Le génocide à Gaza pour les nuls

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Une étude imparable de Gerald Posner (notre photo), traduite en français, réfutant une à une toutes les allégations de “génocide” à Gaza.

Avant de prononcer ce mot, il faut savoir ce qu’il signifie, ce qu’il exige, et pourquoi Gaza ne répond pas à ce critère.

Quelqu’un que je connais depuis vingt ans habite à quelques rues de chez moi. Je l’apprécie et je le croise régulièrement dans le quartier. Ce n’est pas quelqu’un de partisan, il ne publie rien sur le Moyen-Orient et ce n’est pas le genre de personne à scander des slogans. L’autre jour, il m’a dit qu’il respectait mon article dans The Free Press, dans lequel j’expliquais que je quitterais mon éditeur de longue date, Simon & Schuster, s’il soutenait un romancier palestinien violemment antisémite. Puis, sans crier gare, il m’a posé une question sur le ton qu’on emploie quand on suppose déjà connaître la réponse.

« Tu penses qu’il y a un génocide à Gaza ? »

Non, lui ai-je répondu. Selon tous les critères qui comptent — juridiques, historiques, statistiques — il n’y en a pas.

Il m’a regardé comme on regarde quelqu’un qui vient d’affirmer que la Terre est plate. Puis il m’a expliqué en quoi j’avais tort. Nétanyahou veut éliminer le peuple palestinien. Tout le monde le sait.

C’était tout. Il n’a cité aucune étude, aucun jugement, pas même un chiffre de victimes. Juste une chose que « tout le monde sait ». J’ai passé quarante ans comme journaliste à apprendre que le « tout le monde sait » est le point de départ d’une enquête, pas son point d’arrivée. Je suis aussi juriste de formation, ce qui signifie que lorsque j’examine la Convention sur le génocide, les jugements des tribunaux et le seuil juridique que ce mot exige réellement, je ne le lis pas comme un journaliste traduisant une langue étrangère. Je sais quelle est la norme, d’où elle vient, et je sais avec quelle rareté — et quelle prudence — les tribunaux internationaux l’ont appliquée.

Un mot sur ce qu’est ce texte, et ce qu’il n’est pas. Je n’écris pas en avocat, et ceci n’est pas un pamphlet. Je n’ai aucune cause à défendre ni aucun camp à faire gagner. Ce n’est pas une tentative de réfuter chaque argument avancé en faveur de l’accusation de génocide, ni de traiter chaque élément de preuve avancé. C’est un abécédaire — le genre de texte qu’il faudrait lire avant d’entrer dans ce débat, pour savoir ce que le mot exige, à quoi ressemblent les cas reconnus, et quelle norme un tribunal compétent est tenu d’appliquer. Je dis les choses comme je les vois. Cela n’a jamais fait plaisir à tout le monde. C’est la seule façon que je connaisse de travailler.

J’ai quitté cette rencontre de quartier en me disant que ce débat n’avait pas besoin d’un nouvel essai de 12 000 mots signé par un historien militaire, ni d’un duel de statistiques que personne ne finit de lire. Il lui fallait un manuel. Quelque chose de court, de clair, d’honnête.

C’est là que j’ai pensé à un Génocide pour les Nuls informel.

Le titre va en agacer certains, et je veux en parler avant qu’ils cessent de lire. Le génocide est l’un des mots les plus graves du vocabulaire humain, et je ne l’emploie ni à la légère ni ironiquement. Je dis que ce mot est aujourd’hui utilisé couramment par des gens incapables de le définir, à un seuil qu’ils n’ont jamais examiné — et que la réponse la plus honnête est une explication en langage clair de ce qu’il exige.

Je suis assez âgé pour me souvenir des débuts d’une des grandes franchises éditoriales de l’histoire américaine. En novembre 1991, un éditeur du nom d’IDG a publié un livre dont les libraires étaient convaincus qu’il vexerait ses propres lecteurs. DOS for Dummies, écrit par un chroniqueur informatique nommé Dan Gookin, a connu un premier tirage de 7 500 exemplaires. Il s’en est vendu plus d’un million la première année, lançant une collection qui a depuis produit plus de 2 000 titres.

Le principe était radical dans sa modestie : prendre quelque chose d’intimidant et en retirer le jargon pour pouvoir l’expliquer à quelqu’un qui n’y connaît rien, sans jamais le traiter comme un idiot.

Le génocide est un mot que presque tout le monde emploie aujourd’hui et que presque personne ne sait définir. Alors, faisons-le à la manière Gookin.

Ce que le mot signifie réellement

Raphael Lemkin, le juriste juif polonais qui a inventé le terme en 1944 après avoir perdu des dizaines de membres de sa famille dans la Shoah, l’a conçu comme un outil de procureur : précis, borné, exigeant. Le mot lui-même annonçait son objet — genos, le grec pour tribu ou race, fusionné avec caedere, le latin pour tuer. Il ne reconnaîtrait plus ce qu’est devenu ce mot aujourd’hui. Quatre ans plus tard, l’ONU adoptait la Convention sur le génocide — et dès le départ, ses rédacteurs ont tracé une frontière claire. Le projet original du Secrétariat — document E/447 de l’ONU, 1947 — notait explicitement que de lourdes pertes civiles en temps de guerre « ne constituent en règle générale pas un génocide ». Cela relevait du droit de la guerre. La Convention sur le génocide s’adressait à autre chose : la destruction intentionnelle d’un groupe en tant que tel.

