Sans l’autorisation de Netanyahou : la décision qui place Beyrouth sur la ligne de mire

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Tsahal a reçu carte blanche pour appliquer une riposte automatique et de forte intensité à Beyrouth, sans avoir besoin de l’approbation de Netanyahou ou de Katz | Une source américaine : « Nous soutenons l’intégrité du Liban, Israël permettra la création de « zones expérimentales » sous le contrôle de l’armée locale »

Kol réga’ – Avi Vider 

Lors de la réunion du cabinet restreint qui s’est tenue hier (lundi) en matinée, une décision majeure a été prise concernant la politique de riposte d’Israël sur le front nord. Il a été décrété qu’à compter de cette nuit, tout tir en provenance du Liban qui franchira le territoire de l’État d’Israël entraînera une réponse immédiate sous forme de frappe à Beyrouth.

Selon les informations de la Chaîne 14, cette décision a été adoptée à l’issue d’une séance agitée, et stipule principalement que les frappes dans la capitale libanaise seront exécutées sans qu’il soit nécessaire d’obtenir une autorisation exceptionnelle et spécifique de l’échelon politique, y compris du Premier ministre Benjamin Netanyahou et du ministre de la Défense Israël Katz.

Il s’agit d’accorder une large liberté d’action opérationnelle au système de sécurité afin de générer une riposte rapide. Il convient de noter que, pour l’heure, aucun tir ayant traversé le territoire israélien n’a été signalé depuis hier matin, de sorte que cette nouvelle directive sera mise à l’épreuve lors du prochain tir.

Cette réunion de l’échelon politique visait à prendre des décisions cruciales qui façonneront le paysage sécuritaire dans les mois à venir, dans un contexte de combats actifs sur cinq fronts simultanés. La réalité sécuritaire actuelle est extrêmement explosive, comme en témoigne la succession d’événements récents, parmi lesquels le grave attentat de Kokhav Ya’ir, les tirs directs depuis l’Iran et les violations continues en provenance du Liban. Parallèlement, Tsahal continue d’opérer de manière ciblée à Gaza, où de nouvelles éliminations ont récemment été menées.

En parallèle, l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, a déclaré hier (lundi) à la chaîne Al-Jadeed que le président du Parlement libanais, Nabih Berri, avait consenti à un cessez-le-feu. « Il y aura un cessez-le-feu, vous le saurez demain », a-t-il affirmé. Issa se trouve à Beyrouth dans le cadre d’une série de rencontres officielles, au cours desquelles il s’est entretenu avec Berri, le président de la République Joseph Aoun, et le Premier ministre libanais Nawaf Salam. Les discussions entre Israël et le Liban devraient reprendre le 22 juin à Washington.

Une source officielle américaine s’est exprimée cette semaine auprès du journal Haaretz au sujet du plan visant à établir des « zones expérimentales » qui seraient sous le contrôle de l’armée libanaise. Selon cette source, leur création sera possible si le Hezbollah respecte les conditions du cessez-le-feu, qui incluent « l’arrêt total des tirs et l’évacuation des agents (du Hezbollah) de la zone située au sud du Litani ». D’après cette même source, le respect de ces conditions par le Hezbollah permettra « le retour des personnes déplacées et la reconstruction du Liban ». En d’autres termes, sous ces conditions, Israël pourra se retirer du Sud-Liban.

La source a ajouté que les États-Unis soutiennent l’intégrité territoriale du Liban, contrairement aux déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahou, qui a affirmé jeudi dernier aux chefs des municipalités du Nord qu’Israël ne se retirerait pas du Sud-Liban « dans un avenir prévisible ». Selon elle, les discussions entre Israël et le Liban « visent à permettre au Liban d’être un État souverain, pour la première fois depuis des décennies, ce qui profitera à la sécurité d’Israël ». La source a également précisé que les États-Unis soutiendront les discussions entre Israël et le Liban « jusqu’à ce qu’un accord de paix et de sécurité global soit atteint ».

Issa a également évoqué ces zones expérimentales au Sud-Liban. « Ce sera une zone ouverte à ses habitants, ils pourront y retourner et c’est l’armée libanaise qui contrôlera le territoire », a expliqué l’ambassadeur. « Israël n’attaquera pas dans une telle configuration. Si ce modèle réussit sa phase pilote, tout le Sud-Liban y ressemblera ». Lorsqu’il a été interrogé par la chaîne Al-Mayadeen pour savoir s’il s’agissait d’un accord équitable pour le Liban, il a répondu : « Israël ne veut pas d’un seul mètre du territoire libanais. Tout se fera à l’avantage du Liban, et c’est ce que nous voulons. Tout ce qui se passe actuellement à Washington sert l’intérêt libanais, même si cela est lié à un accord plus large avec l’Iran. »

Selon le communiqué officiel de la présidence libanaise publié après la rencontre entre Issa et Aoun, l’ambassadeur américain a indiqué que les États-Unis avaient décidé de ne pas élargir le conflit, bien qu’il ne ressorte pas clairement du texte si Issa faisait référence à la frappe israélienne dans la banlieue sud (Dahiyeh) ou à l’attaque iranienne contre Israël. De plus, le communiqué mentionne que Issa a souligné que l’administration américaine accorde une importance primordiale au dossier libanais et que le président Donald Trump suit de près l’évolution de la situation.

Dans le même temps, des sources à Washington ont rapporté à la chaîne libanaise LBCI que le cessez-le-feu obtenu mercredi dernier est global et total, tout en insistant sur le fait que son application concrète reste conditionnée à l’acceptation de l’accord par le Hezbollah et au retrait de ses forces de la zone située au sud du Litani. Selon ces mêmes sources, le mécanisme des zones expérimentales élaboré a pour but de faciliter un retrait israélien progressif du territoire, tout en permettant le déploiement organisé de l’armée libanaise dans la zone évacuée.

D’après une source au sein de la FINUL s’exprimant auprès de Haaretz, le lendemain de la déclaration conjointe des États-Unis, d’Israël et du Liban la semaine dernière, le Hezbollah s’est abstenu d’attaquer tant les forces de Tsahal que les localités du nord jusqu’à seize heures, heure à laquelle l’organisation a repris ses attaques. Israël n’a pas interrompu ses frappes ce jour-là. Néanmoins, comme l’a indiqué la source samedi, Tsahal a cessé de détruire des villages dans le Sud-Liban depuis jeudi.

En parallèle, le ministre de la Défense du Liban a présenté lors d’une réunion du Conseil des ministres des données officielles détaillant l’ampleur des frappes et des dommages depuis le 1er mars 2026. Il ressort du rapport que le nombre de violations israéliennes du cessez-le-feu entre le 17 avril et le 7 juin 2026 — une période qui englobe l’annonce du cessez-le-feu — s’élève à 3 491 frappes aériennes. De plus, 407 bombardements ont été enregistrés, ainsi que 6 opérations de terrassement et d’essartage à divers endroits, parallèlement à 6 incursions terrestres des forces de Tsahal. Au total, selon les données présentées au gouvernement à Beyrouth, le bilan global des morts au Liban depuis le début de la campagne s’élève à 3 526 personnes, et le nombre de blessés a atteint 10 733.

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