En Israël, on estime qu’« il existe une chance réelle de faire tomber le régime »

0
151

En Israël, on suit avec une très grande attention la vague de manifestations qui se propage en Iran, et l’on estime que leur ampleur et la manière dont elles évoluent constituent une menace tangible pour la stabilité du régime des ayatollahs. Parallèlement à ces évaluations, à Jérusalem on veille à la prudence dans les messages publics, par crainte d’une « mauvaise appréciation » qui conduirait à une escalade incontrôlable sur la scène régionale.

JDN

Malgré une quasi-coupure totale d’Internet dans tout l’Iran, des témoignages difficiles continuent d’affluer sur l’ampleur des protestations et sur la répression violente exercée par les forces de sécurité. Des experts des affaires iraniennes, en Israël comme ailleurs dans le monde, expriment un optimisme prudent et affirment qu’il s’agit d’une vague de contestation exceptionnelle par son intensité par rapport à toutes les précédentes.

Une source israélienne bien informée de ce qui se passe en Iran déclare : « S’il y a jamais eu une occasion concrète pour le peuple iranien de défier réellement le régime, c’est maintenant. » Selon elle, il s’agit de manifestations hors normes par le nombre de participants, par leur large diffusion géographique, et surtout par la rupture de la barrière de la peur chez de nombreux citoyens.

Contrairement aux vagues de protestation antérieures, les manifestants disposent cette fois d’une figure dirigeante claire : le prince héritier en exil, Reza Pahlavi, qui adresse quotidiennement des messages à ses partisans depuis l’étranger. Les revendications ne se limitent plus à des slogans généraux sur la liberté ou les droits des femmes, comme lors du mouvement contre le hijab en 2022, mais prennent la forme d’un appel explicite au renversement du régime et au rétablissement de la monarchie.

Les estimations font état de plus d’un million de manifestants, avec un niveau d’organisation et de coordination perceptible entre les différents foyers de protestation. Un haut responsable israélien au fait des développements a souligné que, pour la première fois, des appels massifs au retour de la monarchie se font entendre aussi dans des villes religieuses majeures comme Mashhad et Qom, et pas seulement dans des bastions laïcs évidents.

Les manifestants bénéficient également d’un encouragement public de la part de personnalités marquantes en Occident. Le président américain Donald Trump a exprimé son soutien à leur lutte, de même que des hommes d’affaires et des figures influentes, parmi lesquelles Elon Musk, qui a remplacé sur le réseau X le symbole du drapeau iranien par celui du drapeau monarchique d’avant la révolution de 1979.

L’un des signes clairs de l’escalade, selon les services d’évaluation, est la coupure totale d’Internet dans tout le pays depuis jeudi soir, ainsi que des informations faisant état de la mise hors service de lignes téléphoniques. Il s’agit d’une méthode bien connue du régime, destinée à permettre une répression violente loin des regards du monde. Malgré cela, des vidéos publiées en Occident montrent des manifestants incendiant des symboles du pouvoir, notamment des bâtiments associés à l’autorité de radiodiffusion iranienne à Ispahan.

Les experts soulignent que, comme lors des protestations passées, l’ampleur des morts et des destructions ne sera connue qu’après le rétablissement de l’accès au réseau, lorsque d’autres témoignages de terrain seront révélés.

Le Dr Raz Zimmt, chercheur senior spécialiste de l’Iran, estime qu’il s’agit d’un point de rupture sans précédent. Selon lui, « c’est la menace la plus sérieuse pour la stabilité du régime depuis la révolution de 1979 ». Il précise toutefois qu’il est encore trop tôt pour déterminer l’issue des événements, notamment au vu de la disposition du régime à recourir à une violence extrême contre ses propres citoyens.

En Israël, on conclut avec prudence qu’il pourrait s’agir d’un moment décisif pour le peuple iranien, tout en rappelant que le régime des ayatollahs a déjà démontré par le passé une grande capacité de survie, même face à des mouvements de protestation de grande ampleur.

Aucun commentaire

Laisser un commentaire