Le miracle du Aron hakodech au Temple

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Léilouï nichmat rav Chalom zatsa’’l, rav Avraham zatsa’’l, tous nos disparus et en particulier ceux pour lesquels personne n’étudie ni ne prie. A nos frères exterminés, de tous lieux et toutes époques, des plus anciens aux tout récents, que Hachem venge leur sang. Une guérison rapide et complète pour tous nos malades et blessés. Que nos frères et sœurs prisonniers rentrent en paix. Que nos soldats et soldates qui combattent pour notre protection reviennent en bonne santé.

La Gurmara (Mrguila 10b) ramène des versets sur le Aron hakodech de Moché rabbénou. Tout autour du Aron, la distance qui le séparait des cloisons était de 10 amoth de chaque côté (environ 6 m suivant le ‘Hazon Ich). La pièce dans laquelle il se trouvait aurait donc dû mesurer 20 amoth plus la dimension du Aron lui-même (2,5 x 1,5 amoth, cf. Terouma 25,10). Or, la pièce ne mesurait que 20 amoth en tout. Mais où est donc passé le Aron ?

Une question se pose : qui pouvait approcher du Aron hakodech sinon le Cohen Gadol (Aharon hacohen) ? Y entrait-il à Yom hakipourim pour prendre des mesures avec son double-décimètre ? Et pourquoi aurait-il eu cette idée saugrenue de toute façon ?

Du coup, à qui et à quoi « sert » ce miracle ? La Guemara, même si elle emploie le terme de « Ness » en conclusion de sa démonstration, commence par énoncer cet enseignement de la façon suivante au nom de rabbi Lévi : on a une tradition transmise par nos ancêtres que « la place occupée par le Aron hakodech ne fait pas partie de la mesure ».

La Création, dans son ensemble, n’est qu’un contenu. Le « contenant » étant Hachem, qui est Lui-même « lié » à la Tora et au peuple d’Israël (Beréchit Raba 68 au nom de rav Houna et Zohar A’haré Mot).

La Tora, que représente le Aron hakodech, n’a donc aucune mesure, aucune limite. Ni temporelle, ni spatiale, rien ne peut la contenir au sens physique du terme. Ce n’est donc pas un « miracle » destiné à être constaté, personne ne pouvant effectuer ces mesures. Cela reste donc bien « une tradition transmise par nos ancêtres » : c’est la nature même de la Tora qui est décrite ici.

Le peuple juif étant intimement lié à la Tora (le Zohar dit מתקשרין דא בדא, « « attaché l’un dans l’autre »), il paraît donc logique que lui aussi ne soit pas assujetti aux lois naturelles (אין מזל לישראל,  d’après tabbi Yo’hanan dans Chabbath 156a), cet ensemble étant également « imbriqué » dans Hachem si l’on peut s’exprimer ainsi. Mais c’est une condition tri-partite. Si nous délaissons la Tora, notre nature même change alors, et redevenons dépendants de la nature et de ses lois.

C’est là le sens profond du verset de Trhilim (68,35 ; voir Nefech Ha’hayim Chaar 1, chapitre 3) : « תְּנוּ עֹז, לֵאלֹהִים עַל-יִשְׂרָאֵל גַּאֲוָתוֹ; וְעֻזּוֹ, בַּשְּׁחָקִים » généralement traduit par « proclamez la puissance de Hachem, Son orgueil est sur Israël, et Sa force dans les nuées ».

Sauf que la traduction mot à mot est différente : elle est « donnez de la force à Hachem… ». Nous pouvons donc renforcer nous-même la présence de Hachem et Son interaction directe avec ce monde, par nos Mitsvoth et l’étude de la Tora, non assujettie à la nature comme précisé.

Si nous voulons que « Son orgueil soit sur Israël » (fin du verset), il faut donc que « nous donnions de la force à Hachem » (début du verset).

Le 28 octobre 1952, Ben Gourion vint s’entretenir avec le ‘Hazon Ich, sur l’épineuse question (déjà !) du « vivre ensemble » entre religieux et laïcs. Le ‘Hazon Ich cita une Guemara (Sanhédrin 32b) : si deux chameaux se croisent alors que l’un est lourdement chargé et pas l’autre, c’est à ce dernier de céder le passage. Nous sommes « lourdement chargés » du poids de la Tora et des Mitsvot, nous avons donc priorité. Ben Gourion demanda alors ce qu’il en est des soldats, n’ont-ils pas aussi un poids immense sur leurs épaules ? Le rav répondit que leur réussite ne dépend que de notre réussite (à lire sur : https://www.torah-box.com/etudes-ethique-juive/pensee-juive/la-rencontre-historique-entre-le-hazon-ich-et-ben-gourion_2796.html).

On retrouve là le même principe, à savoir qu’avant d’intervenir « en bas », il faut assurer nos arrières « Là-Haut », sinon « Son orgueil » ne pourra pas « résider sur Israël ».

Nous constatons clairement ce principe quand un Tsadik décrète et que cela se réalise, contrairement à tout pronostic « naturel ». Peut-être pouvons-nous trouver une allusion dans le fameux verset de Tehilim (119,97) : מָה-אָהַבְתִּי תוֹרָתֶךָ: כָּל-הַיּוֹם, הִיא שִׂיחָתִי

Pratiquement, dans la « vraie vie », même un Tsadik ne prononce pas que des versets et des passages de Guemara dans ses paroles, il s’exprime normalement dans ses échanges, pourquoi le verset dit-il que David hamélekh ne parle que de Tora toute la journée ?

La réponse est simple : quand l’unique réalité de quelqu’un n’est que Tora, alors même sa « conversation » (שִׂיחָתִי) devient Tora au sens propre. Même s’il ne prononce que « Berakha vehatslakha », ou même seulement « Boua » (vous aurez reconnu la conduite de rav ‘Hayim Kanievski zatsal).

Et si ses mots deviennent Tora, alors ils ne font plus partie de ce monde matériel et se transforment en Aron hakodech. Ils sont « en-dehors de la mesure ».

Puissions-nous, par notre renforcement dans la Tora, mériter de voir revenir nos captifs, qu’ils soient retenus par nos ennemis physiques ou spirituels. Qu’ils reviennent en bonne santé du Rechout harabim vers le Réchout haya’hid en cette veille de Chabbat.

Chabat Chalom et que des bonnes nouvelles.

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