Les données qui contredisent Trump : le détroit d’Ormuz reste bloqué et les réserves mondiales de pétrole s’épuisent

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Le président des États-Unis affirme que le détroit est ouvert et se trouve sous contrôle américain total, mais sur le terrain, le nombre de navires qui le franchissent a chuté de manière spectaculaire. Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie met en garde contre un déficit de plusieurs millions de barils par jour, qui devrait maintenir les prix à un niveau élevé.

JDN

Le président des États-Unis, Donald Trump, a publié hier (mercredi) un message sur le réseau social Truth, dans lequel il a déclaré que « l’Amérique exerce un contrôle total sur le détroit d’Ormuz », ajoutant que l’Iran ne pouvait rien y faire. Cependant, les données relevées sur le terrain révèlent une réalité radicalement différente des déclarations optimistes du président.

Selon un article du Wall Street Journal, mardi dernier, seuls 14 navires ont franchi le détroit, et leur immense majorité a emprunté la voie maritime qui se trouve précisément sous contrôle iranien. À titre de comparaison, au mois de juillet, le trafic dans le détroit s’établissait à une faible moyenne de 26 passages par jour, soit une chute spectaculaire par rapport aux quelque 130 navires qui le traversaient quotidiennement avant le déclenchement de la guerre.

Bien que la marine américaine ait commencé à escorter un nombre limité de pétroliers à travers le détroit afin de briser le blocus iranien, les données indiquent qu’il ne s’agit pas d’une opération susceptible de modifier la situation générale.

Cette situation tendue a conduit l’Agence internationale de l’énergie (AIE/IEA) à publier un avertissement public inhabituel, selon lequel il devient de plus en plus urgent de rouvrir le détroit, car les réserves de pétrole disponibles dans le monde s’épuisent rapidement.

Selon un nouveau rapport de l’agence, les stocks mondiaux de pétrole ont diminué le mois dernier à un rythme de 2,2 millions de barils par jour, et les réserves sont tombées sous le seuil des 7,9 milliards de barils, pour la première fois depuis avril 2025.

Au cours des prochains mois, le marché pétrolier devrait souffrir d’un déficit de 1,8 million de barils par jour, un chiffre nettement plus préoccupant que les prévisions précédentes.

Le prix du pétrole, qui se situe actuellement autour de 88 dollars le baril, est certes inférieur aux niveaux records enregistrés au plus fort de la campagne militaire — environ 120 dollars —, mais il reste en forte hausse par rapport aux 73 dollars le baril avant le début de la crise.

Ce déficit devrait maintenir les prix à un niveau élevé, ce qui pourrait porter un coup à l’économie mondiale et représenter également un sérieux revers politique pour le président Trump à l’approche des élections de mi-mandat prévues en novembre.

Dans le même temps, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est moqué ce matin des déclarations américaines. Il a écrit sur le réseau X qu’après les erreurs de renseignement commises autour de la guerre en Iran, les États-Unis commettaient désormais « une erreur de calcul encore plus grave » concernant le détroit d’Ormuz.

Selon des informations publiées aux États-Unis, le président Trump envisagerait de proclamer la victoire dans la campagne contre l’Iran si le détroit était rouvert, et ce même en l’absence de signature d’un accord sur le nucléaire.

Parallèlement, des négociations sont en cours entre l’Iran et Oman concernant la réouverture de la voie maritime. Toutefois, Téhéran exige des États-Unis une série de concessions de grande ampleur, tandis que Trump estime que la pression économique finira par contraindre les Iraniens à accepter un compromis.

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