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Professeur Michael Ayache
Qui est cette « experte » que l’on récompense ainsi ? Une militante qui ressasse les vieux poncifs antijuifs avec le vocabulaire chic des ONG. Elle parle des États-Unis comme d’un pays « subjugé par le lobby juif », ressortant le fantasme classique du complot juif qui contrôlerait les gouvernements. Elle a insinué un lien entre Israël, la CIA et l’attentat de Charlie Hebdo, comme si tout drame devait, tôt ou tard, révéler « la main cachée » de l’État juif. Elle recycle les comparaisons avec le nazisme, va jusqu’à suggérer un « gène du génocide » dans le projet sioniste, et prétend que la légitimité d’Israël est intrinsèquement viciée. Ce n’est pas une critique politique, c’est un dogme : le Juif souverain, sous la forme de l’État d’Israël, est par nature coupable.
Le 7 octobre a agi comme un test moral. Le Hamas a perpétré un pogrom à visage découvert : massacres de civils, viols, enlèvements, tortures, exécutions de familles entières parce qu’elles étaient juives. Dans un monde sain, cela aurait suffi à balayer la moindre ambigüité sur la nature de ce mouvement. Pourtant, Albanese a choisi de relativiser, de diluer, de détourner le regard. Elle conteste la qualification de pogrom, nie l’idéologie antisémite du Hamas, et transforme la barbarie islamiste en simple « réaction » au prétendu “régime colonial” israélien. Le terrorisme devient presque compréhensible, presque excusable ; le seul crime vraiment impardonnable reste, dans sa grille de lecture, la défense d’Israël.
Et l’ONU, que fait-elle ? Elle récompense. Malgré les avertissements des États-Unis, de parlementaires européens, de députés français, du CRIF, d’ONG qui ont documenté son parti pris, malgré des rapports détaillant ses propos antisémites, malgré les pétitions et les lettres officielles réclamant la fin de son mandat, rien n’y fait. Le système a décidé de protéger l’une des siennes. Les plaintes sont enterrées, le débat est étouffé, la reconduction se déroule comme si de rien n’était. Ce n’est plus un « biais » : c’est une complicité.
Ce scandale met à nu une réalité que trop de responsables occidentaux font semblant d’ignorer : le nouvel antisémitisme ne s’affiche plus avec les croix gammées, il se drape dans le langage des « droits humains ». On ne dit plus « les Juifs dominent le monde », on explique doctement que le « lobby juif » contrôle Washington. On ne réclame plus « mort aux Juifs », on exige « la fin du régime sioniste ». On ne brûle plus les synagogues au nom des Protocoles des Sages de Sion, on encercle les ambassades israéliennes en scandant des slogans d’extermination sous couvert de “justice pour la Palestine”. La cible est la même : le peuple juif, simplement rebaptisé “sioniste” pour rendre la haine présentable.
Le maintien d’Albanese n’est donc pas un accident, c’est un révélateur. Il montre que, dans certaines instances internationales, la diabolisation d’Israël est devenue une langue officielle, un réflexe pavlovien, un ciment idéologique. Des résolutions à la chaîne contre le seul État juif, des commissions exclusivement consacrées à le condamner, des rapporteurs qui franchissent toutes les lignes rouges sans jamais être sanctionnés : tout cela forme un système. Un antisionisme d’État, installé au cœur d’une organisation que l’Occident continue de financer et de vénérer comme si elle incarnait encore une conscience morale.
Face à cela, le camp sioniste n’a plus le droit d’être naïf. Israël ne peut plus traiter l’ONU comme un arbitre neutre : c’est un terrain de combat où sa légitimité même est mise en accusation jour après jour. Il faut assumer le bras de fer politique, exposer sans relâche le double standard, forger des alliances avec les États qui refusent de tolérer la banalisation de la haine antijuive sous un vernis progressiste, et, le cas échéant, retirer à certaines agences le monopole de la parole “morale”.
Francesca Albanese n’est pas seulement le visage d’un problème individuel, elle est le symptôme d’une maladie institutionnelle : l’idée que le Juif, dès qu’il devient souverain sur sa terre, peut être à nouveau traqué, jugé et condamné en bloc. Le sionisme de droite a pour première responsabilité de le dire clairement : nous n’avons pas construit un État, relevé une armée et enterré nos morts pour demander l’absolution à ceux qui confondent justice internationale et haine du peuple juif. Israël n’a pas à se prosterner devant des instances qui reconduisent leurs antisémites de service. C’est à ces instances de prouver qu’elles méritent encore d’être prises au sérieux par un peuple qui a payé le prix ultime pour avoir cru, autrefois, à la protection des “nations civilisées”.

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