L’article II est l’essentiel — une seule phrase disséquée dans les prétoires depuis soixante-dix ans. Le génocide désigne l’un des cinq actes suivants — meurtre de membres du groupe, atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale, soumission intentionnelle à des conditions d’existence devant entraîner la destruction du groupe, entrave aux naissances, transfert forcé d’enfants — commis avec l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel.

Tout repose sur ces derniers mots. Les juristes appellent cela le dolus specialis — l’intention spéciale. En clair, il ne suffit pas de tuer un grand nombre de personnes appartenant à un même groupe. Il ne suffit pas de les tuer avec négligence, de façon disproportionnée ou illégale. Il faut les tuer parce qu’elles sont ce qu’elles sont, dans le but d’effacer le groupe.

Il existe une seconde exigence que l’on oublie souvent, et c’est précisément là que presque tous les débats publics sur Gaza déraillent. Lorsque l’intention est déduite d’un ensemble de comportements plutôt que prouvée par un ordre ou un plan, la Cour internationale de justice a jugé — dans Bosnie c. Serbie en 2007 et Croatie c. Serbie en 2015 — que la déduction d’une intention génocidaire doit être la seule inférence raisonnable possible.

Pas la plus satisfaisante émotionnellement. Il n’y a pas de vote pour déterminer la préférence majoritaire. Elle doit être la seule possible. Si une autre explication raisonnable du comportement existe, l’accusation échoue. Ce n’est pas un argument israélien. C’est du droit international pur et simple, et cela existe pour une raison précise : empêcher le crime le plus grave du droit pénal de se réduire à un synonyme de « guerre que je trouve abominable ».

Les vrais cas

Les affaires qui définissent la frontière juridique sont moins nombreuses qu’on ne le croit généralement. Elles sont instructives non seulement par ce qui figure sur la liste, mais par les raisons de cette présence.

La Shoah. Six millions de Juifs. Environ les deux tiers de la population juive européenne. Un appareil industriel conçu dans le seul but de tuer — camps de la mort, horaires, trains détournés d’un effort de guerre que l’Allemagne était déjà en train de perdre, pour maintenir les convois en fonctionnement. Le meurtre n’était pas un moyen au service d’une fin militaire. Le meurtre était la fin.

Rwanda, 1994. Entre 500 000 et un million de morts en cent jours. Les estimations les plus crédibles situent la part de la population tutsie du Rwanda tuée entre deux tiers et trois quarts. Des voisins armés de machettes. Des émissions de radio qualifiant les Tutsis d’inyenzi — cafards. Cela a produit la première condamnation pour génocide jamais prononcée par un tribunal international : Jean-Paul Akayesu, maire de la commune de Taba, en 1998 — un procès qui a aussi établi, pour la première fois, que le viol et les violences sexuelles pouvaient constituer des actes de génocide.

Srebrenica, 1995. Environ 8 000 hommes et garçons bosniaques musulmans, assassinés en l’espace de quelques jours. Notez ce chiffre. C’est une fraction du bilan de Gaza. Et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a jugé cela sans ambiguïté comme un génocide, verdict confirmé plus tard par la Cour internationale de justice. Cela tenait au fait que les forces serbes de Bosnie avaient séparé un groupe selon l’ethnie et le sexe, l’avaient soustrait à une population civile captive par ailleurs évacuée en bus, et l’avaient exécuté en tant que tel. Petits nombres, intention sans équivoque. C’est la leçon à retenir : l’affaire se joue sur l’intention, pas sur le nombre de morts.

Cambodge. C’est là que cela devient instructif. Les Khmers rouges ont tué environ deux millions de personnes — près d’un quart du pays. Les Killing Fields sont devenus le symbole même de l’atrocité. Et lorsque le tribunal soutenu par l’ONU a enfin rendu son jugement en 2018, confirmé en appel en 2022, les condamnations pour génocide ne couvraient que les musulmans chams et les Vietnamiens de souche. L’immense majorité des morts — des Cambodgiens tués par des Cambodgiens — relevaient de crimes contre l’humanité et d’extermination. Pas, juridiquement, de génocide.

Beaucoup de gens ont du mal à digérer cela. Deux millions de morts, un quart d’une nation, et le tribunal a quand même refusé de qualifier l’essentiel de ces meurtres de génocide, parce que les Khmers rouges détruisaient une classe et un ordre politique, pas un groupe protégé en tant que tel.

Cette distinction n’est pas une technicité. Les rédacteurs de la Convention sur le génocide avaient envisagé d’y inclure les groupes politiques et les en ont délibérément exclus. Détruire un parti ou une classe n’est pas un génocide. La loi est étroite à dessein, et le Cambodge montre à quoi ressemble cette étroitesse en pratique : le pire massacre de son époque, et l’essentiel de celui-ci échappe au mot.

