Deux jours après les élections législatives du 27 octobre, la police et le Shin Bet enquêtent sur un possible système de corruption électorale impliquant des responsables du parti arabe Ra’am. Le chef du Shin Bet, David Zini, accuse la conseillère juridique de l’agence et la procureure générale Gali Baharav-Miara d’entraver ses investigations sur un financement étranger suspecté. Sept personnes ont par ailleurs été arrêtées par la police dans une enquête distincte sur un achat de voix dans le Néguev.
Deux jours après les élections législatives du 27 octobre, qui ont porté la participation nationale à 77,7 %, un record depuis 1999, deux enquêtes distinctes visent un possible système de corruption électorale lié au parti arabe Ra’am. D’un côté, le Shin Bet examine des soupçons de financement étranger, en provenance du Qatar et de la Turquie selon plusieurs sources, destiné à mobiliser le vote arabe. De l’autre, la police enquête sur des soupçons d’achat de voix dans le Néguev, où sept suspects ont été arrêtés. Malgré ces investigations, le président de la Commission électorale centrale, le juge Noam Sohlberg, a annoncé que les résultats officiels seraient transmis mercredi au président de l’État, sans changement.
Deux enquêtes parallèles
La police a procédé à sept arrestations liées à des soupçons d’achat de voix au profit du Ra’am : trois le jour du scrutin, quatre jeudi, parmi lesquels des directeurs d’école. Des enveloppes contenant de l’argent liquide et des bulletins du Ra’am ont été retrouvées lors des perquisitions, selon la police. Devant le tribunal d’instance de Beer-Sheva, le juge Eran Tzabari a ordonné lundi la levée des restrictions visant Saïd Abou Saad, l’un des suspects, après avoir déjà libéré sans condition, dimanche, le Dr Sayaf Abou Riash, dont l’avocat affirme qu’aucun argent n’a été retrouvé à son domicile et que les fonds servaient à l’aide caritative. Pour Hussein Masoudine, la détention n’a été prolongée que de deux jours, malgré une demande de la police d’une semaine supplémentaire. La police a fait appel de la remise en liberté sous contrôle d’Ibrahim al-Garibi, avec une nouvelle audience prévue. Selon des informations rapportées, l’enquête policière initiale aurait été déclenchée par le bureau de Benyamin Netanyahou, et certaines perquisitions ont eu lieu sans mandat, ce que contestent les avocats de la défense. Cette enquête reste distincte de celle du Shin Bet sur le financement étranger ; aucun lien entre les deux dossiers n’a été établi publiquement.
Le chef du Shin Bet accuse, Sohlberg tempère
Selon la chaîne 14, le chef du Shin Bet, David Zini, s’est plaint auprès du juge Sohlberg que la conseillère juridique de l’agence, en lien avec la procureure générale Gali Baharav-Miara, entraverait son enquête sur des soupçons de partialité électorale dans le secteur arabe. Benyamin Netanyahou a relayé cette accusation sur les réseaux sociaux. Dans une déclaration commune diffusée dimanche soir, sans dissension apparente, Sohlberg a reconnu l’existence de « soupçons sérieux » concernant un financement étranger destiné à influencer le scrutin, tout en estimant qu’ils ne suffiraient pas, même avérés, à remettre en cause l’intégrité du processus électoral. Le député Simcha Rothman (Sionisme religieux) affirme disposer de preuves suffisantes pour évoquer une corruption à grande échelle. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a qualifié l’affaire, si elle se confirmait, de « scandale de corruption choquant » et a réclamé de nouvelles élections en cas de confirmation d’un financement étranger. Le Qatar et la Turquie ont démenti toute implication.
Désaccord politique sur la portée de l’enquête
Dans l’opposition, Gadi Eisenkot (Yashar) a dénoncé une « tentative méprisable et malveillante de nier les résultats des élections », tandis que Yair Golan (Démocrates) a appelé Netanyahou à reconnaître sans équivoque le résultat du scrutin. L’enjeu dépasse la seule enquête : les partis arabes, Liste unifiée et Ra’am, ont obtenu ensemble 19 sièges, un record, et pourraient devenir les faiseurs de rois d’une coalition d’opposition qui en compte actuellement 48. Avigdor Liberman a par ailleurs annoncé son soutien à Yair Lapid pour la présidence de la Knesset et sa recommandation de Gadi Eisenkot au poste de Premier ministre.
La suite
Les résultats officiels doivent être transmis mercredi au président de l’État, sans changement annoncé malgré les soupçons. Le maintien en détention de Hussein Masoudine devait être réexaminé mardi, tandis que l’appel de la police contre la libération sous contrôle d’Ibrahim al-Garibi reste à trancher. Les deux enquêtes, policière et sécuritaire, se poursuivent séparément.
























