Dans le contexte des poursuites des mohalim en Europe, un nouveau programme de certification médicale et professionnelle est lancé

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Face aux tentatives de limiter et d’interdire la circoncision dans les pays européens, la Fédération des organisations juives d’Europe et le Centre rabbinique européen lancent un programme inédit de certification médicale et professionnelle des circoncis.

Kol réga’ – Yanki Farber – Photo : Flash 90

Face aux tentatives répétées de restreindre, voire d’interdire, la circoncision en Belgique et dans d’autres pays européens, l’Association des organisations juives d’Europe (AIE) et le Centre rabbinique d’Europe (CRE) ont annoncé aujourd’hui la création du Centre d’excellence pour la circoncision religieuse (CERM) et le lancement de ce qui est considéré comme le premier programme complet de ce type hors d’Israël pour la certification médicale et professionnelle des circonciseurs certifiés.

Cette initiative vise à apporter une réponse concrète aux défis juridiques et politiques entourant la circoncision en renforçant les normes médicales, de sécurité et professionnelles et en les soumettant à un système systématique de supervision et d’évaluation.

Le commissaire européen à la santé et au bien-être animal, Oliver Vallerhei, a salué les efforts de l’association, soulignant : « La vie juive et la pratique des rites religieux juifs font partie intégrante de l’Europe. Il est de notre responsabilité de veiller à ce que ces traditions ancestrales puissent perdurer dans un cadre respectant les normes les plus exigeantes en matière de protection de l’enfance, de sécurité médicale et de responsabilité professionnelle, conformément aux standards européens. Le Centre d’excellence pour la circoncision masculine religieuse offre un modèle crédible qui nous permet précisément d’atteindre cet objectif.»

Basé à Bruxelles, le centre proposera aux circonciseurs déjà qualifiés et certifiés une formation complémentaire en médecine et en sécurité, une évaluation pratique et une certification professionnelle. Le programme sera mis en œuvre sous la supervision d’un réseau international d’urologues, de pédiatres, de médecins et de chercheurs en sciences médicales, avec un conseil médical et scientifique chargé d’examiner et d’approuver les protocoles cliniques, les examens de certification et les normes professionnelles.

Le CERM prévoit de collaborer avec les autorités sanitaires européennes afin d’établir une reconnaissance professionnelle des circonciseurs certifiés, attestant de leur formation et de leurs qualifications pour pratiquer la circoncision religieuse. Ainsi, leur compétence sera déterminée par des normes médicales rigoureuses et un contrôle professionnel indépendant, et ne deviendra plus un enjeu politique.

Le programme de formation couvre tous les aspects médicaux et de sécurité de la circoncision, notamment l’évaluation du nouveau-né, l’hygiène et la prévention des infections, le bien-être du nourrisson, la gestion des saignements et des plaies, l’identification des complications, les interventions d’urgence et la réanimation, l’orientation vers des soins médicaux et le suivi post-circoncision. Le processus de certification comprendra des épreuves pratiques, des mises en situation cliniques et des simulations d’urgence, en mettant l’accent sur la reconnaissance des signes d’alerte, la prise en compte des limites de l’autorité professionnelle et la capacité à identifier les situations nécessitant un report de la circoncision ou une consultation médicale.

Le rav Mena’hem Margolin, président de la Fédération des organisations juives d’Europe et du Centre rabbinique d’Europe, a déclaré : « La circoncision est au cœur de la vie juive depuis des millénaires. Face aux difficultés croissantes rencontrées pour accomplir cette mitsva, et notamment aux tentatives de restreindre la capacité des circonciseurs certifiés à la pratiquer dans certains pays européens, nous avons décidé que notre réponse ne pouvait se limiter à la simple protection de la liberté religieuse. Nous souhaitons créer le meilleur cadre professionnel possible afin d’assurer la pérennité de cette pratique. Pour la première fois hors d’Israël et à une telle échelle, les circonciseurs certifiés pourront suivre un programme complet combinant formation médicale et de sécurité, évaluation pratique, certification et normes professionnelles claires. »

Le rav a ajouté : « Nous avons délibérément choisi de l’appeler Centre d’excellence car, lorsqu’il s’agit du bien-être et de la sécurité d’un enfant, notre aspiration ne saurait se contenter du minimum. Nous visons l’excellence et nous exigeons que cette excellence soit transparente, documentée et vérifiable par une évaluation indépendante. »

La création de ce centre intervient alors que la circoncision est devenue un sujet de controverse juridique et politique dans plusieurs pays européens ces dernières années. La Belgique est devenue l’un des points névralgiques de ce débat, le statut des circonciseurs non médecins étant soumis à une importante incertitude juridique et politique. Dans d’autres pays européens, des discussions et des tentatives d’imposer des restrictions à la circoncision ont eu lieu. Pour les communautés juives, il ne s’agit pas seulement d’une question réglementaire, mais d’une question de liberté d’observer l’un des commandements les plus anciens et les plus fondamentaux du judaïsme.

Le centre a été créé comme une réponse concrète à ces enjeux : renforcer les mesures de sécurité médicale, les normes professionnelles et l’encadrement de la circoncision, tout en contribuant à garantir aux communautés juives d’Europe la possibilité de continuer à observer un élément fondamental de la vie juive.

« Les membres de nos communautés l’ont demandé. Nous les avons entendus.» Pour la première fois hors d’Israël et à une telle échelle, les circonciseurs certifiés auront accès à un programme complet alliant formation médicale et de sécurité, évaluation pratique, certification et normes professionnelles claires.

Ce programme repose sur des recommandations médicales et scientifiques reconnues et fera l’objet d’un suivi médical continu. L’équipe médicale et le conseil consultatif du CERM comprennent des experts de Belgique, de Grande-Bretagne, d’Israël, d’Italie et d’Allemagne, dont certains possèdent une expérience directe de la certification et de la supervision officielle des circonciseurs en Israël.

Le rav Margolin a conclu : « En Europe, on présente trop souvent la circoncision comme s’il fallait choisir entre la liberté religieuse et le bien-être de l’enfant. Nous rejetons cette idée. Il n’y a aucune contradiction entre les deux. Plus les normes professionnelles encadrant la circoncision sont élevées et transparentes, plus la protection de la liberté des familles juives de la pratiquer est justifiée. L’Europe ne peut prétendre être la protectrice de la liberté de l’enfant. »

« La vie juive, tout en remettant constamment en question l’un des commandements les plus fondamentaux du judaïsme. Le CERM propose une réponse européenne concrète : protéger la liberté religieuse, exiger l’excellence et rendre cette excellence transparente et démontrable. »

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