Commentaires de la parachath Bo par le président Javier Milei d’Argentine au sommet économique de Davos

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Professeur Michael Ayache – Illustration : Milei au Kotel

Le président argentin Javier Milei a conclu son discours au Forum économique mondial de Davos par un dvar Tora sur la parachath Bo, transformant la scène la plus emblématique de l’esclavage égyptien en lecture politique de la crise de l’Occident contemporain. Il rappelle les trois dernières plaies – sauterelles, obscurité et mort des premiers‑nés – et présente Pharaon comme l’image d’un pouvoir étatique totalisant qui refuse de laisser le peuple hébreu sortir pour servir Hachem, comme aujourd’hui certains États et élites refusent de laisser les peuples vivre dans la liberté économique et spirituelle.

Dans une approche juive, ce dvar Tora dépasse la critique générale du « wokisme » et du socialisme pour devenir une lecture de l’histoire du peuple juif et de l’État d’Israël à la lumière de la sortie d’Égypte. Parachath Bo n’est pas seulement un récit de miracles : c’est l’instant où naît un peuple qui doit se libérer d’un empire qui nie son identité, sa liberté religieuse et sa vocation nationale, tout comme Israël moderne se libère des empires et des dépendances pour assumer sa souveraineté en Erets Israël. Dans ce cadre, Pharaon symbolise tout pouvoir – impérial, islamiste ou technocratique occidental – qui refuse de reconnaître pleinement le droit d’Israël à être une nation à part, avec sa Tora, son armée et son État sur sa terre.

Les trois dernières plaies permettent alors une lecture très concrète de la situation actuelle. Les sauterelles, qui ravagent la production d’Égypte, évoquent le prix économique et stratégique de l’obsession anti‑israélienne : au Moyen‑Orient, des régimes ont sacrifié le développement de leurs populations pour financer la guerre permanente contre Israël, dévorant leurs propres ressources comme un nuage de locustes idéologiques et militaires. L’obscurité, où « un homme ne voit plus son frère », devient l’image du brouillard moral qui saisit une partie de l’Occident : incapacité à voir la différence entre une armée démocratique qui se défend et des organisations terroristes, renversement des rôles entre victimes et agresseurs, relativisme qui place sur le même plan la civilisation biblique et la barbarie jihadiste. La mort des premiers‑nés symbolise enfin la destruction des générations futures quand une société renonce à transmettre une identité claire, une morale enracinée et une fidélité assumée à l’alliance entre Hachem et Israël, laissant ses enfants sans repères ni protection face à des menaces très réelles.

À ce point, cette lecture relie naturellement ce tableau au danger iranien. Le régime de Téhéran, qui parle d’« annihiler » Israël, arme des proxies tout autour de ses frontières et avance vers des capacités nucléaires, apparaît comme le « ‘Amalek stratégique » de notre génération : non un adversaire de circonstance, mais un ennemi qui vise l’existence même de l’État juif. De même qu’après la sortie d’Égypte Israël doit affronter’ Amalek sur le chemin, la génération actuelle ne peut se contenter de célébrer 1948 ou 1967 ; elle doit empêcher qu’un régime prêchant la destruction d’Israël ne transforme cette idéologie en arsenal opérationnel. Dans ce langage, le programme nucléaire iranien devient « l’arsenal de ’Amalek », et la responsabilité d’un gouvernement juif n’est pas seulement politique mais spirituelle : ne pas laisser cette menace arriver à maturité, afin que les enfants d’Israël puissent continuer à servir Hachem librement sur leur terre.

Les prises de position de Milei viennent alors se greffer sur ce cadre. Son soutien constant à Israël, sa dénonciation de l’Iran comme ennemi de la liberté et sa décision de classer la force Al‑Quds comme organisation terroriste sont perçus comme le signe qu’un dirigeant non juif reconnaît que la défense d’Israël est au cœur de la défense de la civilisation occidentale. Qu’un chef d’État monte à Davos, cite la paracha de la semaine et explique que la Tora dévoile les racines des dérives idéologiques modernes, tout en affirmant que l’État juif est le rempart avancé de l’Occident face à l’axe iranien et islamiste, est vu comme une forme de Kiddouch Hachem politique.

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