Le rabbi de Kalov, par. Pin’hass : le danger destructeur de la technologie non cachère

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« De ‘Hetsron, la famille des ‘Hetsronites ; de Karmi, la famille des Karmites » (Bamidbar 26,6).

Dernièrement, on observe une grande campagne de sensibilisation des gouvernements dans le monde, qui cherchent à instituer des lois pour réduire l’usage des smartphones chez les élèves scolarisés dans les écoles. En effet, ils ont déjà constaté l’ampleur des ravages que cela entraîne, même sur le plan matériel, comme nos Maîtres l’avaient prévu depuis des dizaines d’années.

Il nous incombe de réfléchir à l’idée que, généralement, l’impact négatif touche davantage les jeunes gens, mais on ne peut cependant pas faire abstraction de la réalité que ces outils technologiques affectent aussi gravement les adultes. Toutefois, il est plus difficile de faire passer des lois pour les adultes. C’est pourquoi ces lois sont limitées aux enfants et adolescents. On espère que ces derniers s’habitueront et continueront à l’âge adulte à en faire un usage limité.

Or cela n’a pas beaucoup d’effet dans de nombreux foyers où les parents eux-mêmes font un usage excessif de ces appareils. En effet, tant que l’enfant voit ses parents en faire usage, ou même si les parents lui expliquent l’ampleur du tort causé par cela, cela ressemble à ce professeur qui explique longuement à ses élèves l’impact négatif de la cigarette, mais qui, tout de suite après, fume une cigarette. De cette façon, tout l’impact de son discours est parti en fumée…

Si le père ne fait que parler, mais que sa conduite ne suit pas, même s’il donne des prétextes, l’enfant ne l’accepte pas dans son for intérieur, et même si, pour l’heure, il est obligé d’obéir à son père, il ne conservera pas cette attitude en grandissant, car il se dira qu’il ne doit pas devenir plus vertueux que son père.

C’est l’interprétation du verset (Michlé 22,6) : « Éduque l’enfant selon sa voie » : l’enfant est éduqué selon la voie de son père, et la nature du fils est de suivre la voie de la conduite de son père, et alors : « Même avancé en âge, il ne s’en écartera point. »

Un jour, un jeune Avrekh interrogea le ‘Hafets ‘Haïm zatsal : à quel âge devait-il commencer l’éducation de son enfant ? Le ‘Hafets ‘Haïm répondit : « Depuis quinze ans. » L’Avrekh, confus, reprit : « Mais je n’ai moi-même que vingt ans, et j’ai posé une question sur mon fils, qui n’a qu’un an. » Et le ‘Hafets ‘Haïm de répondre : « L’éducation débute au moment où le père commence dans son enfance à choisir une conduite, car généralement, le fils suivra la voie de son père. »

À ce sujet, il faut déployer des efforts particuliers dans le domaine de la Chemirath ‘Enayim, la protection du regard, en évitant de regarder des appareils non cachers, ce qui est la plus grande épreuve de notre époque. Il est donc impératif que les enfants voient un exemple personnel des parents qui font des efforts pour s’en éloigner.

On interrogea un jour le rabbi et auteur du Divré Yoël de Satmar zatsal au sujet d’un enseignant de Kodech qui s’endormait parfois pendant ses cours. Fallait-il le renvoyer ? Le rabbi demanda la raison pour laquelle il s’endormait. On lui répondit qu’il ne voulait pas se rendre au Talmud Tora en train, où il risquait de voir des scènes interdites, mais il préférait marcher chaque jour une heure à pied, et de ce fait, il était parfois fatigué.

Le rabbi demanda si les élèves étaient informés de la raison de la fatigue de leur enseignant, et on lui répondit qu’ils étaient au courant. Le rabbi répondit alors : « Il vaut la peine de le laisser en poste, car c’est un exemple personnel pour ses élèves sur l’ampleur de la Messirout Néfech, l’abnégation nécessaire pour éviter d’être exposé à des scènes interdites, et c’est l’enseignement le plus impératif à notre époque. »

Cependant, un bon enseignant ne suffit pas, car si le fils voit ses parents qui ne veillent pas du tout à la Chemirath ‘Enayim, même s’ils l’envoient étudier chez un rav qui est vigilant à ce sujet, ce ne sera pas toujours utile. En effet, le roi David affirme dans les Tehilim (11,3) : « Si les fondements sont renversés, que peut faire le juste ?» Si les racines sont détruites, que peut faire le juste ?

Le père doit servir d’exemple à son fils dans toute sa conduite, comme dans l’interprétation de ce verset (Devarim 6,7) : «Tu les inculqueras à tes enfants et tu t’en entretiendras, soit dans ta maison, soit en voyage, en te couchant et en te levant» : lorsque le père parle à ses enfants par sa conduite même, dans les moments où ils l’observent, il doit veiller à ce que sa conduite s’aligne sur la vision de la Tora. Ils ne doivent pas le voir, à la maison ou en voyage, au coucher et au lever, occupé constamment à regarder ces appareils technologiques destructeurs.

Même si les parents ne voient pas les effets négatifs pour eux, c’est uniquement dû au fait que le plaisir éphémère et factice les corrompt, et de ce fait, lorsqu’ils voient leurs enfants penchés sur leurs téléphones, cela les dérange. Ils ne tirent en effet aucun plaisir du visionnement de leurs enfants, et ils peuvent alors percevoir les torts causés. Il faut donc s’efforcer d’éviter cet usage personnel, au moins dans l’intérêt des enfants, afin qu’ils ne suivent pas notre conduite.

Même si on se fait l’illusion qu’on a le droit pour la Parnassa, par exemple, on fera l’effort de ne pas les utiliser devant les enfants, et on ne parlera pas de ce qu’on y a vu, car, concrètement, les enfants suivent la conduite des parents.

Nous trouvons une allusion à cette idée dans les versets sur la tribu de Reouven, dont le nom est un acronyme de : « Réou-ben» (Voyez un fils) : il a enseigné au peuple d’Israël la nécessité impérieuse de veiller au regard des enfants, et c’est à ce sujet que notre verset nous met en garde : « De ‘Hetsron » : celui qui se conduit comme s’il se trouvait dans une cour où on l’observe de tous côtés sans obstacle, dans ce cas, ses descendants feront partie de « la famille des ‘Hetsronites. »

« De Karmi » : celui qui se conduit comme s’il se trouvait dans un verger où les rangées des vignes bouchent la vision et l’empêchent de voir de tous les côtés, autrement dit, ils établissent des limites et des règles pour protéger ses yeux et éviter de visionner des téléphones non cachers, dans ce cas, ses descendants feront partie de « la famille des Karmites» et il aura droit à beaucoup de Na’hath sur le plan matériel et spirituel.

Chabbath Chalom !

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