Donnez, donnez, Hachem vous le rendra…

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Autour de la table de Chabbath n° 553 Ki-Tétsé

Donnez, donnez, Hachem vous le rendra…

Cette semaine notre paracha est remplie de nombreux commandements parmi lesquels les lois liées à la Tsedaka/générosité. Par exemple lorsqu’un homme prête à son ami (de la communauté) une somme d’argent (sans intérêt, pour sûr), il accomplit en cela une Mitsva de la Tora. Cependant dans le cas où la dette arrive à échéance et notre emprunteur n’a pas encore honoré sa dette, il existe des lois concernant la prise (par le créancier) d’un gage. Le verset (ch. 24,12) nous apprend qu’on n’a pas le droit de pénétrer dans la maison de l’emprunteur pour prendre ce gage, il faut attendre à l’extérieur (de la maison). De plus, il s’agit d’un délégué du Beth Din qui peut exiger le gage (et non le préteur). Dans le cas où l’emprunteur remet, par exemple, un vêtement de nuit (et qu’il n’en n’a pas d’autres) alors le préteur aura la Mitsva de remettre chaque jour (à la tombée de la nuit) le pyjama et en cela la Tora lui comptera son geste comme une Tsedaka (le fait d’avoir remis le gage dans les mains de l’emprunteur et le lendemain à nouveau le débiteur devra remettre son gage au préteur).

Dans cette même lignée, la paracha précédente dit (Réé 15,8) : « Ouvre ta main (à l’indigent) et comble son manque ». De ce passage la Guemara (Ketouvoth 67) enseigne que la Mitsva de secourir son prochain n’est pas uniquement de lui tendre la pièce mais de combler ses insuffisances. La chose va loin puisque la Guemara donne l’exemple d’un ancien riche qui avait l’habitude de se déplacer à cheval avec un serviteur. La Mitsva de Tsedaka devrait s’accomplir au point de lui procurer un cheval et un esclave… (ndlr, la Chita Mekoubetset émet une restriction : il s’agit du cas où la situation financière de notre homme (anciennement riche) n’est pas connu du reste de ses amis. A ce moment les caisses de solidarité devront faire en sorte de lui procurer un cheval et tout le reste. Mais dans le cas où la communauté est déjà au courant de ses déboires, il n’y a pas de Mitsva de lui procurer ce superflu).

C’est à dire que lorsque la caisse d’entraide est suffisamment riche (et qu’il n’y ait pas d’autres cas sociaux plus coriaces à traiter) alors elle doit ouvrir plus largement son portefeuille afin de satisfaire cette ancien homme riche (car la pauvreté est encore plus difficilement vécu pour un tel homme).

Le Talmud (sur place) rapporte le cas édifiant de Hillel (Hazaken), un éminent Sage du Call Israël, qui a procuré de ses deniers un cheval et un esclave à un ancien riche. La Guemara rajoute qu’une fois Hillel n’a pas trouvé de serviteur et c’est lui-même (Hillel) qui a couru devant l’ancien riche sur une distance de plusieurs kilomètres !

Les commentateurs (rapporté dans le Kovets Chiourim Ketouvot 67) demandent comment Hillel a pu faire une chose pareille. Or il existe une Hala’ha qu’un Talmid ‘Hakham n’a pas le droit de faire des choses qui dénigre son niveau spirituel. C’est-à-dire que d’une manière générale le commun des mortels doivent des marques d’honneurs aux érudits comme par exemple se lever devant eux ou les aider dans leurs affaires.

D’autre part, il existe une Halakha que l’érudit peut « pardonner » à son entourage le manque de Kavod (c’est dans ses prérogatives de ne pas exiger tant d’honneurs). Cependant même si le Talmid ‘Hakham pardonne à son entourage, il reste que lorsqu’il s’agit d’une vexation, l’érudit ne peut pas accepter la chose (ce même phénomène existe vis à vis des parents. Ils peuvent pardonner à leurs enfants le fait qu’ils ne se lèvent pas devant eux ou ne les servent pas etc. Mais en aucun cas, même si au préalable ils pardonnent volontiers à leur progéniture une certaine laxité, cela ne leur donnera pas le droit à tout dénigrement. Il existe donc le manque d’honneurs, sur lequel les érudits/parents peuvent pardonner, mais pas les dénigrements /zilzoul). Donc puisque Hillel était le grand de la génération, comment a-t-il put faire un acte de grande dépréciation (zilzoul) et courir devant cet ancien riche comme un esclave peut le faire ?

