Bennett entretient le flou et inquiète l’opposition
Les récentes prises de parole de Naftali Bennett ravivent les tensions au sein de l’opposition israélienne. Après une conférence très suivie organisée lundi soir, l’ancien Premier ministre a fixé plusieurs lignes rouges politiques, tout en laissant subsister une ambiguïté majeure : sa position réelle vis-à-vis d’un éventuel retour au pouvoir aux côtés de Benjamin Netanyahu.
Lors de cette intervention publique, Bennett a affirmé qu’il n’envisageait pas de siéger dans un gouvernement incluant les partis orthodoxes ni les formations arabes. Une déclaration qui, loin de rassurer l’opposition, a au contraire renforcé les soupçons d’une stratégie plus complexe. Selon plusieurs responsables politiques, ces exclusions réduisent drastiquement les scénarios de coalition possibles et laissent, de fait, une seule option crédible : une alliance avec Netanyahu.
En coulisses, Bennett aurait réitéré ces engagements lors de réunions fermées et d’échanges avec des militants. Toutefois, malgré des sollicitations répétées, il se serait abstenu de formuler un engagement explicite excluant toute coopération avec l’actuel chef du gouvernement. Ce refus d’écarter clairement Netanyahu alimente les inquiétudes. Pour certains membres de l’opposition, ce silence ne serait ni accidentel ni anodin, mais le signe d’une manœuvre politique délibérée.
Un élu de l’opposition résume le malaise ambiant : il serait incohérent de se présenter comme une alternative crédible tout en fermant toutes les options de coalition, sauf celle qui conduit au dirigeant en place. Cette ambiguïté ravive également le souvenir de précédents engagements non tenus par Bennett, notamment lors de cycles électoraux passés, ce qui nourrit une défiance persistante à son égard.
Dans ce contexte, plusieurs analystes politiques estiment que Bennett cherche à se repositionner comme un acteur central, capable de parler à différents camps sans se lier trop tôt par des promesses irréversibles. Cette posture lui permettrait de conserver une marge de manœuvre maximale dans un paysage politique fragmenté, où aucun bloc ne dispose actuellement d’une majorité stable.
Du côté du pouvoir, la réaction n’a pas tardé. Un haut responsable du Likoud a vivement critiqué Bennett, l’accusant d’inconstance et de manque de crédibilité. Selon lui, aucune déclaration publique ni engagement écrit ne suffira à effacer l’image d’un dirigeant prêt à s’allier, par le passé, avec des forces politiques opposées au Likoud. Le parti au pouvoir affirme ne pas envisager de coopération avec Bennett, qu’il accuse de discours contradictoires et de calculs opportunistes.
Cette confrontation verbale illustre la profondeur des fractures au sein du champ politique israélien. Alors que la population reste marquée par une succession de crises institutionnelles et de gouvernements fragiles, la question de la clarté des engagements politiques devient centrale. Pour l’opposition, l’enjeu est désormais de savoir si Bennett peut réellement incarner une alternative ou s’il prépare un retournement stratégique susceptible de rebattre les cartes au profit du statu quo.
Dans un climat de méfiance généralisée, l’attitude de Bennett continue de susciter interrogations et spéculations. Son refus de verrouiller certaines options alimente l’idée qu’une recomposition politique inattendue reste possible, au moment même où de nombreux acteurs réclament davantage de transparence et de cohérence dans le jeu des alliances.
Jérémie de Jforum.fr



























