Impasse totale : après le zigzag de Netanyahou – voici les options restantes pour les Haredim

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Rabbi Dov Landau, head of the Slabodka yeshiva in Bnei Brak delivers a lesson at the Mir Yeshiva, in the ultra orthodox neighborhood of Mea Shearim, Jerusalem, September 19, 2023. Photo by Arie Leib Abrams/Flash90 *** Local Caption *** ישיבה בחורי ישיבה בית מדרש לימוד חרדי מיר ישיבת מיר הרב דב לנדאו

Les partis orthodoxes traversent une crise majeure. D’un côté, Netanyahou a rompu son engagement de régulariser le statut des étudiants en Tora ; de l’autre, une frustration profonde gagne le public ‘harédi face à l’échec du dossier, alors que les étudiants de Yechivoth subissent une persécution draconienne de la part du système judiciaire.

JDN – Israël Zeev Lowenthal – Illustration : Flash 90

En coulisses, Netanyahou avait demandé aux partis ‘harédim s’ils soutenaient la loi. Ces derniers ont exigé de savoir, avant de répondre, s’il comptait lui-même la promouvoir. Lundi soir, la réponse est tombée : le bureau de Netanyahou a annoncé qu’il était incapable de faire avancer la loi, affirmant qu’il ne parviendrait pas à convaincre les « rebelles » au sein du Likoud et qu’il ne disposait donc pas de la majorité nécessaire.

Cette annonce a provoqué la fureur des factions orthodoxes. C’est le Premier ministre lui-même qui leur avait promis, à la veille du vote du budget, qu’il saurait rassembler une majorité. C’est sur la base de cette promesse qu’ils avaient voté le budget 2026. Aujourd’hui, il se rétracte, « fidèle à son habitude », fustigent-ils.

Des options limitées et amères

Les possibilités qui s’offrent désormais aux députés ‘harédim ne sont guère réjouissantes :

  1. Quitter la coalition : C’est déjà techniquement fait par leur arrêt de coopération.

  2. Dissoudre la Knesset : Un geste presque symbolique à ce stade. Le Likoud a le pouvoir de retarder le processus législatif de dissolution d’au moins un mois, ce qui mènerait à des élections vers le mois d’Eloul (août/septembre).

  3. Le boycott total des votes : Si les ‘Harédim votent systématiquement contre la coalition, Netanyahou n’aura d’autre choix que d’annoncer lui-même la fin du gouvernement. « Il nous a poussés à bout avec un tour de passe-passe habile, mais nous y sommes », confie une source interne.

L’ombre des élections

Pendant ce temps, l’opposition s’empresse de déposer une proposition de loi pour dissoudre la Knesset, qui sera soumise au vote mercredi prochain. Une autre option, plus théorique, serait une « motion de censure constructive » (remplacer le Premier ministre sans dissoudre la chambre), mais les chances de réussite sont jugées quasi nulles.

Au-delà des jeux politiques, les partis orthodoxes (Degel HaTora et le Shas, qui agissent ici en totale coordination) sont conscients que l’échec de la loi sur l’enrôlement pèsera lourdement sur la mobilisation de leurs électeurs. Il faudra une campagne extrêmement créative pour convaincre un public ‘harédi frustré, qui se sent abandonné face à ce qu’il perçoit comme une « persécution motivée par la haine » de la part du système judiciaire israélien.

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