Donald Trump peut‑il réellement engager une frappe rapide et ciblée contre le régime iranien ?

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Professeur Michael Ayache – Illustration : Flash 90
Le Moyen-Orient traverse une phase de tension extrême où la République islamique d’Iran s’affirme comme le cœur d’une crise historique, et la question décisive est de savoir si le président Donald Trump choisira une action ciblée, conçue en coordination étroite avec l’État d’Israël, afin de frapper un régime considéré comme meurtrier, tout en évitant le piège des guerres totales et interminables ?
Dans cette perspective Israël n’est pas seulement l’allié stratégique majeur de Washington : c’est l’avant‑poste du monde libre, le partenaire le plus fiable, doté d’une supériorité technologique, de renseignement et opérationnelle, capable de stabiliser la région et de défendre l’axe des démocraties contre le bloc terroriste mené par Téhéran !
Donald Trump ne se comporte pas comme un gestionnaire technocratique, mais comme un dirigeant convaincu de jouer un rôle historique dans la confrontation entre le bien et le mal au Moyen‑Orient, avec une sensibilité biblique qui renforce son attachement à Israël en tant qu’État juif au cœur des prophéties.
Dans cette réalité , l’Iran n’est pas un simple État souverain, mais un régime théocratique oppresseur, ennemi déclaré d’Israël, qui torture son propre peuple, exporte le terrorisme et défie l’ordre moral, de sorte que chaque décision sur l’usage de la force devient à la fois un choix stratégique et un jugement éthique.
La vraie problématique est double car si à la question est « faut‑il frapper l’Iran » ? : il faut également s’interroger à propos du timing “le moment est‑il venu d’affronter un régime qui menace le peuple iranien, la stabilité régionale et l’existence même d’Israël ?”.
Depuis la fin de 2025, une insurrection sans précédent embrase les villes iraniennes, transformant des revendications réformatrices en un soulèvement ouvert visant le renversement du régime, face à une répression qui laisse déjà des milliers de morts et transforme la crise en drame humanitaire mondial. Une part croissante des Iraniens ne brûle plus des drapeaux américains ou israéliens mais les appelle à l’aide extérieure, ce qui, dans ce cadre , confirme l’idée qu’une intervention limitée, coordonnée avec Israël, pourrait être présentée non comme une invasion impérialiste, mais comme un devoir moral de secours à un peuple pris en otage par une dictature anti‑juive et anti‑occidentale.
Dans ce contexte, Trump récuse le modèle des grandes occupations militaires à l’ancienne, comme en Irak ou en Afghanistan, qu’il considère comme des erreurs stratégiques fondées sur des renseignements erronés, une hémorragie humaine et financière et la montée du djihadisme dans le chaos. La doctrine de Trump aujourd’hui est de privilégier des opérations éclairs ciblées et décisives, visant le centre de gravité du régime hostile plutôt que la conquête du territoire, avec neutralisation de ses capacités, notamment nucléaires, et exposition judiciaire de ses dirigeants au lieu de les ériger en martyrs. L’option privilégiée contre Téhéran s’inscrit dans cette logique : frapper les centres de commandement, les infrastructures militaires et les programmes sensibles, sans occuper l’Iran, en laissant la société iranienne reprendre son destin une fois la chape de la théocratie brisée.
Au cœur de ce dispositif se trouve une nouvelle génération de chefs militaires aux Etats Unis, incarnant le style de guerre apprécié par Trump : des commandants capables de promettre des résultats en jours ou en semaines, partisans d’une “chirurgie politique” plutôt que de conflits interminables. Certains précédents, présentés comme des succès contre d’autres régimes affaiblis (comme l’exemple du Venezuela) servent de prototypes : offensive rapide, capture des dirigeants, exposition publique de leur corruption, et transition encadrée pour éviter le vide sécuritaire qui profite aux milices islamistes et aux mercenaires venant d’Irak et d’ailleurs. Pour nous, ces méthodes illustrent ce que doit être une superpuissance alliée d’Israël : frapper fort et vite, puis se retirer, en laissant émerger des forces locales modérées, plutôt que sacrifier des milliers de soldats dans des scénarios d’occupation sans fin.
