BERECHITH : De l’obscurité à la lumière

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La Tora commence par la lettre ב, dont la valeur numérique est 2. Certains y voient une première allusion à la dualité qui caractérise la Création : le jour et la nuit, la lumière et l’obscurité, le visible et l’invisible…

La dualité n’est pas forcément une contradiction. Elle peut simplement désigner deux réalités différentes, parfois opposées, mais qui se complètent.

La première dualité que nous rencontrons dans la Création est justement celle du jour et de la nuit.

Après chaque jour, la Torahrépète :
« Vayehi érev, vayehi boker » — « Ce fut le soir, ce fut le matin ».

Ce qui est intéressant, c’est que la Tora commence par le soir, avant de parler du matin. Comme si chaque journée commençait par l’obscurité avant d’arriver à la lumière.

Le mot עֶרֶב — Erev, le soir, est lié à l’idée de mélange et de confusion. Au moment où le soleil disparaît, le jour et la nuit semblent se mélanger. C’est également de cette racine que vient Ma’arav, l’Ouest, la direction où le soleil se couche.

À l’inverse, le mot בֹּקֶר — Boker, le matin, est associé à l’idée d’ouverture et de clarification. Avec le matin, la lumière apparaît et permet de voir les choses plus clairement.

On retrouve d’ailleurs cette même racine dans le mot Levaker, qui signifie examiner, vérifier, inspecter. Lorsque la lumière arrive, on peut enfin regarder, distinguer et comprendre.

Et peut-être est-ce là l’un des messages que la Tora veut nous transmettre.

La Création commence dans l’obscurité. Il y a d’abord le soir, puis vient le matin. D’abord la confusion, puis la clarté.

Dans la vie aussi, il arrive que nous traversions des moments où nous ne comprenons plus très bien où nous allons. Un nouveau projet, une expérience, une étude, un chidoukh… On doute, on se décourage, on a parfois l’impression d’être « à l’Ouest », de ne pas avoir pris la bonne direction.

Mais peut-être faut-il simplement se rappeler que le matin vient après la nuit.

Avant de baisser les bras, attendons, examinons, vérifions. Ce qui nous paraît aujourd’hui obscur peut devenir beaucoup plus clair demain.

Car pour le Juif, une nouvelle journée commence justement par la nuit.

Comme si la Tora nous enseignait dès les premiers mots de la Création que chaque nouveau départ peut commencer dans l’obscurité, mais qu’il porte en lui la promesse de la lumière.

 Mordekhai Bismuth

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