Les États-Unis renforcent surtout des moyens aériens, navals et cyber dans la région pour dissuader Téhéran, protéger leurs troupes et se donner la capacité de frappes ciblées contre le régime, sans pour l’instant engager une opération terrestre de changement de régime. Donald Trump menace explicitement une intervention militaire si la répression contre les manifestants en Iran se poursuit, tout en affirmant ne pas viser officiellement un changement de régime. Les discussions internes à Washington portent sur une palette d’options graduées, des sanctions et opérations d’influence jusqu’à des frappes limitées sur des cibles sécuritaires ou nucléaires iraniennes.
Pr Michaël Ayache
Environ 30 000 soldats américains restent déployés au Moyen-Orient (Irak, Syrie, Golfe), avec des bases majeures comme Al Udeid au Qatar, cœur du dispositif aérien régional. Les États-Unis disposent déjà d’une présence navale et aérienne importante entre Méditerranée orientale, Golfe et mer d’Arabie, capable de lancer des frappes de missiles de croisière et d’assurer la défense aérienne d’Israël et des alliés arabes. Des dizaines de chasseurs et d’avions de soutien supplémentaires convergent vers la région pour couvrir trois missions : protection des forces US, dissuasion d’Iran et de ses alliés, et rassurance des partenaires comme Israël, l’Arabie saoudite et les Émirats. Par précaution face aux menaces iraniennes de frapper les bases américaines, Washington retire ou redéploie certains personnels de sites jugés vulnérables.
Les plans évoqués comprennent des frappes aériennes ou de missiles contre des sites nucléaires déjà visés lors de la guerre Israël–Iran de 2025, des installations des Gardiens de la révolution impliquées dans la répression et des infrastructures sécuritaires ou de commandement. Les États-Unis se préparent aussi à des opérations cyber et d’information : sabotage de réseaux, soutien en ligne aux manifestants, perturbation des systèmes de commandement et de communication iraniens.
Téhéran avertit qu’en cas de frappes américaines, il viserait des bases US dans le Golfe et au Levant ainsi qu’Israël, en s’appuyant sur ses missiles et ses proxys (Hezbollah, groupes irakiens, Houthis, etc.). Les analystes jugent probable une phase de confrontation limitée (échanges de frappes, attaques de bases et de routes maritimes) plutôt qu’une invasion classique, car un engagement terrestre massif contre le régime présenterait des coûts et risques très élevés pour Washington.























