Démagogie sur le recrutement des ‘Haredim – le bilan que Bennett, Lapid...

Démagogie sur le recrutement des ‘Haredim – le bilan que Bennett, Lapid et Eisenkot préfèrent oublier. N’ayons pas la mémoire courte !

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Professeur Michael Ayache
L’État d’Israël repose sur une idée simple, héritée de toute l’histoire juive : un peuple qui veut vivre libre sur sa terre doit être capable de se défendre lui-même. Depuis le 7 octobre, chaque famille israélienne le sait dans sa chair. Nos soldats et nos réservistes ont porté un fardeau immense à Gaza, au Liban et face à l’Iran. La question du partage de ce fardeau, et en particulier du recrutement des ‘harédim, est donc une question nationale. Elle ne doit pas devenir un slogan électoral.
Pourtant, c’est ce que font aujourd’hui Naftali Bennett, Yair Lapid et Gadi Eisenkot. Ils se présentent comme ceux qui auraient la solution. Leur propre bilan dit autre chose.
Les chiffres de Tsahal
Selon les données officielles de Tsahal, reprises et vérifiées par Globes, 1 222 ‘harédim se sont enrôlés en 2019 et 1 193 en 2020, sous des gouvernements Netanyahou. Ils étaient 1 185 en 2021 et 1 266 en 2022, pendant la période Bennett-Lapid. L’année de recrutement court de juillet à juin : l’année 2021 correspond donc entièrement au gouvernement Bennett.
Il n’y a donc eu aucune percée sous Bennett et Lapid. Le recrutement est resté stable, autour de 1 200 hommes par an, exactement au niveau des années précédentes.
Depuis, les chiffres ont nettement augmenté : environ 2 200 recrues en 2023 et 2 800 en 2024, selon Ynet, puis 4 298 sur l’année de recrutement juillet 2025-juin 2026, soit une hausse d’environ 53 %, selon le Jerusalem Post. Cette hausse a plusieurs causes : la guerre, l’élan patriotique d’une partie de la jeunesse ‘haredie, la création de filières adaptées, les décisions de la Cour suprême et les sanctions. Elle reste très insuffisante face aux besoins de Tsahal.
Une chose est cependant certaine : ceux qui donnent aujourd’hui des leçons n’ont pas fait mieux lorsqu’ils étaient au pouvoir.
Bennett reconnaît lui-même son erreur
Bennett le dit désormais lui-même. Devant une conférence de Ynet en juin 2026, il a déclaré : « Avant le 7 octobre, mon approche était : renonçons au recrutement, faisons-les entrer sur le marché du travail et abaissons l’âge d’exemption. » Interrogé sur le fait qu’il n’avait pas poussé le recrutement lorsqu’il était Premier ministre, il a répondu : « Nous n’avions pas encore compris que Tsahal devait s’agrandir », selon JFeed.
Cet aveu est important. Son gouvernement a d’ailleurs fait adopter en première lecture, le 31 janvier 2022, un projet de loi qui abaissait temporairement l’âge d’exemption à 21 ans. Autrement dit, la coalition Bennett-Lapid ne préparait pas un recrutement massif. Elle organisait une sortie plus rapide des jeunes ‘haredim hors du service militaire.
Aujourd’hui, Bennett promet « zéro compromis ». Il y a quelques années, il acceptait précisément ce compromis.
Le rapport Brick, un avertissement enterré
Le général de réserve Yitzhak Brick, ancien médiateur des soldats, est un patriote qui a dénoncé tous les responsables, quel que soit leur camp. En 2018, il a remis un rapport de 250 pages, intitulé « Préparation de l’armée de terre à la guerre ». Ce rapport détaillait quinze domaines montrant que Tsahal n’était pas prête. Brick affirme que Gadi Eisenkot, alors chef d’état-major, « a tout fait pour que cela n’arrive pas » devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, la commission du contrôle de l’État et le cabinet, selon Channel 14.
Il s’adresse directement à Eisenkot : « Si tu avais traité le rapport que je t’ai remis en 2018, cinq ans avant les événements, cela ne serait pas arrivé. […] Tu as ignoré le rapport, tu l’as fui et tu as tenté de le cacher. » Il ajoute : « Tu es le premier des responsables. »
Brick reproche aussi au plan pluriannuel « Gideon » d’avoir réduit de plusieurs milliers le nombre de militaires de carrière et raccourci de quatre mois le service des hommes, selon Arutz 7. Il estime que ces décisions ont affaibli l’entretien des stocks d’urgence et produit une armée de terre incapable de combattre sur plusieurs fronts.
Ces accusations relèvent du débat public et ne constituent pas les conclusions d’une commission d’enquête. Elles posent néanmoins une question grave à un homme qui demande aujourd’hui la confiance de la nation pour diriger Israël.