Soudan, le cas dont mon voisin se souvenait vaguement, est le cas contesté. Colin Powell a qualifié le Darfour de génocide en 2004. Une commission de l’ONU a conclu l’année suivante à des crimes contre l’humanité, mais pas à une intention génocidaire. La Cour pénale internationale a par la suite inculpé Omar al-Bachir, le dictateur soudanais de longue date — le premier chef d’État en exercice jamais inculpé de génocide par la CPI, dans des mandats délivrés en 2009 et 2010. La CPI ne juge pas par contumace, et lorsque al-Bachir s’est rendu par la suite dans plusieurs États membres de la CPI, personne ne l’a arrêté. Il est détenu au Soudan depuis 2019 pour des accusations de corruption relevant du droit interne. Lorsque la guerre civile soudanaise a éclaté en avril 2023, Bachir a quitté la prison de Kober — l’armée a déclaré qu’il avait été transféré vers un hôpital militaire avant les combats ; certains ont accusé l’armée de l’avoir délibérément libéré. Il a ensuite été détenu dans une base militaire, puis transféré à Merowe, une ville sur le Nil à environ 330 kilomètres de Khartoum, pour raisons médicales. Son statut et sa localisation précise au moment de la rédaction de ce texte ne peuvent pas être confirmés de manière indépendante. L’affaire de la CPI n’a jamais été jugée.

Le Darfour appartient à la colonne des cas discutés, pas à celle des cas tranchés — et cela joue dans les deux sens, car l’absence de verdict reflète la faiblesse des moyens d’application de la Cour, pas un acquittement.

Appliquons maintenant le test à Gaza

La population de Gaza avant la guerre était d’environ 2,2 millions d’habitants, en hausse d’environ 70 % par rapport aux 1,3 million qui y vivaient en 2005, année où Israël a retiré tous les colons juifs, ses troupes, et transféré l’administration interne au contrôle palestinien. Cela cadre mal avec l’affirmation de « soixante-quinze ans de génocide » souvent associée au cadrage du « camp de concentration à ciel ouvert ». Une population soumise à une extermination continue ne croît pas de 70 %.

J’utilise ce chiffre avec prudence, car il ne répond qu’à la version cumulative, celle des « soixante-quinze ans de génocide », et non à l’argument portant sur cette guerre-ci. Prenons donc cette guerre pour elle-même.

En 2026, le bilan des morts rapporté par le ministère de la Santé de Gaza depuis le 7 octobre 2023 se situait dans les basses dizaines de milliers, autour de soixante-dix mille. Un responsable militaire israélien aurait reconnu un chiffre d’environ 70 000 en janvier. Une enquête de mortalité évaluée par des pairs — la Gaza Mortality Survey, dirigée par le professeur Michael Spagat de la Royal Holloway, University of London, et publiée dans The Lancet Global Health en février 2026 — a estimé à 75 200 les décès violents entre le 7 octobre 2023 et le 5 janvier 2025, auxquels s’ajoutent environ 16 300 décès non violents et en excès dus à l’effondrement du système de santé. Le total cumulé du ministère de la Santé, début 2026, se situait dans les basses dizaines de milliers.

Prenons le chiffre le plus élevé. Cela représente environ 3,4 % de la population d’avant-guerre, sur plus de deux ans.

Les tueurs du Rwanda ont assassiné de l’ordre de 70 % de la population tutsie du pays en environ cent jours. Ce n’est pas une figure de style ; c’est de l’arithmétique, et c’est la différence entre une guerre et une extermination.

Il y a aussi la question de la capacité militaire. Israël possède l’une des forces aériennes les plus puissantes de la région. Un État déterminé à détruire une population de 2,2 millions de personnes n’aurait pas eu besoin de deux ans et demi pour en tuer trois pour cent.

Israël affirme avoir tué environ 20 000 combattants du Hamas. Remettez ce chiffre en cause autant que vous le souhaitez — la même enquête indépendante qui a validé les chiffres du ministère de la Santé a constaté que les femmes, les enfants et les personnes âgées représentaient 56 % des morts violentes. Cela signifie qu’environ 44 % sont des hommes en âge de combattre — une catégorie qui n’est pas automatiquement synonyme de combattant — mais dans un territoire gouverné par un mouvement islamiste armé qui recrute précisément dans cette tranche de population. Ce ratio est sinistre. Ce n’est pas non plus l’empreinte démographique d’une campagne visant à effacer un peuple. Quand l’objectif est le groupe en tant que tel, les morts ressemblent au groupe — dans son ensemble, proportionnellement. Ici, ce n’est pas le cas.

Regardons ensuite le comportement, là où la norme de « seule inférence raisonnable » entre en jeu. Avertissements d’évacuation. Corridors humanitaires, si insuffisants soient-ils. Pauses humanitaires négociées en 2024 spécifiquement pour vacciner des centaines de milliers d’enfants gazaouis contre la polio. Cessez-le-feu répétés. Échanges d’otages négociés avec le mouvement même que l’on prétend exterminer. Et un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, avec une population toujours présente à Gaza.

Les génocides ne s’arrêtent pas volontairement. Ils prennent fin quand quelqu’un les arrête, et ils ne font pas de pause pour négocier avec le peuple qu’ils entendent effacer.

