Israël n’a plus le choix : se défendre, c’est attaquer

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Par le Professeur Michael Ayache

Le prix de l’illusion

Depuis des décennies, Israël a vécu sous l’empire d’une doctrine devenue mortelle : la retenue. Frapper juste assez pour « rétablir le calme ». Tolérer l’ennemi tant qu’il ne franchit pas la ligne. Compter les roquettes plutôt que les intentions. Cette conception, née d’un désir légitime de vivre normalement, a produit l’inverse de ce qu’elle promettait : elle a permis à nos ennemis de se réarmer, de se professionnaliser, de creuser sous nos pieds et d’attendre leur heure.

Le 7 octobre 2023 a été le verdict de cette doctrine. Non pas un échec du renseignement seulement, mais l’échec d’une conception : celle qui croyait que la dissuasion pouvait remplacer la victoire.

Ce que la Tora nous enseigne sur l’ennemi

Le judaïsme n’est pas une religion de naïveté. Nos Sages ont formulé une règle d’une clarté absolue : « Celui qui vient te tuer, devance-le et tue-le » (Sanhédrin 72a). Ce n’est pas de la brutalité, c’est de la lucidité. Attendre le coup pour y répondre, quand on connaît l’intention meurtrière, n’est pas de la vertu : c’est une faute envers ceux dont on a la charge.

Le Rambam, dans les Hilkhot Melakhim, distingue la guerre facultative de la milhemet mitzva — la guerre obligatoire, celle qui consiste à « sauver Israël de la main d’un oppresseur ». Il ne s’agit pas d’un droit. Il s’agit d’un devoir. Et un devoir dont on ne peut se dispenser au nom du confort diplomatique.

À cela s’ajoute un commandement que trop de dirigeants occidentaux ignorent : « tu ne pourras pas te dérober ». On n’a pas le droit de détourner le regard quand le sang de son peuple est menacé.

Le Hamas : désarmement ou illusion ?

Fin juillet 2026, le Hamas a annoncé son accord sur un plan de désarmement dans le cadre de la deuxième phase du cessez-le-feu, accord salué par Washington comme « historique ». Mais lisons le texte : les armes ne seront remises ni à Israël ni à une force israélienne, mais à un « Comité national » palestinien, et le processus de démilitarisation pourrait s’étaler sur deux à trois cents jours.

Autrement dit : les armes changent de main sans changer de camp. Le Hamas lui-même conditionne chaque étape au retrait israélien préalable. C’est le vieux marché : Israël cède du terrain réel contre des promesses de papier.

Un mouvement qui a érigé l’assassinat de Juifs en programme théologique ne se « désarme » pas par contrat. Il se démantèle. Sa structure militaire, son réseau de tunnels, son appareil financier, son système éducatif de haine : tout doit être détruit, vérifié, et le rester. Israël a eu raison de poser une condition non négociable : aucun retrait tant que la démilitarisation n’est pas complète et vérifiée.

L’Autorité palestinienne : la fiction du partenaire modéré

On nous répète qu’il existe une alternative « modérée » à Gaza. Mais l’Autorité palestinienne verse depuis des années des pensions aux terroristes emprisonnés et aux familles de ceux qui ont assassiné des Juifs. Elle glorifie dans ses manuels scolaires ceux qui poignardent des civils. Elle poursuit Israël devant toutes les instances internationales tout en réclamant son argent.

Une administration qui rémunère le meurtre n’est pas un partenaire de paix : c’est un employeur du terrorisme. Israël doit exiger la fin totale de ce système, poursuivre sans relâche les réseaux armés en Judée-Samarie, et cesser de financer, par ses propres transferts fiscaux, ceux qui arment ses assassins.

Le Hezbollah : le mensonge du désarmement progressif

Au Liban, l’armée a proclamé en janvier 2026 avoir achevé la « première phase » du désarmement au sud du Litani. Le bureau du Premier ministre israélien a répondu avec justesse : un « début prometteur », mais « très insuffisant », le Hezbollah continuant de se réarmer avec l’aide iranienne.

Un mois plus tard, le Hezbollah rejetait purement et simplement le calendrier du gouvernement libanais, dénonçant le désarmement comme « une erreur majeure servant l’agression israélienne ». Voilà la vérité nue : le Hezbollah ne rendra jamais volontairement ce qui constitue sa raison d’être. Chaque mois de « processus » est un mois de reconstitution.

