Le chef de la diplomatie turque : « Israël est un problème pour toute l’humanité »

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« Israël n’est pas seulement le problème de la Turquie. Tout le monde le sait et le ressent. Ces gens sont devenus un fardeau que l’humanité ne peut plus supporter », a déclaré Hakan Fidan

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Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan FidanASSOCIATED PRESS/AP

Les tensions entre Israël et la Turquie ont franchi un nouveau cap après de virulents échanges entre les responsables des deux pays, sur fond de reconnaissance par Israël du génocide arménien.

Lors d’un entretien accordé à CNN Türk, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a vivement attaqué Israël. « Israël n’est pas seulement le problème de la Turquie. Tout le monde le sait et le ressent. Ces gens sont devenus un fardeau que l’humanité ne peut plus supporter », a-t-il déclaré.

La réponse israélienne n’a pas tardé. Dans un message publié sur X, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a accusé son homologue turc de tenir des propos relevant de « l’incitation au génocide ». « La déshumanisation du peuple juif et sa présentation comme un ‘fardeau insupportable’ constituent le langage classique des plus grands persécuteurs de l’histoire », a-t-il écrit. Gideon Sa’ar a également appelé les alliés de la Turquie au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à « condamner sans ambiguïté cet appel explicite à la destruction d’Israël ».

Cette nouvelle passe d’armes intervient quelques jours après la décision du gouvernement israélien de reconnaître officiellement le génocide arménien commis à la fin de l’Empire ottoman. Dans sa résolution, l’exécutif israélien a affirmé agir « au nom d’un devoir moral et historique », estimant que « malgré une documentation historique abondante et sans équivoque, le génocide arménien fait encore aujourd’hui l’objet d’une campagne institutionnalisée de négation et de minimisation », notamment de la part de la Turquie.

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a dénoncé cette reconnaissance. « Notre histoire est marquée par l’accueil de personnes fuyant les persécutions de l’Inquisition et celles des nazis », a-t-il déclaré, avant d’accuser Israël de chercher à détourner l’attention de la guerre à Gaza. « Ceux qui calomnient la Turquie pour détourner l’attention de la barbarie qu’ils commettent à Gaza le savent mieux que quiconque. S’ils regardaient leur propre histoire », a-t-il ajouté.

L’allié régional d’Ankara, Azerbaijan, a lui aussi critiqué la décision israélienne. Dans un communiqué, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a jugé « inacceptable » de « déformer les vérités historiques concernant les événements de 1915 » et de transformer « des processus historiques complexes en décisions politiques, loin de toute base juridique et scientifique ».

Ces échanges illustrent la dégradation continue des relations entre Israël et la Turquie, déjà fortement affectées par la guerre à Gaza et désormais aggravées par le dossier sensible du génocide arménien.

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