Chavou’oth

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Alors que Pessa’h et Souccoth, ces deux autres fêtes de pèlerinage, nécessitent d’importants préparatifs techniques (se débarrasser du ‘hamets, préparer la matsa, habiter sous un toit provisoire…), la fête de Chavou’oth exige quant à elle une préparation spirituelle de 49 jours, durant le décompte de l’Omer.

Certains ont l’habitude de veiller la nuit de Chavou’oth. Le public suit souvent un « tiqoun » spécial, permettant d’étudier les grands textes de la Tora (‘Houmach, prophètes, Michna, Guemara puis Zohar). A la suite de cette nuit d’étude, dans de nombreuses communautés, l’habitude est de prier à la première heure, celle du lever du soleil (watikin).

Dans la prière du matin, divers changements sont à effectuer.
D’abord, même si on ne dort pas, il faut se laver les mains comme au réveil, à trois reprises de manière alternative, une fois la droite, puis la gauche, puis à nouveau la droite, jusqu’à ce qu’on ait versé de l’eau à partir d’un récipient à trois reprises sur chaque main. On effectue tout de même cette ablution matinale, car un nouveau jour commence.

Une fois qu’on a fait ses besoins, on a l’habitude de dire la bénédiction « ‘al netilath yadaïm », bien qu’elle n’a peut-être été instaurée qu’après le repos.
On ne peut dire la bénédiction sur l’étude de la Tora, puisqu’elle n’a pas été interrompue par le sommeil. Toutefois, une personne qui a fait la sieste la veille – ce qui est le cas la plupart du temps – pourra tout de même dire cette bénédiction.
Puisqu’on n’a pas dormi, on ne peut dire la bénédiction « hama’avir chéna », « Qui dissipe le sommeil de mes yeux ». En conséquence, on cherche en général une personne qui a bien voulu dormir au moins une ou deux heures pour acquitter le public de touts les berakhoth.

Le reste de la prière correspond à celles des fêtes. Chez les achkenazes, on a l’habitude d’ajouter un très beau texte en araméen (fort complexe) commençant par les mots « Aqdomath milim », rédigé par rabbi Méïr fils de rabbi Yits’haq Chatz Nehoraï, un païtan (rédacteur de pioutim) qui vivait à Worms du temps de Rachi.

Après l’office, certains ont l’habitude de prendre un premier repas composé de laitages, en souvenir du moment où les Dix Commandements ont été reçus : en effet, à partir de ce jour, les Juifs devaient suivre les lois de la Tora. Or ils n’avaient pas de viande abattue comme le veut la Halakha. Ils ont donc dû se contenter de consommer des laitages… (On ne pose pas de questions sur des minhagim, mais disons tout de même qu’il faut comprendre son sens, puisqu’alors, le peuple juif avait droit à la manne…)

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