Le rabbi de Kalov, par. Tazria Metsora : Pour se rapprocher de Hachem, renforçons notre pratique du Chabbath

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« Au huitième jour, on circoncira l’excroissance de l’enfant » (Vayikra 12,3).

Il est dit dans la Guemara (Berakhot 17a) : Rabbi Alexandri a déclaré : « Maître des mondes, Tu sais que notre volonté est de faire Ta volonté. Mais qu’est-ce qui nous en empêche ? Le levain dans la pâte et le joug des nations. Que ce soit Ta volonté que Tu nous sauves de leurs mains et que nous retournions à la pratique de Tes commandements de tout cœur. » Rachi commente que le levain dans la pâte fait référence au Yetser Hara’, le mauvais penchant logé dans le cœur de l’homme qui nous fait fermenter.

La racine de ce phénomène se trouve dans cette affirmation de nos Sages (Chabbath 97a) : les enfants d’Israël sont qualifiés de croyants, fils de croyants : la Émouna est ancrée dans l’esprit et l’âme du Juif depuis Avraham Avinou, que la paix soit sur lui, qui était l’exemple par excellence des croyants, comme il est dit (Beréchit 15,6) : « Et il eut foi en l’Éternel. » De la même façon, il est dit à propos des enfants d’Israël avant la sortie d’Égypte (Chemoth 4,31) : « Et le peuple y eut foi. » De même, la Guemara (Kidouchin 3a) commente ainsi le verset (Vayikra 1,3) : « Il l’approchera, pour être agréable à Hachem » : on contraint l’homme jusqu’à ce qu’il ce qu’il déclare : « Je le désire », car nous sommes témoins qu’il est prêt à se repentir. Tout Juif doté d’une âme sainte, parcelle du divin, dans son for intérieur, veut être bon et se plier à la volonté du Créateur, mais il a besoin d’être guidé pour échapper aux tentations du Yetser Hara’.

L’un des premiers conseils pour un homme qui se décide à se repentir et à se rapprocher de Hachem, loué soit-Il, consiste à s’engager formellement à respecter scrupuleusement le saint Chabbath. En respectant le Chabbath à la lettre, au nom du Ciel, en se pliant au commandement du Créateur, sa conscience s’élève et il a la faculté de distinguer entre le mal et le bien. En effet, le Chabbath est qualifié dans le Zohar Hakadoch (deuxième partie, 89a) : « jour de la Tora. » Or, c’est la Tora qui lui fait connaître ses obligations.

Grâce à la pratique du Chabbath, se dévoile au maximum cette idée mentionnée par nos Maîtres (Avot 4,2) : le salaire d’une Mitsva est une Mitsva. En effet, le Chabbath déverse sur l’homme une sainteté qui le pousse à vouloir accomplir une autre Mitsva. Grâce au Chabbath, notre compréhension de la Tora s’aiguise, et plus on comprend, plus on veut se soumettre à la volonté divine. En effet, lorsque l’homme est plongé dans la matérialité et le manque de discernement, dans ce cas, toutes les Mitsvoth lui semblent un poids. Par la sainteté du Chabbath et la Nechama Yetéra (supplément d’âme), la matérialité disparaît et sa véritable volonté se révèle.

De ce fait, nos Maîtres affirment (Chabbath 118b) : tout homme qui respecte le Chabbath selon la Halakha, même s’il sert des idoles, comme à la génération d’Enoch, est pardonné. Grâce au respect du Chabbath, l’homme s’attire un repentir complet et une Émouna totale.

Nos ouvrages sacrés font état de l’idée que le moment propice pour se repentir est la veille du saint Chabbath, avant l’entrée du Chabbath et avant l’immersion au Mikvé. L’homme est comparable à un ustensile en argile et sa délivrance a lieu à travers le repentir par le cœur brisé. Il devient ensuite un nouvel ustensile : il purifie ensuite cet ustensile grâce à l’immersion et accueille le Chabbath comme il se doit.

La servante de rabbi Elimélekh de Lizensk, que son mérite nous protège, confia au rabbi de Rouzyne, que son mérite nous protège, cette impression : la veille du Chabbath, après l’heure de ‘Hatsot, la crainte et la présence de la sainteté régnaient dans le foyer de son maître de manière si intense que même les servantes qui se disputaient toute la semaine s’apaisaient mutuellement, en larmes, tout comme le jour de Kippour où l’on s’accorde un pardon mutuel.

On connaît aussi cette question soulevée par le rabbi de Lublin : pourquoi disons-nous au début du Chabbath : « Ouvéyom Hachevii Chabbath Vayinafach » (Le septième jour, on se reposera), comme il est écrit : « L’âme se reposa » (Betsa 15a et Zohar Vayakel) ? Cela se termine le Motsaé Chabbath. Les commentateurs affirment qu’on se plaint de ce que l’âme a perdu pendant les jours de la semaine précédente. Car au cours de la semaine, l’homme est affairé à ses affaires et plongé dans la matérialité, et par le peu de paroles de sainteté qu’il prononce, il estime être un homme parfait qui se consacre aux Mitsvoth comme il se doit, et même s’il a commis plusieurs fautes, le Yetser Hara lui invente des excuses pour chaque conduite problématique. Or, dès que le Chabbath commence, par la sainteté du supplément d’âme qui élève sa conscience, il se rend compte que pendant la semaine précédente, sa sainteté s’est affaiblie et ses actions n’étaient pas au niveau requis. De ce fait, dès l’entrée du Chabbath, il déclare : « L’âme s’est perdue » : au cours de la semaine qui s’est écoulée, et ainsi, il se renforce encore davantage pour exploiter la journée du Chabbath pour s’élever. Cela lui donne la force et le courage de se conduire dans la sainteté également pendant les jours de la semaine qui suit, grâce à la faculté de la sainteté qu’il a absorbée par son service divin le jour du Chabbath.

Les ouvrages sacrés expliquent que c’est l’une des raisons qui expliquent la coutume des Achkenazes de commencer la récitation des Seli’hoth au mois d’Eloul le dimanche : en effet, le cœur est encore soumis à la sainteté et au repentir par amour découlant du jour du saint Chabbath qui l’a précédé, qui pousse l’homme à réciter les Seli’hoth avec l’émotion qui s’impose.

L’auteur de l’ouvrage Sifté Tsadik (Parachat Tazria) affirme qu’une personne qui porte des signes de Néga (impureté due à la lèpre) est enfermée pour une durée de sept jours : ainsi, il passe un Chabbath, propice au repentir par amour. Ainsi, il guérira du mal qui l’avait affecté dans le but de l’inciter à se repentir.

Ce principe est valable à toutes les époques : lorsque certains facteurs nous poussent à la Techouva, il convient de nous renforcer dans la pratique du Chabbath selon la Halakha, car on aura ainsi droit à un repentir complet.

Nous trouvons ainsi une allusion à cette idée dans le verset de notre Paracha : « Au huitième jour » : le jour qui suit le saint Chabbath, qui correspond au huitième jour, « on circoncira l’excroissance de l’enfant » : il peut être circoncis et le pouvoir de la convoitise est retranché de l’homme. Le Rambam, en effet, explique quel tel est le motif de la Mitsva de la Brit Mila : affaiblir la convoitise. En effet, la faculté du respect du Chabbath contribue à aider l’homme à éliminer l’écorce des désirs de la chair, qui recouvrent la volonté pure et authentique logée dans son cœur.

Chabbath Chalom !

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