L’ennemi a un nom

Il y a une question à laquelle les statistiques précédentes ne peuvent répondre seules, et que presque personne ne pense à poser : contre qui, exactement, Israël est-il en guerre ?

Le génocide exige l’intention de détruire un groupe protégé en tant que tel — national, ethnique, racial, religieux. Pas un gouvernement, une armée, ou un mouvement politique. C’est pourquoi les Khmers rouges, qui ont tué un quart du Cambodge, n’ont été condamnés pour génocide qu’à l’égard des Chams et des Vietnamiens. La question préalable à Gaza est donc de savoir si le belligérant contre lequel Israël se bat est le Hamas ou le peuple palestinien. La majeure partie du comportement d’Israël plaide en faveur de la première hypothèse.

Commençons par le fait le plus évident, tellement évident qu’il en devient invisible. Israël négocie avec le Hamas — à plusieurs reprises, publiquement, par l’intermédiaire de médiateurs qataris et égyptiens — des cessez-le-feu, des échanges d’otages, le retour de corps. Un cessez-le-feu est en vigueur au moment où j’écris ces lignes. Personne ne négocie de trêve avec un peuple qu’il entend effacer, car l’effacement a pour but précisément qu’il ne reste plus personne avec qui négocier. La Wehrmacht n’a pas négocié d’échanges de prisonniers avec les Juifs du ghetto de Varsovie. Les Interahamwe n’ont pas signé d’accords avec les Tutsis. Dans chacune des affaires reconnues, la relation du bourreau au groupe victime était totale et à sens unique. Ici, elle est bilatérale, médiée, continue.

Deuxièmement, l’Afrique du Sud, qui a porté l’affaire de génocide contre Israël devant la CIJ en décembre 2023, identifie les « Palestiniens » de Gaza comme faisant partie d’un groupe national, racial et ethnique palestinien plus large, qui déborde largement de Gaza. Environ deux millions de citoyens arabes vivent en Israël, votent à ses élections, siègent à son parlement et ont siégé à sa Cour suprême. Près de trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie. Si l’intention était de détruire les Palestiniens en tant que tels, on pourrait s’attendre à ce que la campagne atteigne le groupe partout où il se trouve. C’est ce qui s’est passé dans les véritables génocides : les nazis ont poursuivi les Juifs à travers tout un continent, dans des pays qu’ils ne gouvernaient pas ; les milices Hutu Power ont traqué les Tutsis de préfecture en préfecture.

La Convention sur le génocide dit « en tout ou en partie », et les tribunaux ont jugé qu’une portion géographiquement limitée d’un groupe pouvait suffire — Srebrenica n’était qu’une seule ville. L’absence de campagne contre les Palestiniens de Haïfa ou de Nazareth ne suffit donc pas à elle seule à faire tomber l’accusation. Elle rend cependant cette accusation nettement plus difficile à soutenir. Pourquoi un État prétendument déterminé à détruire un peuple se contenterait-il de concentrer son action militaire là où le Hamas gouvernait et lançait ses attaques ? Selon le critère de la CIJ, cette hypothèse alternative ne peut pas simplement être écartée d’un revers de main.

Troisièmement, certains Palestiniens de Gaza font eux-mêmes publiquement cette distinction. En mars 2025, des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Beit Lahia et de Deir al-Balah lors des plus grandes manifestations anti-Hamas depuis le début de la guerre. Un manifestant a confié à CNN être opprimé à la fois par l’armée d’occupation et par le Hamas, et que le Hamas avait lancé les attaques du 7 octobre tandis que les Gazaouis en payaient le prix. Les reportages tout au long de 2024 et 2025 ont documenté une colère croissante envers un mouvement qui combat depuis des tunnels pendant que les civils encaissent la riposte.

Ces manifestations ne disent pas ce que pensent tous les Gazaouis, et la perception des victimes ne détermine pas l’intention du bourreau. Elles établissent quelque chose de plus restreint : certains Gazaouis distinguent le Hamas de la guerre menée par Israël contre le Hamas, tout en condamnant l’occupation et les attaques israéliennes. Cette distinction est compatible avec l’hypothèse alternative selon laquelle l’objectif d’Israël était de vaincre le Hamas, non de détruire les Palestiniens en tant que tels.

Les mandats de la CPI contre Nétanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant allèguent que la conduite d’Israël pendant l’offensive constituait des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, notamment l’utilisation de la famine comme méthode de guerre, le meurtre, la persécution et d’autres actes inhumains. Mais en admettant, pour les besoins du raisonnement, que ce qui est allégué dans les mandats de la CPI soit exact, regardez ce qu’ils ne disent pas. Le procureur a examiné les mêmes éléments que tout le monde, devant la même cour qui devrait confirmer l’accusation, et il n’a pas retenu le chef de génocide. On ne peut guère le soupçonner d’être un apologiste d’Israël, et pourtant il en avait la possibilité.

