Avi Slama prochain maire de Netanya !

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Professeur Michael Ayache – Illustration : Visite de Netanihoua à Netanya, aux côtés d’Avi Slama
L’ascension politique d’Avi Slama à Netanya et le rôle de Liora Lévy illustrent de manière spectaculaire la réussite d’un engagement francophone structuré dans la vie publique israélienne, au sein même du Likoud. Né à Netanya dans une famille d’olim tunisiano‑français, Slama est le premier maire francophone de la ville, tandis que Liora Lévy, ingénieure et ola de France, s’est imposée comme figure centrale du Likoud francophone et relais politique des olim.
Longtemps, les olim de France ont pesé démographiquement sans convertir ce poids en influence politique locale, se heurtant à la langue, à la méconnaissance des codes institutionnels et à une forme d’auto‑mise à l’écart. La dynamique des dernières années a changé la donne : multiplication de candidats francophones aux municipales, constitution de réseaux comme le Likoud francophone, montée en puissance de figures capables de naviguer à la fois dans l’univers israélien et dans l’espace communautaire français. L’Agence juive et différents acteurs de l’alyah ont eux‑mêmes anticipé une nouvelle vague d’immigration de France, renforçant la pertinence d’une représentation politique issue de cette alyah.
Dans ce contexte, la trajectoire d’Avi Slama est emblématique. Attaché à Netanya où il est né, passé par le renseignement militaire puis une carrière bancaire tournée vers une clientèle francophone, il a choisi de mettre sa vie professionnelle entre parenthèses pour se consacrer à la ville. Dans ses entretiens, il explique comment le vécu d’enfant de parents olim, la langue française à la maison et le contact avec les difficultés des Juifs de France ont structuré son engagement. Son discours politique place explicitement les olim – et en particulier les Français – au cœur du projet municipal, avec la volonté de préparer un véritable « programme pour les Juifs de France » en prévision d’une grande vague d’alyah.
Liora Lévy incarne la face militante et structurante de ce mouvement. Ingénieure, olah de France, engagée très tôt dans la vie publique, elle a compris que la clé pour les olim francophones était de transformer un public dispersé en force organisée. À travers le Likoud francophone, qu’elle codirige, et le groupe « Netanya avec Liora Levy », elle a multiplié les actions très concrètes : accueil des nouveaux arrivants à l’aéroport aux côtés de ministres, organisation d’événements pour les olim, traduction et diffusion des informations officielles, mobilisation autour de dossiers municipaux. Cette capacité à « faire le pont » entre institutions israéliennes et réalités francophones a permis à de nombreux olim de trouver une porte d’entrée politique crédible.
La victoire de Slama à la mairie, avec l’appui explicite du Likoud national et de Benjamin Netanyahou, consacre la convergence de ces deux trajectoires. Le parti a choisi de faire de Netanya un laboratoire où un leadership francophone assumé porte une vision de droite nationale : continuité avec l’héritage de Feirberg, mais accent mis sur la sécurité personnelle, le développement économique, et surtout un triptyque logement–emploi–éducation pensé pour les olim. Dans une interview, Slama souligne qu’il s’agit de la « première fois » que deux francophones, lui et Liora Lévy, sont en position de diriger la municipalité et de « s’occuper de la communauté francophone au niveau de la ville »
Ce succès politique n’est pas seulement symbolique : il ouvre la voie à des solutions plus fines pour les olim de France confrontés aux difficultés du quotidien. Logement cher, insertion professionnelle, intégration des enfants dans le système éducatif israélien, bureaucratie et barrière de la langue figurent parmi les problèmes les plus souvent cités. Le duo Slama–Lévy, articulé à la fois à la mairie et au Likoud, a désormais les moyens institutionnels de traiter ces dossiers : renforcer le département d’intégration, adapter les oulpanim, coordonner ville–ministères, et donner aux francophones une voix directe dans la définition des priorités municipales.
Au moment où l’alyah de France connaît un regain d’intérêt, l’émergence de ce leadership francophone à Netanya représente une avancée majeure dans la reconnaissance d’une vision politique à la fois likoudnik et francophone, assumée et implantée au niveau local. Que cette expérience réussisse ou non au‑delà du premier mandat, elle établit un précédent : les olim de France ne sont plus seulement un public à prendre en compte, mais un acteur politique à part entière.
En ce sens, adresser des vœux de réussite à l’équipe formée autour d’Avi Slama et de Liora Lévy revient à souhaiter que la ville de Netanya devienne un modèle où les difficultés des familles venues de France trouvent enfin des réponses concrètes, durables et portées par des élus qui parlent leur langue au sens propre comme au figuré.

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