Netanyahou accuse Macron d’« absurdité grotesque » sur le Hamas en Judée et Samarie

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À la tribune de l’ONU, Emmanuel Macron a affirmé que le Hamas n’a « jamais été particulièrement actif » en Judée et Samarie. Le bureau de Benjamin Netanyahou a répliqué en citant le meurtre, deux jours plus tôt, d’un père de famille franco-israélien par un membre du Hamas dans la région de Binyamin. L’échange ravive une tension diplomatique durable entre Jérusalem et Paris.

Le président français a prononcé, mardi, un discours à l’Assemblée générale des Nations unies consacré notamment à la situation à Gaza et à ce qu’il a qualifié de « spectacle » honteux face aux restrictions sur l’aide humanitaire. Il y a aussi évoqué la Judée et Samarie, affirmant en français que le Hamas « n’a jamais été particulièrement actif » dans ces territoires, selon les mots rapportés par la présidence française elle-même à la tribune onusienne.

Le différend sur le Hamas en Judée et Samarie

Cette phrase a immédiatement suscité une réaction du bureau du Premier ministre israélien. Dans un communiqué diffusé en anglais mardi soir, Benjamin Netanyahou a qualifié la déclaration de « grotesque absurdité ». Il a rappelé que Netanel Chekroun, citoyen français et père de six enfants, avait été assassiné dans sa voiture par un terroriste du Hamas en Judée et Samarie, dimanche, à la veille de Yom Kippour. « Dans son dernier souffle, il a dit à son fils de s’enfuir », a-t-il ajouté, avant de conclure : « L’ignorance n’est pas une excuse pour effacer leur sang. » Selon le Premier ministre, les terroristes du Hamas commettent des attentats contre des Juifs presque chaque jour et ont tué d’innombrables civils israéliens dans la région.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich est allé plus loin, accusant Macron de « mentir » et rappelant que l’attentat contre Netanel Chekroun n’était qu’un exemple parmi des centaines attribués au Hamas, qui « alimente le terrorisme arabe en Judée et Samarie » selon lui. L’attaque a eu lieu près d’une source de la région de Neve Tsouf, où la victime s’était rendue avec son fils aîné. Grièvement blessé, il est décédé après son évacuation vers l’hôpital Beilinson. L’assaillant, un membre du Hamas de 37 ans originaire de la région de Bir Zeit, a été blessé par un pisteur avant d’être arrêté lors d’une opération conjointe de l’unité Douvdevan et du Shin Bet dans la région de Ramallah. Le Hamas n’a pas revendiqué l’attentat mais l’a salué, appelant à étendre la « résistance » en Judée et Samarie et à Jérusalem.

Les réactions à Jérusalem

Israël Ganz, président du conseil régional de la Judée et Samarie et du conseil Yesha, a estimé que Macron portait « les fake news à un niveau inédit », jugeant ses propos comme un soutien indirect au Hamas. Il a exigé que le président français retire ses déclarations et présente ses excuses aux familles des victimes. Gadi Eisenkot, président du parti Yashar et ancien commandant de la division Judée-Samarie, a jugé la déclaration « radicalement déconnectée de la réalité du terrain », rappelant que Tsahal combat le terrorisme dans la région depuis des années et continuera de le faire, sans négociation possible sur ce point.

De son côté, Emmanuel Macron a maintenu, dans le reste de son intervention, que l’engagement de la France pour les droits des Palestiniens n’entre pas en contradiction avec son soutien à la sécurité d’Israël. Il a mis en garde contre l’idée que cette sécurité justifierait des atteintes à la souveraineté des pays voisins, tout en appelant la communauté internationale à agir concrètement plutôt qu’à se limiter à des déclarations.

Le contexte diplomatique et la suite

Cet échange s’inscrit dans une relation tendue entre Jérusalem et Paris depuis plusieurs mois. Ce mois-ci, la France, le Royaume-Uni et le Canada ont annoncé conjointement de nouvelles mesures présentées comme destinées à préserver la perspective d’une solution à deux États, critiquant l’extension des implantations tout en réaffirmant leur engagement pour la sécurité d’Israël. Paris a par ailleurs envisagé l’ouverture d’une représentation diplomatique auprès de l’Autorité palestinienne, une orientation que l’ambassadeur de France en Israël a lui-même défendue publiquement ces dernières semaines.

Aucune réaction officielle de l’Élysée à la sortie israélienne n’avait été communiquée au moment de la publication. La polémique intervient alors que le Hamas a diffusé, le jour même du discours de Macron à l’ONU, une nouvelle vidéo appelant les Arabes de Judée et Samarie à commettre des attentats contre des Juifs, avec une simulation rappelant l’attaque ayant coûté la vie à Netanel Chekroun.

Sources : Infos Israël NewsThe Jerusalem PostJNSArutz Sheva

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