C’est la distinction que le mot « génocide » scandé efface. Il existe une différence juridique et morale immense entre un État qui mène une guerre brutale et un État qui entreprend d’éliminer un peuple. La première description s’applique à un grand nombre de guerres, y compris des guerres menées par des pays dont les citoyens sont aujourd’hui ceux qui scandent ce mot. La seconde ne décrit qu’une poignée d’affaires jugées à l’époque moderne, et Gaza ne correspond pas à leur schéma.

La bataille de Mossoul, en 2016-2017, a causé une dévastation considérable — une ville en grande partie détruite, des milliers de civils tués, un ennemi retranché dans des quartiers résidentiels — et aucune analyse juridique sérieuse n’a qualifié cela de génocide.

La différence ne tenait pas au degré de destruction. Elle tenait à la nature de l’ennemi.

Combattre le Hamas à Gaza tue des Palestiniens. C’est un fait, et je ne vais pas l’adoucir par un euphémisme. Mais tuer des Palestiniens en combattant le Hamas, et tuer des Palestiniens dans le but de détruire les Palestiniens, sont des actes différents portant des noms différents, et toute l’architecture du droit pénal international repose sur le maintien de cette distinction.

L’organisme qui a affirmé le contraire

Si vous avez entendu citer une seule autorité à l’appui de l’idée qu’Israël commet un génocide, c’est celle-ci, et il vaut la peine de savoir exactement ce qu’elle est.

La Commission d’enquête internationale indépendante sur le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël a été créée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en 2021. Elle compte trois membres. Ce n’est pas un tribunal. Elle ne pouvait condamner personne, assigner personne, ni contraindre à la production d’un document. Elle a mené des enquêtes et publié des rapports. Sa présidente était Navi Pillay, la juriste sud-africaine qui a siégé comme juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda — elle faisait partie de la chambre de première instance qui a condamné Akayesu en 1998. Les trois commissaires ont annoncé leur démission en juillet 2025, invoquant leur âge et d’autres engagements ; leur départ a pris effet en octobre et novembre. (Le panel reconstitué a depuis réitéré la conclusion de génocide dans un rapport de juin 2026. Les mêmes problèmes structurels — seuil de preuve bas, absence de participation israélienne, composition contestée ou compromise — s’appliquent aussi au nouveau panel.)

La crédibilité de la Commission avait déjà été entamée avant que sa conclusion finale ne tombe. Le commissaire Miloon Kothari avait suscité une large condamnation en 2022 en affirmant que les réseaux sociaux étaient « largement contrôlés par le lobby juif » et en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles Israël était autorisé à être membre de l’ONU — invoquant l’un des plus vieux poncifs antisémites en circulation. Pillay avait défendu ses propos et écarté les préoccupations sur l’antisémitisme comme une diversion. Je le mentionne non pour invalider l’analyse juridique de la Commission — un messager défaillant peut porter un argument valide — mais parce que cela pèse sur la question de savoir si un panel constitué de cette manière, appliquant un critère de droit pénal à un seuil de preuve d’enquête, sans aucune participation israélienne, et avec ce passif, mérite d’être présenté comme ayant rendu quelque chose s’apparentant à un verdict. Ce n’est pas le cas. Elle a rendu une conclusion, émanant d’un organisme compromis, qu’aucun tribunal n’a encore été appelé à confirmer.

Le 16 septembre 2025, la Commission a publié une analyse juridique de soixante-douze pages concluant que les autorités et les forces de sécurité israéliennes avaient commis quatre des cinq actes génocidaires de l’article II : le meurtre ; l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale ; la soumission intentionnelle à des conditions d’existence devant entraîner la destruction physique ; et l’imposition de mesures visant à entraver les naissances. Elle a traité les déclarations de hauts responsables israéliens comme des preuves directes d’intention génocidaire. Israël, qui refuse l’accès à la Commission, a qualifié ces conclusions de scandaleuses et fausses.

Voici ce que ceux qui citent ce rapport omettent généralement : les accusations de génocide circulaient déjà dans les vingt-quatre heures suivant les premières frappes aériennes israéliennes, avant même que Tsahal ne mette le pied à Gaza. Un horodatage ne réfute pas un génocide. Mais il soulève une question légitime d’épistémologie, sur la quantité de preuves que certains accusateurs jugeaient nécessaire avant de parvenir à la conclusion la plus grave qui soit.

Il y a trois endroits où le rapport ne parvient pas à supporter le poids qu’on lui fait porter aujourd’hui.

Le premier concerne la charge de la preuve. Le seuil retenu par la Commission elle-même est celui de « motifs raisonnables de conclure », soit le critère inférieur utilisé par les organismes d’enquête sur les droits humains. Ce n’est pas le critère d’un procès pénal, « au-delà de tout doute raisonnable ». Ce n’est pas non plus le critère de la CIJ pour la responsabilité des États, qui exige que les allégations d’une gravité exceptionnelle soient prouvées par des éléments pleinement concluants. On se retrouve donc avec une définition de droit pénal appliquée à un seuil d’enquête, dont le résultat est relayé par la presse comme si un tribunal avait tranché. Ce n’est pas le cas.

Le deuxième problème est l’absence de mise à l’épreuve contradictoire des preuves. La règle de « seule inférence raisonnable » est appliquée de la manière la plus rigoureuse lorsqu’une chambre met en balance les preuves du plaignant avec celles du défendeur, avec contre-interrogatoire et défense. Toute la fonction de cette règle est de forcer un tribunal à examiner l’explication offerte par l’accusé, puis à la rejeter formellement. La Commission n’a reçu aucune soumission israélienne. Le refus d’Israël d’y participer relève de son propre choix, et cela n’efface pas les preuves recueillies par la Commission. Mais cela signifie qu’un test conçu pour éliminer les hypothèses alternatives raisonnables a été mené sans que l’accusé ne les présente. C’est une limite structurelle, pas une objection partisane.

Les critiques du rapport vont plus loin : sur soixante-douze pages, la Commission ne prendrait jamais sérieusement en compte le fait que l’armée israélienne combattait une force d’environ trente mille hommes opérant depuis un réseau fortifié de centaines de kilomètres de tunnels secrets construits délibérément sous des hôpitaux, des écoles et des immeubles résidentiels. Le rapport décrit la dévastation civile dans un détail exhaustif ; il ne confronte pas l’explication militaire à ce contexte avec une rigueur comparable. Cela importe parce que l’utilisation délibérée d’infrastructures civiles comme bouclier pour des opérations militaires constitue elle-même un crime de guerre au regard du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève — ce qui signifie que la Commission a analysé les conséquences d’un acte illégal sans tenir compte de l’acte illégal qui l’a précédé. Cette omission de la Commission n’est pas une lacune procédurale mineure ; c’est une omission structurelle dans un document prétendant appliquer le critère de la « seule inférence raisonnable ».

Le troisième problème concerne ce que la Commission déduit de l’intention. La règle de la « seule inférence raisonnable » ne s’applique que lorsque l’intention est déduite du comportement. La CIJ l’a dit dans Croatie c. Serbie : l’analyse d’un ensemble de comportements est ce vers quoi se tourne un tribunal en l’absence de preuve directe d’intention, comme l’expression d’une politique en ce sens. La position de la Commission est que les déclarations de hauts responsables israéliens fournissent cette preuve directe. Deux jours après l’attaque terroriste du 7 octobre, le ministre de la Défense Yoav Gallant a déclaré : « J’ai ordonné un siège complet de la bande de Gaza. Il n’y aura ni électricité, ni nourriture, ni carburant, tout est fermé. Nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence. »

Le désaccord porte sur le sens de cette déclaration. Gallant appelait-il à une guerre sans merci contre le Hamas, pour éliminer définitivement le groupe terroriste islamiste ? L’antécédent grammatical de sa phrase est le Hamas. La Commission d’enquête, Amnesty et l’Afrique du Sud ont au contraire affirmé qu’il visait les Palestiniens dans leur ensemble. Elle a traité cette rhétorique ministérielle — tenue seulement 48 heures après l’attaque terroriste du Hamas — comme une preuve directe d’une politique d’État génocidaire. La Commission a transformé l’idée qu’Israël combattait un ennemi se comportant comme des animaux, en l’idée qu’Israël combattait une population qu’il considère comme des animaux.

Au-delà de la déclaration de Gallant, la Commission a cité l’invocation par Nétanyahou d’Amalec — « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalec, dit notre Sainte Bible. Et nous nous en souvenons » — répétée dans une lettre aux soldats quelques jours plus tard. Le récit biblique se conclut par un ordre divin de n’épargner personne. Mais Nétanyahou invoquait une tradition vieille de 3 000 ans consistant à comparer un ennemi existentiel à Amalec, et non un ordre opérationnel. Le discours complet identifie explicitement le Hamas comme cible. Le verset figure dans l’exposition permanente de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah en Israël, ainsi que sur un mémorial de la Shoah à La Haye — dans les deux cas comme mise en garde à la vigilance, non comme un ordre.

La Commission traite à la fois les déclarations de Nétanyahou et de Gallant comme des preuves directes d’une politique d’État de destruction — adoptée, transmise dans la chaîne de commandement, traduite en ordres opérationnels. Ce saut n’est pas étayé par le dossier opérationnel, qui constitue pourtant la meilleure preuve des intentions d’un gouvernement : les nombreux avertissements d’évacuation, les corridors humanitaires, les livraisons d’aide facilitées et les évacuations médicales, les pauses dans les combats pour vacciner les enfants contre la polio, les cessez-le-feu, les négociations d’otages. Un chercheur de West Point spécialisé en guerre urbaine, en immersion avec Tsahal à quatre reprises, a rapporté avoir observé des missions retardées ou annulées parce que des enfants avaient été détectés à proximité — un schéma incompatible avec une intention exterministe.

Certains avertissements sont arrivés tard ou étaient insuffisants. Mais les ordres qui ont été donnés et exécutés comptent aussi. La rhétorique n’est pas un ordre opérationnel. Si c’était le cas, la moitié des gouvernements de la planète seraient sur le banc des accusés.

Les tunnels et les boucliers humains expliquent pourquoi un hôpital est frappé. Ils n’expliquent pas la restriction de la nourriture. L’accusation selon laquelle Israël aurait utilisé la famine comme méthode de guerre — poursuivie par le procureur de la CPI, citée par la Commission, et rapportée par des organisations humanitaires internationales dont l’impartialité a été largement contestée — est une accusation grave, à laquelle la nécessité militaire ne répond pas. Même si cette accusation devait être confirmée par un tribunal compétent, elle constituerait un crime réel. Ce qu’elle ne constituerait pas, en l’absence d’intention spécifique de détruire les Palestiniens en tant que groupe, c’est un génocide. Ce sont des accusations différentes portant des noms différents, et confondre les deux ne rend pas la plus petite plus grande. Cela rend la plus grande dénuée de sens.

L’un des exemples les plus cités par la Commission est le bombardement, en décembre 2023, de la principale clinique de fertilité de Gaza, le centre de FIV Al-Basma, qui aurait détruit environ 4 000 embryons. Israël n’a pas confirmé avoir frappé cet établissement. Pour que cette attaque constitue un génocide au sens de l’article II(d), il faudrait que l’établissement ait été ciblé dans le cadre d’une intention d’empêcher les naissances au sein du groupe (les Palestiniens). La Commission a déduit cette intention de l’effet produit. Mais faute de preuves sur le choix de la cible, un obus égaré dans un champ de bataille urbain, en pleine offensive terrestre, reste une hypothèse tout aussi raisonnable — et selon Bosnie c. Serbie, il suffit d’une hypothèse alternative raisonnable pour que l’inférence échoue. L’effet seul ne peut établir l’intention requise.

Un panel reconstitué a depuis réitéré la conclusion de génocide dans un rapport de juin 2026. Les mêmes problèmes structurels — seuil de preuve bas, absence de participation israélienne, composition contestée ou compromise — s’appliquent aussi au nouveau panel.

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Je pense que la Commission a pesé ses preuves avec sa conclusion déjà arrêtée. Mais cette conclusion a également été atteinte indépendamment par Amnesty International, B’Tselem, une majorité des spécialistes du génocide ayant voté — ainsi que par des personnes sérieuses, dont certains historiens israéliens de la Shoah.

Parmi les universitaires ayant publiquement changé d’avis figure Omer Bartov, historien israélo-américain de la Shoah à l’université Brown, qui a déclaré dans une tribune du New York Times en juillet 2025 voir un génocide à Gaza. Le texte de Bartov a suscité une réplique directe de John Spencer, titulaire de la chaire d’études sur la guerre urbaine à l’Institut d’études sur la guerre moderne de West Point, qui a été en immersion avec Tsahal à Gaza à quatre reprises. La réponse de Spencer au titre de Bartov — « Je suis spécialiste du génocide. Je le reconnais quand je le vois » — a été « Je suis spécialiste de la guerre. Il n’y a pas de génocide à Gaza ». La crédibilité de Spencer repose non pas sur une analyse juridique, mais sur l’observation directe : il a examiné les ordres de Tsahal, observé le processus de ciblage, et vu des missions retardées ou annulées parce que des enfants se trouvaient à proximité. Sa conclusion était que rien de ce qu’il a observé ne ressemblait à une intention génocidaire.

La résolution de l’IAGS, souvent citée, a été largement présentée comme représentant « 86 % des spécialistes du génocide ». La réalité est nettement plus restreinte. Sur environ 500 membres de l’association, 28 % ont voté ; parmi ces votants, 86 % ont soutenu la résolution. Cela représente environ un quart de l’ensemble des membres ayant réellement approuvé cette conclusion. Le seuil requis pour organiser le vote n’était que de 20 % des membres en règle — un statut obtenu simplement en payant la cotisation annuelle. Mia Bloom, professeure à la Georgia State University, qui se décrit comme membre fondatrice de ce qui est devenu l’IAGS, a déclaré que cette résolution ne reflétait pas la majorité des spécialistes du génocide et que l’adhésion à l’association n’était plus réservée aux chercheurs sérieux sur la question.

Les chiffres d’adhésion confirment ce constat : le répertoire de l’IAGS comptait environ 150 membres en octobre 2023, un chiffre qui a triplé pour atteindre environ 440 membres au moment de l’adoption de la résolution. Près de 200 spécialistes du génocide, de la Shoah et du droit — dont Eli Rosenbaum, ancien procureur du ministère américain de la Justice chargé des crimes de guerre — ont signé une lettre exigeant le retrait de la résolution, au motif qu’elle n’établissait jamais sérieusement l’intention spéciale et n’examinait jamais l’explication alternative que le droit exige d’écarter. Sur trois pages, le Hamas n’apparaît que dans deux brèves propositions subordonnées.

Cela signifie que l’argument « les experts ont tranché » porte un poids qu’il ne peut supporter. Lorsqu’un organisme d’enquête applique une définition de droit pénal à un seuil de preuve d’enquête sans aucune défense présente, et qu’une association savante adopte une résolution soutenue par environ un quart de l’ensemble de ses membres, on n’a pas affaire à un verdict. On a affaire à un mémoire d’accusation, contesté par des personnes sérieuses, en attente d’un tribunal qui n’a pas encore statué et ne le fera pas avant des années.

Et le tribunal que tout le monde invoque n’a rien tranché sur le fond. L’ordonnance de la CIJ de janvier 2024 était provisoire — une mesure conservatoire prononcée bien avant que la cour n’ait examiné l’ensemble des preuves des deux parties. Dans les mois qui ont suivi, cette ordonnance a été presque universellement présentée comme reconnaissant un « cas plausible de génocide ». Ce n’était pas le cas. Dans une interview accordée à BBC HARDtalk le 25 avril 2024, la présidente de la cour à l’époque, Joan Donoghue — une juriste américaine qui a présidé les audiences relatives à l’affaire de l’Afrique du Sud — a directement corrigé cette lecture. « Elle n’a pas tranché », a-t-elle déclaré à l’intervieweur Stephen Sackur, « et je corrige ici quelque chose qui est souvent affirmé dans les médias — elle n’a pas jugé plausible l’accusation de génocide. » Ce que la cour a constaté, a-t-elle expliqué, c’est que les Palestiniens avaient un droit plausible à être protégés d’un génocide, et que l’Afrique du Sud avait qualité pour présenter cette demande. « Le raccourci que l’on voit souvent — qu’il existerait un cas plausible de génocide — n’est pas ce que la cour a décidé. »

La clarification de Donoghue est tombée comme une bombe. Ceux qui avaient bâti leurs arguments sur l’idée que « la CIJ a jugé le génocide plausible » se sont empressés d’expliquer qu’elle se trompait sur le jugement de sa propre cour — une position pour le moins singulière. Kenneth Roth, ancien directeur de Human Rights Watch, a soutenu sur X qu’un droit plausible à être protégé du génocide implique nécessairement des actes génocidaires plausibles, et que la clarification de Donoghue était donc « révisionniste ». C’est l’argument d’un homme expliquant à la juge qui présidait l’affaire qu’elle s’est trompée sur sa propre décision.

Un autre élément mérite d’être noté avant que la CIJ ne rende son jugement : plusieurs pays qui sont intervenus à l’appui de la requête de l’Afrique du Sud ont demandé à la cour d’assouplir la norme — une concession implicite du fait que, selon le critère actuellement appliqué de Bosnie c. Serbie, l’affaire contre Israël a peu de chances d’aboutir. Le Brésil souhaite une nouvelle « approche équilibrée » de l’intention génocidaire. Belize soutient qu’il n’existe « aucune exigence » qu’un État agisse exclusivement avec une intention génocidaire. Le Chili préfère « un concept fluide de l’intention » fondé sur une appréciation globale des preuves. Les conséquences dépasseraient largement cette seule affaire. La CIJ examine cette même question de norme dans l’affaire Gambie c. Myanmar, et quel que soit le seuil qu’elle y fixe, il deviendra le nouveau plancher mondial. Au moins 90 pays ont institué une compétence universelle en matière de génocide. Abaisser la norme ne protège pas une seule population. Cela change les règles pour tous les États, tous les responsables, et toutes les affaires futures — y compris contre les États-Unis et leurs alliés.

En mai 2026, la cour a fixé au 22 novembre 2027 la date de la réplique de l’Afrique du Sud, et au 22 mai 2029 celle de la duplique d’Israël. L’affaire Bosnie c. Serbie a pris quatorze ans entre le dépôt et le jugement. Un verdict dans l’affaire de Gaza avant la fin de cette décennie est hautement improbable.

Le coût de se tromper

Les mots sont des instruments. Lemkin a créé celui-ci en 1944 pour accomplir une tâche précise, et il ne fonctionne que s’il reste tranchant.

Si le génocide finit par désigner n’importe quelle guerre causant de terribles pertes civiles, alors il ne signifie plus rien, et la prochaine fois qu’un groupe sera voué à l’effacement — et il y en aura une prochaine fois — l’alarme sera déjà usée à force d’avoir trop servi. Ce n’est pas une querelle sémantique. C’est le mécanisme par lequel le « plus jamais ça » échoue.

Voici donc ma norme falsifiable, offerte à mon voisin et à quiconque d’autre. Montrez-moi une preuve directe de l’intention de détruire les Palestiniens en tant que tels — que ce soit par des déclarations explicites de politique, un ensemble de comportements dont la destruction est la seule inférence raisonnable qui survit à la confrontation avec l’explication alternative, ou les deux. Montrez-moi que l’explication alternative — une guerre brutale contre un ennemi armé embusqué au sein d’une population civile — a été examinée et écartée, plutôt que simplement balayée d’un revers de main. Montrez-moi un tribunal compétent ayant pesé des preuves contradictoires, avec une défense présente, et ayant rendu ce verdict.

Apportez-moi tout cela, et j’écrirai moi-même le rectificatif, sous mon propre nom.

En attendant, comprenez ce que vous faites lorsque vous répétez ce mot comme s’il s’agissait d’un talisman transformant les Israéliens en nazis des temps modernes. Vous ne construisez pas un argument. Vous jetez un sort — en espérant que si suffisamment de gens prononcent ce mot, il finira par devenir vrai.

Cela ne fonctionne pas ainsi. Cela n’a jamais fonctionné ainsi.

Source : Substrack

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