Le rav El’hanan Wasserman, Hachem yikom damo et zekhouto yaguen ‘alénou, répond que certainement Hillel l’a fait dans un endroit où il n’était pas connu. Personne n’était censé savoir qu’il s’agissait d’Hillel qui courait devant cet ancien riche. Il n’y avait pas de dégradation de la Tora donc pas d’interdit.

Le feuillet du Chabbat a pensé à une autre réponse à partir d’un fait biblique connu (Samuel 2 ch 6, 20). Lorsque l’Armoire sainte (Aron Hakodech) a été récupérée des Philistins, qui l’avaient volée, et est arrivée en Terre sainte, le roi David a dansé de toutes ses forces devant le Aron Hakodech qui revenait en notre possession. Sa femme (Mikhal) l’admonesta en lui disant qu’il ne sied pas au roi de faire des pitreries au même niveau que les gens frustes. Le roi lui répondit que devant la grandeur de Hachem et de Sa Tora, la royauté n’a pas de valeur. Sur ce, la Guemara conclue que Mikhal sera punie d’avoir parlé ainsi et n’aura pas d’enfant jusqu’au jour de sa mort. De ce passage nous voyons que lorsqu’il s’agit des honneurs de la Tora il n’existe pas de restriction dû au rang élevé de la personne (en l’occurrence le roi) puisque le roi David a dansé de toutes ses forces. Pareillement pour Hillel c’est juste que c’est une sommité de la Tora, cependant il a voulu accomplir de la meilleure des manières la Mitsva de Tsedaka, cela ne faisait pas partie de l’interdit.

Cependant le Kovets Chiourim rapporte le Ramban qui enseigne que même dans le domaine de la Mitsva un érudit ne peut pas accomplir la Mitsva s’il se dégage une certaine dérision de la personne (zaken velo lefi kvodo) …

La chose mérite approfondissement mais cette semaine nous avons appris plusieurs choses. En particulier que le Clall Israël véhicule des valeurs qui ne sont pas basées sur l’argent ni le pouvoir. C’est bon à cogiter dans nos sociétés ouvertes où les démocrates et les épris du libéralisme à toutes les sauces veulent nous faire avaler cette autre grosse couleuvre : nous sommes tous égaux et tous les points de vues les plus saugrenus doivent être pris en compte dans la nouvelle société plurielle qui émerge… Notre Tora qui est plusieurs fois millénaire (je vous le rappelle, elle n’a pas commencé à éclairer le monde depuis 1789 ni même depuis 1948) enseigne le contraire. Dans le Clall Israël il a toujours été promulgué la centralité de l’étude de la Tora et la grandeur des Talmidé ‘Hakhamim. Ces derniers sont le gage que le monde perdure et que les valeurs de moralité et de justice règlent les relations entre les hommes. Soutenir ce mode de vie est l’assurance que le monde perdura.

Le Sippour

Comment monter dans la calèche du roi ?

Nous inaugurons le mois d’Elloul et Roch Hachana n’est qu’à quelques encablures. Le ‘Hafets ‘Haïm dans le Michna Beroura enseigne que le mois d’Elloul est un moment propice à faire Techouva. Une allusion à cela c’est l’acronyme du mot «E.L.OU.L» qui veut dire « Ani lédodi ve Dodi li» c’est-à-dire «Je suis pour mon bien-aimé comme il est pour moi !». Mais qui est l’aimé ? C’est Hachem le Créateur des cieux et de la terre ! Le Michna Beroura explique que tout le temps du mois d’Elloul, après la faute du veau d’or Moché rabénou est monté au ciel pour implorer le pardon. Et c’est durant 40 jours entre Elloul et Yom Kippour que Moché priera pour le Clall Israël. Depuis lors, notre Techouva est acceptée dans les Cieux plus encore qu’à aucun autre moment du calendrier. Le Av Beth Din (Badats Ha’éda), le rav Touvia Weiss zatsal, rapporte sa propre histoire pour illustrer ce phénomène. Le rav Touvia est né en Hongrie avant-guerre dans une petite bourgade proche de Presbourg. Les nazis de mémoire maudite ont envahi la Hongrie en 1944 avec l’intention d’appliquer la solution finale à quelques 800.000 Juifs du pays du sud de l’Europe Centrale. A l’époque, le manque de communication et l’état de guerre généralisé sur le sol européen entraina que la communauté hongroise n’était pas au courant du sort des Juifs des autres différents pays. Les responsables juifs de la petite ville où résidait le jeune Touvia lui demandèrent de se rendre dans la grande ville limitrophe (à 4 km) pour savoir ce qui se passait. Touvia accepta la mission et rejoignit ses frères à Presbourg. Là-bas il rencontra les dirigeants communautaires pour connaitre l’état général. Les responsables diront que la situation est catastrophique et qu’il fallait au plus vite fuir l’arrivée des nazis. Seulement le président de la communauté dit au jeune Touvia : « La communauté de Presbourg a reçu 1000 laissez passer pour des enfants juifs de la part du roi d’Angleterre. Un train a été affrété par le roi pour faire partir dans un lieu sûr les enfants juifs. Je ne sais pas bien comment dispatcher ces tickets, mais je vois que tu es un bon garçon, prends en un ».

