Le rabbi de Kalov, par. Ki Tétsé : veiller à consommer une bonne cacherouth

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« Quand tu entreras dans la vigne de ton prochain, tu pourras manger» (Devarim 23,25)

Un jour, le rabbi de Berditchev zatsal fut invité dans une auberge d’un petit village, et lorsque le propriétaire aperçut un Juif respectable entrer, il l’aborda en ces termes : « J’ai une bête que je voudrais abattre, mais notre cho’het habite dans une ville éloignée et il m’est difficile d’attendre sa venue, et comme vous avez l’air d’un érudit en Tora et que, certainement, vous êtes spécialiste en cacherouth, je vous demande d’abattre rituellement cette bête. Je vous rémunérerai à ce titre. »

«Très bien, accepta le rav. Apporte-moi la bête et un couteau de che’hita.»

Au moment où le propriétaire de l’auberge préparait la bête et le couteau pour l’abattage rituel, le rabbi lui dit : « J’ai une demande à te faire. Prête-moi la somme de vingt roubles (une très grande somme pour l’époque) et, avec l’aide de Hachem, dans quelques jours, je te rembourserai l’emprunt, et, comme tu l’as fait remarquer, j’ai l’air d’un homme honnête.»

L’aubergiste lui répondit : « Pardonnez-moi, monsieur, finalement, je ne vous connais pas ! Aussi, comment pouvez-vous me demander une faveur aussi grande, un emprunt de vingt roubles à un inconnu, sans témoins ni garants ! »

« Écoute attentivement ce que tu dis, répondit le rabbi. Si tu hésites à me prêter vingt roubles, sous prétexte que tu ne me connais pas, comment peux-tu avoir confiance en moi pour la che’hita d’une bête, sachant que tu ne sais pas qui je suis ? En réalité, sache que je ne suis pas cho’het, mais comme j’ai vu que tu me faisais confiance, j’ai orchestré les choses de sorte que tu comprennes toi-même cette idée et que tu rectifies ta conduite. En effet, si un homme malhonnête s’était présenté à toi, qui convoitait le salaire de la che’hita, et allait procéder à l’abattage, bien qu’il ne soit pas un spécialiste, tu aurais, que D’ préserve, fourni de la viande non-cachère aux Juifs. C’est un préjudice bien plus grand et plus grave que la perte de vingt roubles, que tu craignais que je ne te rende pas. »

Il nous appartient de tirer une leçon de ce récit : si, dans le domaine matériel, on prend toutes les précautions pour éviter un préjudice, à plus forte raison doit-on exercer une vigilance accrue en évitant tout aliment pour lequel il existe, ne serait-ce qu’un soupçon, même lointain, d’interdiction, car les aliments interdits sont la source d’un préjudice extrêmement grand.

Ce principe a été énoncé par le saint rabbi ‘Haïm de Tchernowitz zatsal, dans son ouvrage Béer Mayim ‘Hayim (parachath ‘Hayé Sara, 24) comme suit : « Dans notre peuple, à notre époque, si un homme se présentait avec un couteau de che’hita, se prétendant abatteur rituel, un spécialiste qui vérifie la conformité des animaux, on lui ferait confiance. On ne lui fait pas subir d’interrogatoire et on ne lui pose pas de questions. On fera l’hypothèse que tous ceux qui excellent dans la che’hita sont des spécialistes. De même, si un homme apporte du vin, du lait ou du poisson, et que l’un de ces produits suscite un doute sur la cacherouth ou si on lui présente des aliments qui nécessitent une vérification pour exclure la présence de vers comme le vinaigre ou les légumineuses, on raisonne ainsi : ce Juif respecte certainement les lois de la cacherouth et on ne doit pas le soupçonner de nous donner un aliment interdit à la consommation.

« Cependant, la conduite change si un homme le sollicite pour emprunter de l’argent. Il ne le croira pas simplement sur parole, mais il lui fera subir un interrogatoire approfondi pour le connaître et décider s’il est fiable. Il prend en considération tous les doutes pour éviter de lui prêter. Et s’il décide, malgré tout, de lui accorder un prêt, il prend des témoins et établit un contrat par écrit. Il tremble jusqu’à ce que l’emprunteur lui restitue la somme.

« Ceci est dû au fait que l’essentiel, à ses yeux, est son travail dans ce monde, et à cet égard, il s’y adonne de tout son cœur et de tout son être pour éviter les erreurs, tant il est craintif. Ce ne sera cependant pas le cas pour son approche aux Mitsvoth divines, qu’il considère comme secondaires. Et s’il n’est pas méticuleux dans son service divin, en quoi cela importe-t-il, puisque ce n’est pas l’essentiel ?» Fin des propos du rabbi.

Par conséquent, il vaut la peine pour chacun de se remémorer l’enseignement suivant du Zohar : celui qui consomme des aliments interdits s’attache au mal et un vent d’impureté s’introduit en lui. Il en ressort qu’il induit un tort spirituel à son âme, la partie essentielle de l’homme.

Ce préjudice intervient même si l’homme a agi sans préméditation et ignorait que l’aliment n’était pas cacher. Comme l’indique l’auteur du Or Ha’haïm (Chemini 11,10) : « C’est ce à quoi il est fait allusion dans ce passage « ils vous sont abominables », à savoir : même s’ils ont été consommés par inadvertance, malgré tout, ils causent du tort à l’âme.»

De ce fait, lorsque des enfants consomment des aliments interdits, du fait que leurs parents ne sont pas suffisamment pointilleux à ce sujet, leur esprit devient abêti et confus, et ils auront des doutes dans leur Émouna. Ils ne seront pas en mesure de comprendre leur étude de la Tora, et au fil du temps, leur conduite laissera de plus en plus à désirer.

Aussi, il convient d’être le plus vigilant possible à cet égard, surtout lorsqu’on est en vacances, où les choix alimentaires et les restaurants sont nombreux. On ne peut pas se fier au fait que d’autres vacanciers y mangent. Il faut se renseigner sur chaque établissement, sur le surveillant de cacherouth, etc.

C’est à ce sujet que le verset des Écritures nous met en garde : « Quand tu entreras dans la vigne de ton prochain» : uniquement lorsque tu entreras dans la ville de quelqu’un qui est « ton prochain », c’est-à-dire qui est « ton prochain dans les Mitsvoth », qui respecte les Mitsvoth au même niveau que toi, c’est alors seulement que « tu pourras manger » de ce qu’il te propose. Car, pour manger vraiment cacher, il faut se montrer prudent et éviter de manger chez tout le monde.

Chabbath Chalom !

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