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JD Vance a tort : Israël n’est pas un allié comme les autres

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Le vice-président américain J.D. Vance a tort de considérer les craintes du partenaire le plus fiable des États-Unis au Moyen-Orient comme un simple inconvénient politique. Il a également tort de croire que la politique « L’Amérique d’abord » exige une impatience publique à l’égard d’Israël et des pays du Golfe, tout en faisant preuve de patience diplomatique envers l’Iran.

Ce n’est pas ainsi qu’une grande puissance rassure ses alliés. Ce n’est pas ainsi que l’Amérique préserve sa dissuasion. Et ce n’est pas ainsi que le vice-président des États-Unis devrait s’exprimer lorsque la sécurité d’Israël, des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Koweït est en jeu.

L’Amérique d’abord ne peut pas signifier que les alliés sont les derniers.

L’Amérique doit prendre la tête sans perdre la confiance de ses alliés.

Depuis des générations, Israël est un allié démocratique dans une région où la démocratie est rare, le danger permanent et les conséquences existentielles d’une erreur d’appréciation. Qualifier Israël de simple « allié parmi d’autres » peut satisfaire certains milieux politiques, mais cela ne rend pas compte de la profondeur de l’histoire, des sacrifices, de la coopération en matière de renseignement, des valeurs partagées et de l’interdépendance stratégique qui caractérisent cette relation.

Israël n’est pas le seul à subir les conséquences de la puissance iranienne… Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït ne perçoivent pas l’Iran comme une entité abstraite. Ils le subissent à travers les missiles, les drones, les réseaux d’intermédiaires, les alertes de défense aérienne, les menaces pesant sur les voies maritimes et la pression constante d’un régime qui a fait de la déstabilisation une méthode de politique étrangère.

Ces pays ont le droit d’être entendus. Ils ont le droit de poser des questions. Ils ont le droit d’exiger des éclaircissements avant d’être contraints de subir les conséquences d’un accord négocié sans les consulter.

Les accords d’Abraham furent un acte de courage stratégique. Les pays ont choisi la paix, la modernisation, la coexistence et l’ouverture car ils croyaient que le leadership américain pouvait contribuer à l’instauration d’un nouvel ordre régional. Ils avaient confiance en la vision du président Trump et en la promesse que la paix apporterait sécurité et prospérité, et non incertitude et abandon.

Si les États-Unis souhaitent que leurs partenaires régionaux privilégient la modération à l’extrémisme, la normalisation au rejet et la modernisation à l’obscurantisme idéologique, Washington doit démontrer que de tels choix sont récompensés par le respect, la concertation et la protection. Aucun pays ne prendra de risques pour la paix s’il craint qu’en cas de danger, l’Amérique se montre plus dure envers ses alliés qu’envers ses ennemis.

Monsieur le Vice-Président : méfiez-vous de l’Iran, pas d’Israël.

Pourquoi un allié démocratique qui a combattu aux côtés des intérêts américains devrait-il être traité avec suspicion publique, tandis qu’une autocratie qui arme des groupes interposés, exporte des missiles, menace la sécurité du Golfe et appelle à la destruction d’Israël bénéficie de temps, de procédures, d’ambiguïté et de patience diplomatique ?

On ne peut pas demander à Israël de se calmer alors qu’il vit sous la menace existentielle. On ne peut pas demander aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït de garder le silence alors qu’ils savent que la puissance iranienne ne se négocie pas seulement dans les cercles diplomatiques, mais se manifeste aussi par des drones, des milices, des missiles, des actes de sabotage et des intimidations. Et l’on ne peut pas réduire la sécurité des peuples alliés à la gestion émotionnelle d’une minorité électorale aux États-Unis.

La sécurité d’Israël renforce la dissuasion américaine. La stabilité du Golfe protège les marchés mondiaux de l’énergie et la portée stratégique américaine.

L’affaiblissement de la confiance dans cette voie ne renforce pas l’Amérique. Il rend l’Iran plus audacieux, les alliés plus anxieux et la région plus dangereuse.

N’humiliez pas publiquement vos alliés. Ne considérez pas les craintes d’Israël comme un simple inconvénient politique. Ne réduisez pas les accords d’Abraham à un acquis d’hier. Ne vous adressez pas aux pays en première ligne comme s’ils étaient de simples spectateurs.

Ahmed Charai est l’éditeur du Jerusalem Strategic Tribune et siège aux conseils d’administration de l’Atlantic Council, de l’International Crisis Group, du Center for Strategic and International Studies, du Foreign Policy Research Institute et du Center for the National Interest.

JForum.fr avec gatestoneinstitute.org

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