Dans cette architecture stratégique, Israël occupe une place centrale, à la fois comme référence spirituelle pour le camp évangélique américain et comme bras opérationnel le plus expérimenté de l’Occident au Moyen‑Orient. Pour ces milieux, Israël n’est pas un pays comme les autres : c’est la nation hébraïque revenue sur sa terre, pivot d’un récit biblique où les grandes bifurcations de l’histoire se jouent autour de Sion, ce qui confère une portée presque sacrée aux décisions américaines dès lors qu’elles touchent à la sécurité israélienne.
Sur le plan concret, Israël fournit une supériorité en matière de renseignement, de forces spéciales, d’aviation et d’opérations clandestines contre les infrastructures nucléaires et les réseaux terroristes iraniens ; des scénarios crédibles évoquent une coordination étroite où Israël neutraliserait des centres décisionnels iraniens, participerait à la capture de hauts responsables et jouerait ensuite un rôle de pilier de stabilité post‑crise.
Trump doit toutefois arbitrer entre la prudence de certains alliés arabes, qui craignent une conflagration régionale, et le risque, en cas d’inaction, de voir la Russie et la Chine consolider leur présence en soutenant le régime iranien contre le camp pro‑occidental. Il s’appuie alors sur un faisceau d’outils : sanctions économiques asphyxiantes, isolement diplomatique, guerre de l’information et menace militaire crédible, en laissant entendre au pouvoir iranien que chaque exécution de masse raccourcit le délai avant une riposte. L’idée de capturer vivant le guide suprême plutôt que de l’éliminer immédiatement s’inscrit dans une logique de communication : briser l’aura de pseudo‑résistance en le montrant humilié et jugé, plutôt qu’en lui offrant le statut de martyr, tout en envoyant un signal à tous les ennemis d’Israël et de l’Occident.
La doctrine qui se dessine cherche à tirer les leçons des erreurs passées : pas de “nation building” imposé de l’extérieur, mais un appui ciblé à des forces internes prêtes à rompre avec la théocratie, afin de favoriser une transition contrôlée sans effondrement total. L’objectif n’est pas de détruire l’Iran en tant que nation – ce serait contraire aux intérêts d’Israël et du camp occidental – mais de débarrasser la région d’un régime idéologique qui finance le Hezbollah, le Hamas et l’axe anti‑israélien, tout en préservant le potentiel d’un Iran post‑islamiste pouvant un jour devenir un partenaire plutôt qu’un ennemi. Dans cette perspective, une “fenêtre historique” se dessine : soulèvement populaire massif, répression diffusée en direct, appels explicites à l’aide ; pour un Trump soutenu par un camp pro‑israélien, ne pas agir dans un tel moment serait presque une faute morale.
Le présent est donc décrit comme un tournant : un Moyen‑Orient embrasé, un régime iranien vacillant, un président américain convaincu de jouer une partition où se mêlent croyance, identité occidentale et calcul stratégique, et un Israël prêt à assumer ses responsabilités historiques en tant que bouclier du monde libre.
La décision finale ne repose pas uniquement sur les dossiers techniques du Pentagone, mais sur la conviction intime que l’heure est venue de frapper le cœur d’un régime qui menace la seule démocratie juive du monde. Si cette conviction se cristallise, une opération rapide, conjointe entre les États‑Unis et Israël, visant les nerfs du pouvoir à Téhéran mais épargnant la population, pourrait remodeler durablement l’équilibre régional, au prix de risques assumés comme le nécessaire tribut à payer pour garantir la sécurité d’Israël et réaffirmer la suprématie du camp occidental au Moyen‑Orient.
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