Avec un Premier ministre anti-israélien assumé, Madrid plonge dans la crise

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Sur le plan intérieur, la crédibilité du chef du gouvernement est sérieusement entamée. Sa cote de popularité est tombée à des niveaux historiquement bas, avec une défiance massive de l’opinion publique. Des scandales de corruption impliquant des membres de sa famille et de proches collaborateurs ont nourri un climat de suspicion durable. Malgré les démentis officiels, une majorité d’Espagnols estime que le Premier ministre n’est plus digne de confiance, ce qui fragilise une coalition gouvernementale déjà dépendante de formations radicales et régionalistes.

Les choix politiques récents ont accentué les fractures sociales. L’amnistie accordée aux indépendantistes catalans, présentée comme un geste de réconciliation, est perçue par ses opposants comme une concession dangereuse à des forces qui ont défié l’État de droit. Parallèlement, la décision de régulariser près de 500 000 immigrés en situation irrégulière suscite une vive controverse. Le gouvernement défend cette mesure au nom des besoins économiques et démographiques du pays, tandis que ses critiques y voient une manœuvre électorale aux conséquences sociales imprévisibles. Cette initiative a même provoqué une réaction ironique du milliardaire Elon Musk, illustrant l’écho international de ces débats.

Cette polarisation se reflète dans l’évolution du paysage politique espagnol. Les inquiétudes liées à la sécurité, à la criminalité et aux transformations démographiques alimentent la progression des forces conservatrices et de l’extrême droite, notamment auprès des jeunes électeurs. Des faits divers violents, dont certaines attaques à caractère religieux, ont renforcé un sentiment d’insécurité déjà latent dans plusieurs régions du pays.

À ces tensions internes s’ajoute une politique étrangère particulièrement conflictuelle. Madrid a adopté une ligne dure à l’égard d’Israël, multipliant les déclarations polémiques et les gestes diplomatiques perçus comme provocateurs. Ces positions ont contribué à isoler l’Espagne sur la scène internationale, tout en suscitant l’inquiétude de partenaires traditionnels. Le gouvernement espagnol s’est également singularisé en refusant de s’aligner sur les nouveaux objectifs budgétaires de l’OTAN, estimant qu’une hausse des dépenses militaires se ferait au détriment des programmes sociaux.

Cette posture a provoqué une confrontation directe avec les États-Unis et le président Donald Trump, qui a publiquement critiqué l’attitude espagnole. En réponse, Pedro Sánchez a durci son discours contre Washington, dénonçant certaines politiques américaines et allant jusqu’à évoquer une remise en cause des équilibres stratégiques de l’Alliance atlantique.

Enfin, sur le terrain des libertés publiques, le gouvernement a récemment instauré des réglementations numériques parmi les plus strictes d’Europe. L’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans et la responsabilité pénale accrue imposée aux dirigeants des grandes plateformes technologiques sont présentées comme des mesures de protection, mais dénoncées par leurs opposants comme des outils de contrôle politique.

Malgré une croissance économique portée par le tourisme, ces choix cumulés dessinent le portrait d’un pays sous tension, confronté à une défiance citoyenne durable et à un isolement diplomatique croissant, dont les conséquences à moyen terme restent incertaines.

Jforum.fr

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