Le jeune Touvia prit le précieux billet et repartit dans sa ville natale. Là-bas il dévoila aux dirigeants communautaires la gravité de la situation à Presbourg et ajouta qu’il avait reçu un laissez passé pour prendre le train, destination Angleterre. Le jour du départ arriva et c’est avec beaucoup de pleurs et de tristesse que le jeune Touvia se sépara de toute sa famille sans savoir qu’il n’allait jamais les revoir. Au moment du départ, sa mère lui dit : « Touvia, là où tu vas, saches que tu dois rester un juif malgré tout !». Sur ce, notre jeune prendra le train affrété par sa majesté le roi d’Angleterre avec 1000 autres enfants (une preuve, parmi tant d’autres que les grands de ce monde s’ils l’avaient voulu, auraient pu sauver une bonne partie des 6 millions de morts juifs…). Finalement au bout de quelques semaines, les jeunes rescapés se retrouvèrent à Londres à l’abri. Quelques temps plus tard sa Majesté demanda de rencontrer les jeunes enfants. Les anglais placèrent les 1000 enfants sur deux rangées, la calèche royale devant passer entre les deux lignes. Le spectacle était saisissant. Tous les enfants étaient impeccablement au garde à vous lorsque la calèche étincelante passa d’un pas solennel devant le regard émerveillé des petits rescapés. C’est alors qu’un des enfants qui avait beaucoup d’audace bondit dans la calèche. La garde prétorienne voulut s’emparer du garnement et le jeter dehors. Cependant, le roi dit : « Laissez-le, il veut me parler !» Le petit dira au roi ces quelques mots : « Combien votre majesté a fait un acte de grande bravoure et de générosité pour nous sauver des griffes des nazis. Cependant, cette bonté ne saurait être entière que si je retrouve mes parents à mes côtés. Voilà des semaines que je suis ici avec mes autres amis et je ne trouve pas de repos tant j’ai peur pour leur sort et le reste de ma famille restés en Hongrie. Si sa Majesté peut faire quelque chose ?» Le roi demanda à l’enfant le nom de sa famille et son adresse et finalement l’enfant sortit de la calèche royale. Deux semaines plus tard (!!) la famille du garçon se retrouva réunie à Londres ! Fin de l’anecdote véridique.

Le jeune Touvia Weiss qui est devenu le Av Beth Din à Jérusalem, avait l’habitude de dire que si le roi d’Angleterre n’était pas sorti de son palais, en aucune façon notre jeune émérite aurait pu franchir le seuil de la maison royale. Tous les gardes et les secrétaires l’auraient empêché de le rencontrer. C’est seulement après que le roi décida de rencontrer les enfants que notre jeune héros a eu l’audace de sauter dans la voiture royale et d’épancher son cœur au roi. Le mois d’Elloul ressemble à cet évènement. En effet, à Elloul le Roi des rois se trouve auprès de nous, comme nos livres saints le disent : « Le Roi se trouve dans les champs ». C’est-à-dire qu’Il est sorti de son palais et se tient à côté de la ville. Il suffit pour les habitants de Le rejoindre (par la Trchouva) et de lui soumettre nos demandes: Il nous écoutera !

Chabbath Chalom à la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold

Tél : 00972 55 677 24 63

Email:dbgo36@gmail.com

Et toujours une magnifique villa vous est proposée vers les alentours de Tibériade 0527672463

Une Berakha à Israël Gold et à son épouse (Bet Chemech/Zéharia) dans l’éducation des enfants et dans la Parnassa.

Une Berakha de longue vie à Henri Schiller dans la Tora et les Mitsvoth ainsi que du Na’hat de Kedoucha (de la sainteté) de sa descendance.

Et toujours une Berakha de bonne santé et de réussite à notre fidèle lecteur depuis toujours Gérard Cohen et son épouse ainsi qu’aux enfants.

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