Gaza : l’illusion de l’achat du calme
Sur Gaza, Eisenkot déclarait en décembre 2018 que le Hamas était « relativement dissuadé ». Cette doctrine de la dissuasion supposée s’est effondrée le 7 octobre.
Bennett, de son côté, avait promis que les « valises de dollars » destinées à Gaza devaient « disparaître ». Pourtant, dès août 2021, un nouvel accord avec l’émissaire qatari a permis la reprise des versements d’aide qatarie. Des documents sécuritaires révélés en 2026 décrivent aussi un mécanisme approuvé en octobre 2021. Selon ces documents, le Qatar achetait chaque mois environ 10 millions de dollars de carburant égyptien, livré à une société liée au Hamas. Le produit de la vente servait à payer les salaires de l’organisation, tandis que le nombre de travailleurs gazaouis autorisés à entrer en Israël augmentait.]
Le bureau de Bennett conteste cette présentation. Il affirme que deux tiers des fonds sont allés à des bons alimentaires destinés aux civils. Mais la philosophie est connue, et Lapid l’a lui-même formulée en septembre 2021 : son plan « économie contre sécurité » proposait des investissements à Gaza en échange du calme. C’est exactement l’illusion que le Hamas a utilisée pour préparer le massacre.
Liban : les concessions et la frappe annulée
En octobre 2022, Yair Lapid a signé l’accord maritime avec le Liban. Dans les mois précédents, le Hezbollah avait menacé de frapper la plateforme gazière israélienne de Karish, pourtant située dans la zone économique israélienne incontestée. Ses opposants y ont vu, selon le Jerusalem Post, une capitulation face au Hezbollah. Un accord signé sous la menace envoie toujours un message à l’ennemi.
Plus grave encore, le 11 octobre 2023, quatre jours après le massacre, le ministre de la Défense Yoav Gallant et la hiérarchie militaire proposaient une frappe préventive contre le Hezbollah. Gadi Eisenkot s’y est opposé jusqu’à en perdre la voix. Il a qualifié cette frappe d’« erreur stratégique » devant Channel 12. Gallant considère au contraire que renoncer à cette attaque a été la plus grande erreur de la guerre. La suite est connue : des dizaines de milliers d’Israéliens déplacés du Nord pendant des mois, et une Galilée transformée en zone de tirs.
Iran : minimiser la menace existentielle
Face à l’Iran, dont le régime appelle ouvertement à la destruction de l’État juif, Eisenkot a choisi, le 1er juillet 2026, d’accuser Netanyahou d’« inventer » la menace. Il a affirmé que l’Iran « n’a pas de bombe nucléaire », selon l’agence Anadolu. Al Jazeera résume : il reproche à Netanyahou d’« exagérer la menace nucléaire iranienne ».
Quand on se prépare à diriger Israël, minimiser le danger iranien n’est pas une nuance tactique : c’est une faute de jugement. Bennett, lui, parlait de frapper « la tête de la pieuvre ». En 2021, pourtant, son gouvernement acceptait, selon Carnegie, l’approche américaine consistant à « remettre le programme nucléaire iranien dans une boîte », c’est-à-dire la voie diplomatique.
Ne pas effacer la mémoire
Le peuple juif a appris à se souvenir. Zakhor n’est pas seulement un commandement religieux : c’est aussi une règle de survie nationale. Bennett a laissé le recrutement stagner et proposé d’abaisser l’âge d’exemption. Lapid a signé sous la menace du Hezbollah et promu l’illusion « économie contre sécurité ». Eisenkot a réduit l’armée de terre, écarté le rapport Brick, cru le Hamas dissuadé, bloqué la frappe contre le Hezbollah et minimisé la menace iranienne.
Personne n’a encore réglé la question du recrutement ‘haredi, et elle exige une réponse nationale, juste et ferme. Mais ceux qui n’ont pas fait mieux lorsqu’ils gouvernaient devraient faire preuve d’humilité.
Enfin l’expérience d’obtenir un soutien pour la coalition centre et gauche par les partis arabes a montré que le pendant cette période que le gouvernement et Tsahal ont été complètement incapable de réagir à la menace islsmiamque que ce soit à Gaza , au Liban contre le Hezbola  et vis à vis de l’Iran .veut on renouveler cette période ? Le peuple d’Israel ne veut plus également renouveler l’approche des accords d’Oslo qui n’a pas apporter la paix mais qui a permis le rapatriement de 50000 terroristes et la remise en cause de la souveraineté en Judee-Samarie.

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