L’armée s’obstine à intégrer les femmes au combat, provoquant une grave crise avec les Yechivoth du Hesder

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Collision frontale au sein de l’armée : l’insistance de Tsahal à intégrer à tout prix des femmes dans l’arme blindée (les unités de chars d’assaut) a provoqué une rupture avec les Yechivoth du Hesder. 12 directeurs de Yechivoth ont annoncé que ce service est interdit par la Halakha (la loi juive) et ont opposé leur veto à l’envoi de leurs étudiants dans le Corps des Blindés.

JDN

Le manque de flexibilité du commandement de Tsahal et l’obstination du système militaire à intégrer les femmes dans les rôles de combat ont conduit ce soir à un affrontement direct avec le monde des Yechivoth du Hesder : 12 directeurs de Yechivoth ont annoncé, par le biais d’une lettre, l’arrêt de la conscription de leurs étudiants dans le Corps des Blindés, et ce dès la prochaine vague d’enrôlement.

Cette démarche est la conséquence directe du refus de l’armée de trouver un compromis qui tiendrait compte des soldats religieux, et de sa décision d’intégrer à tout prix des combattantes dans les chars.

Dans une lettre virulente et percutante adressée aux hauts commandants de Tsahal et au ministère de la Défense, les directeurs de Yechivoth s’en prennent à l’attitude inflexible (« foncer tête baissée ») de l’armée, qui a accepté d’adopter l’arrêt de la Haute Cour de justice (Bagatz) sans formuler aucune opposition ni tenter de protéger le statu quo et les soldats pratiquants : « Nous, soussignés, directeurs de Yechivoth de Hesder, dont les étudiants se trouvent en première ligne des combats, considérons avec une grande gravité la décision de la Haute Cour d’obliger Tsahal à intégrer des combattantes dans les unités blindées de manœuvre. Nous déplorons la réponse laxiste de l’État d’Israël et de Tsahal, qui n’ont exprimé aucune opposition à cette démarche. L’introduction de soldates dans les chars en mixité avec des soldats masculins constitue une atteinte spirituelle et pratique à la capacité de combat. »

Face à l’insensibilité manifestée par l’armée, les directeurs de Yechivoth ont déterminé de manière catégorique que l’obstination militaire rend le service dans les blindés impossible pour leurs étudiants : « Après mûre et profonde réflexion, nous avons décidé que le service dans les blindés est interdit par la Halakha, et par conséquent, nous n’enverrons pas nos étudiants servir dans le Corps des Blindés à partir de la prochaine conscription. »

Malgré le boycott de la conscription dans les blindés, les dirigeants des Yechivoth soulignent dans leur lettre qu’ils n’ont pas l’intention de nuire à la motivation générale pour le service militaire, mais que c’est l’armée elle-même qui les a acculés au pied du mur. Selon eux, « les milliers de nos étudiants qui s’enrôlent dans les unités combattantes continueront de le faire avec un sens de la mission et avec force ».

Cependant, ils précisent que le manque de souplesse de l’armée a créé un problème logistique complexe, et que la responsabilité de le résoudre incombe désormais entièrement à l’institution qui a refusé le compromis.

Les rabbins exigent que l’armée trouve immédiatement des solutions de service alternatives pour les soldats ayant un profil médical propre aux blindés (qui ne leur permet pas d’intégrer l’infanterie), mais qui restent engagés dans un service combattant conforme à l’esprit de la Halakha. « Il incombe à Tsahal de veiller à ce que ceux qui ont un profil de combattant, mais ne sont pas adaptés à l’infanterie, disposent d’un cadre de combat adapté à leur esprit de lutte », ont-ils conclu.

Tsahal et l’Union des Yechivoth du Hesder n’ont pas encore réagi officiellement à cette lettre, mais des sources militaires expriment de vives inquiétudes. Le refus de l’armée de faire un pas vers les besoins des soldats religieux pourrait lui coûter cher et affecter gravement les effectifs des équipages de chars — précisément à une période où le Corps des Blindés supporte un fardeau de combat prolongé et sanglant sur tous les fronts.

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