politique en vulnérabilité stratégique.
Du point de vue d’un patriote responsable, la critique du pouvoir est non seulement légitime, mais indispensable : il faut interroger les choix de guerre, exiger des commissions d’enquête, débattre de la gestion des liens complexes avec des acteurs comme le Qatar. Mais il y a une frontière entre l’opposition loyale et la destruction méthodique de la légitimité de l’État en armes. Quand Bennett présente quasiment comme acquise l’idée que le « saint des saints » de la sécurité israélienne serait infiltré par des « agents » d’un État ennemi, sans s’appuyer sur les évaluations des services compétents, il ne renforce pas Israël : il scie la branche sur laquelle repose la résilience du pays.
Un tel discours affaiblit la confiance des citoyens dans Tsahal, dans le système sécuritaire, dans la direction élue – exactement ce que recherchent Téhéran, le Hamas et leurs relais.
Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de savoir si Bennett se trompe politiquement ; elle est de savoir s’il est encore compatible avec l’exigence de responsabilité que la situation impose. Un dirigeant qui a déjà utilisé les voix de la droite pour installer un gouvernement opposé au camp national, qui se retrouve aujourd’hui au cœur d’une affaire de piratage exploitée par l’axe iranien, et qui choisit de délégitimer le leadership israélien en pleine guerre, ne peut plus être considéré comme un garant de la stabilité et de la sécurité du pays.
Une démocratie en état de guerre a besoin d’une opposition qui renforce le front intérieur, pas d’une figure dont chaque sortie publique devient une nouvelle munition pour la propagande ennemie. Benett est aujourd’hui le joker des partis arabes, de la gauche, des partisans de la deep state, des médias corrompus, de la classe favorisée et des anti-Bibi obsessionnels.
Dans ces conditions, et précisément pour protéger la démocratie israélienne, Tsahal et l’unité du peuple, la seule conclusion cohérente avec une vision saine est la suivante : Naftali Bennett devrait se retirer de la vie politique israélienne. L’État d’Israël n’a pas le luxe de tolérer durablement, au cœur de son camp national, un acteur qui a brisé la confiance de ses électeurs, fournit aujourd’hui un carburant rhétorique à l’axe iranien et met en danger la cohésion nationale à l’heure où la survie du pays se joue. Le pays a besoin de dirigeants fermes, loyaux et responsables ; il ne peut plus servir de laboratoire à l’ambition d’un homme devenu, de fait, un risque pour Israël.
