Israël ne peut pas sous-traiter sa sécurité à un État libanais otage de la milice qu’il est censé désarmer. La règle doit être simple et publiquement assumée : toute tentative de réarmement est frappée immédiatement, sans attendre l’autorisation de qui que ce soit.

L’Iran : la tête du serpent

Tout mène à Téhéran. Le Hamas, le Hezbollah, les Houthis, les milices irakiennes : ce ne sont pas des acteurs indépendants, ce sont les prolongements d’un régime qui a fait de la destruction d’Israël un article de foi.

Depuis le 28 février 2026, Israël et les États-Unis mènent une campagne dont l’objectif déclaré inclut l’élimination du programme nucléaire, la destruction du programme balistique et la neutralisation de l’« axe de la résistance ». Le régime a été décapité à son sommet. Mais l’analyse froide s’impose : les appareils de répression ont tenu, la machine à mater fonctionne encore.

Et ce même régime, souvenons-nous, a massacré son propre peuple. Entre décembre 2025 et janvier 2026, les estimations font état de milliers, peut-être de dizaines de milliers de morts lors de la répression du plus grand soulèvement depuis 1979.

Un pouvoir capable de cela envers ses propres citoyens ne sera jamais dissuadé par des sanctions ou des résolutions. La seule issue durable n’est pas un accord avec ce régime : c’est sa disparition, et la libération du peuple iranien, qui est bien plus notre allié naturel que notre ennemi.

L’aveuglement occidental

L’Europe ne comprend pas — ou refuse de comprendre. Elle raisonne en termes de « cycle de violence », de « proportionnalité », de « deux camps à égalité ». Elle applique à une guerre existentielle la grammaire des conflits de voisinage.

Cet aveuglement a une racine : un individualisme qui a désappris le sens du collectif, de la transmission, du sacrifice. Des sociétés qui ne croient plus à rien ne peuvent pas comprendre des ennemis qui croient à tout — y compris à la mort. Elles prennent le fanatisme pour une revendication sociale et la conquête pour une frustration économique.

Israël ne doit donc plus quémander une compréhension qui ne viendra pas. Nous expliquerons, nous plaiderons, nous documenterons — mais nous n’attendrons pas la permission.

Le changement de conception

Ce qu’il faut, c’est une doctrine nouvelle, et elle tient en quelques principes :

Premièrement, l’initiative plutôt que la réaction. On ne laisse pas une menace mûrir jusqu’à maturité.

Deuxièmement, la victoire plutôt que la gestion. Un ennemi n’est pas « contenu », il est vaincu — militairement, idéologiquement, politiquement.

Troisièmement, la liberté d’action absolue. Aucun accord ne peut interdire à Israël de frapper une menace en formation.

Quatrièmement, la souveraineté avant l’approbation. Un État qui subordonne sa survie au consensus international a déjà abdiqué.

Cinquièmement, la clarté morale. Nous ne combattons pas des peuples, nous combattons des organisations terroristes et un régime tyrannique. Cette distinction est notre force, pas notre faiblesse — et elle nous oblige à la maintenir dans nos actes.

Netza’h Israël lo yechaker

Le prophète Samuel l’a dit : « L’Éternité d’Israël ne ment pas » (I Samuel 15:29). Notre survie n’est pas un accident de l’histoire, c’est une promesse. Mais une promesse n’exempte de rien : le Ciel agit à travers ceux qui agissent.

Nos ancêtres ont prié. Ils ont aussi, quand il l’a fallu, pris les armes — de Yehoshua aux Maccabées, de Bar Kokhba aux fondateurs de Tsahal. Le sionisme religieux n’a jamais opposé la foi au courage : il les a mariés. Hishtadlout et bita’hon, l’effort et la confiance, marchent ensemble.

Israël n’a pas le choix. Non par goût de la guerre — aucun peuple n’a payé plus cher pour savoir ce qu’elle coûte — mais parce que l’alternative n’est pas la paix. L’alternative, c’est le prochain 7 octobre.

Nous choisissons la vie — Ouba’harta ba’hayim. Et choisir la vie, aujourd’hui, cela veut dire vaincre.

Professeur Michael Ayache

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