À l’âge de 107 ans : décès de rav Yehouda Aharon Widawski, doyen des survivants de la Shoah

0
95

Rav Yehouda Aharon Widawski, de mémoire bénie, était l’un des doyens des ‘hassidim de Sochatchov et de Modzitz. Il a survécu à l’enfer du ghetto de Lodz et du camp d’Auschwitz, puis a fondé une famille nombreuse et pieuse. Pendant plusieurs décennies, il s’est consacré à la restauration et au rachat des cimetières juifs en Pologne ainsi qu’à l’édification de monuments sur les tombes de grands maîtres ‘hassidiques. Il y a quelques années, il avait perdu son gendre, le célèbre médecin Dr Rabbi Mordekhaï Himelfarb, de mémoire bénie. Il s’est éteint dans la nuit de Roch Hachana, à un âge avancé.

Kol réga’ – Moché Weisberg

Dans la nuit de Roch Hachana, rav Yehouda Aharon Widawski, de mémoire bénie, s’est éteint paisiblement à un âge avancé. Il était l’un des doyens des ‘hassidim de Sochatchov et de Modzitz ainsi que le plus âgé des survivants de la Shoah en Israël. Il était âgé de 107 ans.

Ses funérailles ont eu lieu à l’issue de Roch Hachana, à minuit, au cimetière de Nahalat Yitzhak à Giv’atayim, où il sera inhumé.

Le défunt était né le 27 Tamouz 5679 (1919), dans la petite ville de Turek, en Pologne, de rabbi Avraham Mordekhaï, de mémoire bénie. Dans sa jeunesse, il comptait parmi les jeunes ‘hassidim de Sochatchov et était profondément attaché aux rabbanim dirigeants de cette dynastie hassidique. Par la suite, sa famille s’installa dans la ville de Lodz, où il gérait les activités commerciales familiales dans le secteur du textile et était très impliqué dans la vie de la communauté.

Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il connut les horreurs de la Shoah et « l’enfer sur terre ». Il fut emprisonné dans le ghetto de Lodz, puis déporté au camp d’extermination d’Auschwitz. Malgré les conditions atroces et la peur quotidienne de la mort, il conserva avec un dévouement absolu sa foi ardente et son identité juive. Il survécut à cet enfer, après avoir perdu la majeure partie de sa famille, puisse leur mémoire être une bénédiction.

Après la Libération, il épousa son épouse, Mme Dabrish, de mémoire bénie, née Wassertzoug. En 1950 (année 5710), il monta en Terre d’Israël, où il s’installa définitivement. Il y reconstruisit son foyer sur les fondements de la Tora et de la crainte de D’, considérant la construction de sa famille comme la plus grande victoire sur le persécuteur nazi.

Le nom de rav Yehouda Aharon, de mémoire bénie, devint célèbre grâce à l’œuvre considérable de toute une vie qu’il consacra à la préservation de la mémoire de la Shoah et à la restauration des cimetières juifs abandonnés en Pologne. À partir des années 1970, il œuvra inlassablement, mobilisant d’importantes ressources et déployant des efforts considérables auprès des autorités polonaises, afin de restaurer le vaste cimetière juif de Lodz et de racheter des centaines de tombes ainsi que des cimetières à travers la Pologne.

Grâce à son travail et à ses recherches précises, le ohel des Admorim de Sochatchov fut restauré et reconstruit dans la ville de Sochatchov. Des milliers de ‘hassidim continuent aujourd’hui encore à s’y rendre pour prier et implorer la miséricorde divine.

Parallèlement, le défunt connut également des épreuves familiales douloureuses. Il y a quelques années, il perdit son gendre, le célèbre médecin Dr Rabbi Mordekhaï Himelfarb, de mémoire bénie, ‘hassid de Modzitz et l’un des éminents spécialistes ORL de Bené Brak et de l’hôpital Ichilov. Celui-ci est décédé alors qu’il était au sommet de son activité professionnelle.

Pendant plusieurs décennies, rabbi Yehouda Aharon fut profondément proche des Admorim des dynasties de Modzitz et de Sochatchov. Il eut le privilège d’être en contact étroit avec de grands justes. Par la grâce du Ciel, il bénéficia d’une longévité exceptionnelle et conserva toute sa lucidité jusqu’à ses derniers jours.

À l’occasion de son centième anniversaire, une cérémonie particulière fut organisée en son honneur, en présence d’Admorim, de rabbanim et de personnalités publiques, qui rendirent hommage à cette figure exceptionnelle, serviteur de D’ accomplissant son œuvre avec joie et homme de bonté.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire