« Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie. »

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Ils constituent une contre-vérité factuelle et historique et ne peuvent rester sans réponse.
Le Hamas ne gouverne pas la Cisjordanie. Mais sa présence et son activité sur ce territoire sont attestées depuis des décennies.
1 – Le mouvement dispose de structures armées en Cisjordanie
Le Hamas reconnaît lui-même disposer de structures armées en Cisjordanie : en 2024, les Brigades Al-Qassam ont annoncé la mort de plusieurs commandants de leur « bataillon de Tulkarem », dont Islam Jamil Odeh, Haitham Balidi et Oufi, ce dernier étant lié à la tentative d’attentat à la voiture piégée d’Ateret. En octobre 2024, elles ont aussi présenté les auteurs de l’attentat de Jaffa comme deux de leurs combattants, originaires de ’Hévron.
Déjà en 2014, Saleh al-Arouri avait revendiqué, au nom des Brigades, l’enlèvement des trois adolescents à ‘Hévron. Ces trois adolescents ont été assassinés peu après leur enlèvement.
2 – L’Autorité palestinienne combat elle-même le Hamas en Cisjordanie
En juillet 2015, l’Autorité palestinienne a arrêté plus de 250 membres du Hamas en Cisjordanie, déjouant, selon elle, des projets d’enlèvements d’Israéliens, d’attaques de checkpoints et d’assassinats de ses propres responsables sécuritaires, pilotés par le « bureau Cisjordanie » du Hamas, composé d’anciens détenus libérés lors de l’échange de Guilad Shalit. Son porte-parole de la sécurité, Adnan al-Damiri, a justifié cette opération, en affirmant refuser que la Cisjordanie sombre dans le carnage au nom de l’escalade voulue par le Hamas, qui dénonçait alors sa « pire campagne d’arrestations ». En 2022 encore, à Naplouse, l’arrestation d’un membre du Hamas par l’Autorité déclenchait des affrontements meurtriers.
3 – Les mécanismes financiers du Hamas transitent par la Cisjordanie
En janvier 2024, le département du Trésor américain détaillait les mécanismes utilisés par le Hamas pour transférer des fonds vers la Cisjordanie afin d’y financer le recrutement et l’achat d’armes, notamment par l’intermédiaire de bureaux de change et de cryptoactifs.
4 – Le Conseil de l’Union européenne a également évoqué les opérateurs terroristes du Hamas en Cisjordanie
En juin 2024, le Conseil de l’Union européenne sanctionnait à son tour Maher Rebhi Obeid, membre du bureau politique du Hamas, en précisant qu’il était chargé de diriger les opérateurs terroristes du Hamas en Cisjordanie.
Il ne s’agit donc ni d’une interprétation ni d’un débat sémantique. Les réseaux du Hamas en Cisjordanie, leurs financements et l’activité de certains de leurs membres sont établis par plusieurs sources, y compris européennes, mais aussi par les revendications de l’organisation elle-même.
Et derrière cette réalité, il y a surtout des vies.
Dimanche 20 septembre dernier, Netanel Chekroun, Franco-Israélien et père de six enfants, a été tué par balles en Cisjordanie alors qu’il se trouvait auprès de son fils de 16 ans.
Derrière ces attaques, il y a des familles endeuillées et des vies à jamais bouleversées.
Députée des Français établis en Israël, je ne peux accepter que cette réalité soit effacée par des mots employés par le chef de l’État de manière inconsidérée.
La condamnation légitime des violences commises en Cisjordanie contre des civils ne saurait conduire à nier l’activité du Hamas dans toute la région ni les crimes qui y ont été commis.
De telles approximations nourrissent l’incompréhension, fragilisent la confiance et rendent plus difficile encore le dialogue dont nous avons pourtant besoin.
La parole de la France, particulièrement lorsqu’elle est portée à la tribune des Nations unies, nous oblige à cette exigence de vérité et de précision.
Caroline Yadan­
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Caroline Yadan, Députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France
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